‹ Krupp et De BangeChapitre 37 sur 92 · IV. — Le mécanisme de Reffye-de Bange pour canons · texte numérisé non relu

IV. — Le mécanisme de Reffye-de Bange pour canons

DE GROS CALIBRE. (Plauche lY.)

Nous ne pouvons mieux faire connaître le système auquel s'est arrêté le colonel de Bange pour son artillerie de gros calibre-qu'en décrivant les organes essentiels de son canon de 34 centimètres, exposé l'an dernier à Anvers.

A. — Le frettage dit biconique. (Figure 3.)

Le canon de 34 centimètres, formé d'un tube en acier forgé, est recouvert par' 74 frettes également en acier.

Le premier rang de frettes s'étend sur toute la longueur du canon ; le deuxième, depuis la culasse jusqu'au milieu de la volée; le troisième, depuis l'arrière de la bouche à feu jusqu'en avant des tourillons. Le

quatrième rang se compose de trois frettes de culasse et de la frette- tourillons.

Le système de frettage biconique, adopté pour cette bouche à feu, a pour but de faire, concourir toutes les frettes à la résistance longitudinale du canon. Dans les systèmes ordinairement employés, les frettes ne travaillent, pour ainsi dire, qu'à la résistance transversale, car le tube et -les divers rangs des frettes ne sont liés entre eux que par le frottement dû au serrage ^ or, ce serrage peut, en certains points, être diminué ou supprimé par suite d'erreurs de construction; et, fût-il même en tous les points aussi grand que Ton a cherché à l'obtenir, le frottement produit ne peut pas suffire à empêcher le déculassement. Bien entendu, nous exposons les théories de l'inventeur sans les disculer, ce que nous aurons d'ailleurs l'occasion de faire plus loin.

D'après le colonel de Bange, le frettage biconique éviterait cet inconvénient et remplacerait avantageusement les modes compliqués d'agrafage que l'on s'est efforcé de réaliser ailleurs. Il consiste à donner à la surface extérieure du tube et aux frettes une succession de formes légèrement tronconiques, telles que toutes les pièces qui composent la bouche à feu s'emboîtent l'une dans l'autre, et constituent un tout dont les différentes parties sont solidaires. La conicité de chaque pièce est assez faible pour qu'on puisse poser les frettes sur le tube, ou les unes sur les autres, en les portant à une température peu élevée ; elle es^t assez considérable pour qu'après le refroidissement, le tube et les frettes soient invariablement reliés entre eux.

Toutes les frettes sont composées de barres d'acier . enroujées et soudées.

c< Il en résulte, dit le capitaine À. Mariotti dans sa <c brochure : Canons français et canons allemands, que a si une fissure existait ^en un point de la bande « d'acier, en adniettant même, ce qui est bien diffi- « cile, qu'elle puisse passer inaperçue avant l'enrou- « Jement, elle ne saurait s'étendre tout au plus que « sur la largeur de la spire atteinte et nullement atta- « quer les autres spires formant l'ensemble de la « frette. »

De plus, aflSrme le même auteur, le colonel de Bange espère, grâce à ce système, pouvoir réduire le poids des canons de gros calibre, tout en leur assurant une résistance supérieure à celle des bouches à feu des constructeurs rivaux.

Nous examinerons la valeur de ce système dans un prochain chapitre.

B. — Le mécanisme de fermeture et d'obturation»

(Figures 1 et 2.)

La vis du mécanisme de fermeture est la vis à filets interrompus, portée par un volet, du canon de campagne, reproduite sur une plus grande échelle avec quelques modifications dans la construction, mais qui en laissent intactes les lignes essentielles.

L'appareil obturateur est double. Il est constitué comme suit :

La vis de culasse A est percée, dans toute sa longueur, d'un orifice central dans lequel est vissé le

— eo —

grain de lumière B. Cette tige s'appuie, par son bourrelet P, sur le fond d'un godet creusé dans la vis pour recevoir le bloc €• Le bloc C est relié, par les deux ergots S, au bourrelet P qu'ils traversent dans les encoches R, et au fondjdu godet où ils s'engagent dans les mortaises T. Entre le bloc G et le godet, il y a un certain vide où vient s'engager la] partie annulaire de la tète mobile E. L'obturateur double D est placé entre le bloc G et la tète mobile E. Une clavette F avec sa goupille G sert à fixer le mécanisme quand il est monté et, dans ce cas, la vis A, le grain de lumière B et le bloc G sont invariablement reliés entre eux. La tête mobile et l'obturateur peuvent tourner librement autour du grain de lumière; ils peuvent encore prendre un léger mouvement parallèle à l'axe de la culasse, grâce au vide ménagé entre le^bloc et son godet. Ge mouvement se produit vers l'arrière •au moment du départ du coup, sous l'action des gaz de la poudre.

L'obturateur est séparé en deux parties par la tige annulaire L. Ghacune de ces parties se compose des mêmes éléments que l'obturateur plastique ordinaire : galette en amiante suiffée entourée de toile, maintenue par des coupelles en étain dont les arêtes sont protégées par des bagues fendues en laiton. La tige L est percée d'un certain nombre de trous M remplis de matière plastique, de manière à permettre aux pressions de s'équilibrer dans les deux parties de l'obturateur.

Dans le tir, l'anneau obturateur extérieur presse contre les parois de la chambre, l'anneau intérieur

contre le grain de lumière; toute fuite de gaz à Tarrière est rendue impossible, — du moins l'inventeur Tespère, — car la pression des obturateurs est supérieure à celle des gaz, puisque leur surface est plus petite que celle de la tête mobile.

La cavité N est destinée à recevoir les gaz qui pénètrent entre la tête mobile et le grain de lumière ; ils y subissent une détente qui les rend moins dangereux pour l'obturateur.

Page 1