C. — Instructions pour remédier aux incidents du tir
V Lorsque le premier servant de gauche éprouve trop de difficulté à ouvrir la culasse à la main, après s'être assuré tout d'abord que le levier-poignée est bien entièrement levé, il se fait aider par le premier servant de droite, qui chasse le levier-poignée avec le levier de pointage, en frappant sur le boulon du levier-poignée. A cet eflTet. le second servant de droite lui passe rapidement son levier de pointage.
La culasse ouverte, le premier servant de gauche enlève, avec le couteau et une éponge mouillée, les crasses qui recouvrent le champignon de la tête mobile, essuie sorgneusement les filets de la vis et de récrou, s'assure que la tête mobile tourne librement et essaye de refermer la culasse. Si la fermeture présente quelque difficulté, il prévient le chef de pièce j
2^ Si le ressort du loquet vient à se casser, la culasse étant fermée, le premier servant de gauche
tire la vis-culasse en arrière et pèse sur le loquet, en appuyant le premier doigt de la main droite sur le bec supérieur du loquet.
Il débarrasse ensuite le logement du loquet des débris du ressort cassé et met en place un autre ressort.
On peut aussi continuer à manœuvrer sans ressort en prenant, chaque fois qu'il faut ouvrir la culasse, la précaution de peser sur le loquet avec le doigt;
3"* Si une étoupille se fend et reste adhérente à la lumière, le premier servant de gauche la retire au moyen du dégorgeoir à vrille ;
hi" Pour tout autre accident qui pourrait survenir soit à la culasse, soit à la tète mobile, soit à l'obturateur, le premier servant de gauche doit tout d'abord s'adresser à son chef de pièce, qui prescrit immédiatement ce qu'il faut faire, conformément aux indications contenues dans la deuxième partie, ou demande des ordres au chef de section.
Pendant le tir, il peut se produire quelques incidents capables d'entraver momentanément l'exécution de la charge ; on a indiqué dans la première partie les difficultés auxquelles ils donnent lieu et ce qu'ont à faire les canonniers dans les différents cas qui se présentent. Mais il importe d'être prévenu, en outre, de certaines dégradations qui pourraient se produire et des précautions qu'il y a lieu de prendre pour y porter remède et en éviter le retour.
Les réparations qu'il pourra être nécessaire de faire dans l'intérieur des batteries ne devront être exécutées
qu'avec la plus grande précaution et sous la surveillance immédiate d'un oflScier.
Mécanisme d'obturation. — Pour que le fonctionnement du mécanisme d'obturation soit complètement assuré, il faut que la tige de la tête mobile puisse, lorsque l'obturateur est enlevé, pénétrer facilement dans le trou central de la vis jusqu'à la naissance du congé qui la raccorde avec le champignon et y tourner librement. Toutes les fois qu'on met en place une tête mobile, il faut s'assurer que cette condition est satisfaite.
Lorsqu'on éprouve quelque diflSculté, il faut chercher si elle résulte de la présence de bavures à l'entrée du trou central ou d'un refoulement du métal de la vis vers l'intérieur de ce trou, produit, pendant le tir, par la pression de l'obturateur. Dans le premier cas, on peut enlever les bavures à l'aide de la lime; dans le second cas, on doit remplacer la vis; on ne peut la remettre en état de servir qu'en agrandissant l'entrée du trou central. •
Après avoir mis un obturateur neuf en place, il faut, pour éviter que la coupelle antérieure ne soit dégradée par le premier coup, la mouler dans son logement en appliquant par la bouche du canon sur le champignon de la tête mobile quelques coups de refouloir.
Pendant le tir, il peut arriver que l'enveloppe en toile se déchire et que la matière plastique §oit mise à nu. Cette dégradation n'a pas grande importance. Il n'y a pas à s'en préoccuper.
Lorsque, pendant le tir, la coupelle antérieure de
l'obturateur présente des traces de fusion, ce qui est un indice d'obturation incomplète, on peut être certain que la tête mobile n'a pas, dans le trou central de la vis, le jeu nécessaire. On remédie à cet inconvénient, suivant le cas, comme il est indiqué ci-dessus.
Les anneaux en cuivre peuvent s'ouvrir, déborder la surface de la tète mobile et de l'obturateur, et par suite entraver le fonctionnement de lavis de la culasse. On fait disparaître cette difficulté de manœuvre en resserrant les anneaux à la main, de manière à leur rendre leur forme primitive.
Lorsque, la culasse étant ouverte, le champignon de la tête mobile reçoit un choc, l'obturateur, surtout s'il est échauffé et ramolli par le tir, peut s'écraser et se gonfler. Ce gonflement peut même, quand l'obturateur est très ramolli, se produire si l'on ouvre la culasse trop brusquement. La plupart du temps, on pourra remédier à cet accident en rendant à l'obturateur, avec les doigts, une forme à peu près cylindrique, de manière à pouvoir fermer la culasse ; en plongeant l'obturateur dans l'eau, ou en le mouillant avec une éponge, on pourra le refroidir et le rendre moins mou; enfin, on achèvera de lui rendre sa forme en le moulant dans son logement par un coup de refouloir.
Vis de allasse. — Les bavures légères occasionnant des difiîcullés de manœuvre peuvent être enlevées à l'aide de la lime. Lorsqu'elles se produisent sur les filets de la vis, celle-ci doit être rodée avec précaution, dans son écrou, au moyen d'huile et d'émeri très fin.
Tête mobile. — Il peut arriver que la tige de la tête
mobile s'étrangle dans la partie qui traverse l'obturateur. Lorsque cette dégradation ne dépasse pas 2 ou 3 millimètres et reste stationnaire, il ne faut pas s'en préoccuper; dans le cas contraire, il faut remplacer la tête mobile.
Canal de lumière. — Lorsqu'un agrandissement trop considérable du canal de lumière occasionne des ratés jî'étoupilles, on doit encore remplacer la tête mobile (canons de 80 et de 90 millimètres) ou changer le grain de lumière (canons de 95 millimètres).
Nota, — Le remplacement (Tune tête mobile ou d'un obturateur ne doit être opéré quen présence d'un officier.