CANONS KRUPP
Longueur.
Hauteur.
Tiargeur.
Centim.
Met.
Mot.
Centim.
Met.
Met.
Canons de siège et de place.
Nous distinguons :
A. Les bouches à feu longues;
B. Les bouches à feu courtes. .
A. En fait de bouches à feu longues, l'artillerie de Bange présente le canon de 12 centimètres et celui de 15.5 centimètres; le canon de 22 centimètres est encore à l'essai.
Le canon français de 12 centimètres concorde approximativement, par ses données et surtout par son poids, avec le canon Krupp de 10.5 centimètres et
celui de 12 centimètres léger, mis en expérience à Meppen en 1880, mais dont le rendement a été augmenté considérablement depuis ce temjps par la modification et de la charge et de l'espèce de poudre.
Le canon de Bange de 15.5 centimètres pèse un peu moins que le canon Krupp de 15 centimètres. Mais cet avantage — commun à toutes les bouches à feu du système de siège français — n'est qu'apparent; en effet, si l'on prend en considération le poids total du canon et de l'affût pour ces différents calibres, total qui est supérieur au chiffre correspondant des pièces du système allemand, il faut eh conclure que ce dernier est plus léger que le système français. Le calibre de 15.5 centimètres français en est un exemple frappant, car si ce canon pèse 470 kilogrammes de moins que le canon de 15 centimètres Krupp, en revanche son affût a un poids presque double de celui de l'affût allemand, de sorte que le poids total du canon et de l'affût est de 5,800 kilogrammes pour la pièce française, tandis qu'il n'est que de 4,760 kilogrammes pour la pièce Krupp.
Il convient d'ailleurs de ne pas perdre de vue que si la légèreté d'une bouche à feu est une qualité précieuse, indispensable même dans l'artillerie de campagne, il n'est pas à conseiller de pousser la recherche de cet avantage trop loin, car plus le canon est léger, plus l'effet du recul sur l'affût est grand. Un canon léger exige par conséquent un affût proportionnellement très lourd et on n'économise rien par un poids réduit du canon.
En règle générale, on atteindra le minimum de
poids pour une bouche à feu, en assignant à son affût un poids suffisant pour que celui-ci offre la solidité reconnue nécessaire, et au canon un poids tel qu'il soit admissible, eu égard au poids total et aux considérations de transport* Par conséquent, dans la constitution d'un équipage de siège, on donnera la préfé-' rence aux bouches à feu dont le tube est relativement lourd.
Ce sont là toutes vérités évidentes et qu'il semble puéril de rappeler ici; mais, malgré cette apparente simplicité, on est loin d'être d'accord sur leur application, et la preuve, c'est qu'en Allemagne on s'est décidé pour le canon lourd et l'affût proportionnellement léger, tandis qu'en France cette même proportion se trouve radicalement renversée, et cependant les deux artilleries comptent un nombre égal de balisticiens distingués dans leur sein !
Les vitesses * initiales des canons correspondants varient, dans les deux systèmes, dans des limites assez étroites, ce qui est aisé à comprendre, les poids des projectiles et des charges étant sensiblement les mêmes. Il semblerait donc, à première vue, que le canon de Bange, pesant moins que le canon Krupp^ donne une utilisation plus grande; mais quand on compare les forces vives par kilogramme du poids total du canon et de l'affût dans les deux systènxes, on voit, au contraire, que le rendement des bouches à feu est de 16 à 50 p. c. plus fort dans les canons Krupp que dans les canons de Bange.
C'est ce qui ressort de l'examen du tableau ciaprès :
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