CHAPITRE III
Le rendement balistique.
L'examen balistique des deux systèmes, c'est-à-dire la comparaison entre les forces vives, les vitesses initiales, les portées, la justesse de tir, — nous bornons nos investigations à ces quatre facteurs, bien qu'il y en ait d'autres, tels que le choix des poudres, le système de projectiles, etc., — nous permettra de déterminer lequel des deux constructeurs, Krupp ou de Bange, l'empçrte au point de vue de l'utilisation la plus considérable du métal et de la poudre.
Nous ne pouvons songer un instant à mettre en parallèle chacun des termes qui constituent les deux systèmes : nous devons donc encore ici nous restreindre à en étudier les plus caractéristiques d'entre eux. D'autre part, il peut se présenter, comme le remarqueront nos lecteurs, que l'on ne puisse pousser la comparaison jusqu'au bout, l'échelle des calibres n'étant pas en correspondance absolue dans, les deux artilleries; mais, même en tenant compte de ces restrictions, l'examen auquel nous allons npus livrer offre suffisamment d'éléments pour être concluant.
Dans une comparaison de ce genre, il faut considérer les canons tels qu'ils existent en réalité, c'est-àdire tels qu'ils ont été mis en expérience, tels qu'ils sont renseignés dans les tables de tir réglementaires
et tels qu'ils fonctionnent en service. Quant aux bouches à feu en projet, celles dont on vante les qualités balistiques dans les prospectus d'usine, nous croyons devoir les élaguei:* du champ de comparaison, attendu que bien jsouvent, il y a un écart considérable entre ce que proHiettent ou annoncent les constructeurs et ce que donne la mise en œuvre. Là ou, par exception, nous dérogeons à cette règle, nous en faisons la remarque expresse pour y appeler l'attention du lecteur.
Dne observation encore :
Les canons du système de Bange, que fabrique l'usine Cail, sont tracés d'après les modèles admis par l'artillerie française. C'est donc aux tables de tir de cette artillerie que nous avons été puiser nos chiffres: ce sont les seuls dignes d'un examen sérieux, ceux que donne l'usine Cail n'étant, en général, fondés sur aucune épreuve digne de ce nom. Quant aux chiffres que nous produisons pour l'artillerie Krupp, ils sont extraits, pour la plupart, des tables de tir telles qu'elles sont dressées au polygone de Meppen, à la suite d'expériences multiples faites en présence d'ofpr ciers de toutes nationalités.
Ceci dit, procédons à l'examen de chacune des grandes divisions qui constituent un système d'artillerie.