‹ Krupp et De BangeChapitre 49 sur 92 · I. — L'Angleterre · texte numérisé non relu

I. — L'Angleterre

L'Angleterre a été la dernière àadopter les canons se chargeant par la culasse ; longtemps elle est restée — comme en d'autres branches de l'art de la gueri'e — opiniâtrement attachée à des principes surannés, et aujourd'hui encore, elle se ressent de cette situation défavorable, puisque, dans une conférence donnée dernièrement à YUnited service Institution, lord Hamilton prononçait ces paroles caractéristiques : « Actuelle- « ment, on ne trouverait pas dans le Royaume-Uni un <c seul industriel qui voulût risquer sa réputation et « son argent sur nos tracés officiels. »

L'Angleterre vient enfin d'abandonner — en théorie, du moins — son système de fabrication de canons, basé sur le tube en acier enveloppé decoUs en fer forgé, pour adopter exclusivement le canon entièrement construit en acier.

L'arsenal de Woolwich et l'usine d'Armstrong, à

Elswick, se sont transformés ou sont en voie de transformation, pour fabriquer des canons des plus gros calibres avec Facier demanâé aux aciéries du pays. Cet acier est — en partie du moins — de Tacier fondu au creuset.

Il nous faut constater — et tous ceux qui suivent attentivement la question le diront avec nous — que tout est encore, jusqu'à présent, à l'état d'étude et de transition et que les tentatives faites dans cette voie ne sont guère couronnées de succès.

Les tracés, faits d'un mélange des tracés allemand et français, ont donné lieu, de la part d'hommes compétents, à des critiques sévères auxquelles, dit le lieutenant-colonel de là Rocque, le chef de l'arsenal de Woolwich, le colone^ Maitland, n'a pas pu répondre « par le seul argument qui soit sans réplique en artil- (c lerie : un tableau des tirs d'épreuve à outrance, « subis par quelques-uns des nouveaux canons de a gros calibre ».

Ces critiques se comprennent, car un système d'artillerie qui n'est pas fondé et construit à l'aide des résultats nombreux, partant du point le plus bas de l'échelle des calibres et remontant peu à peu, de degré en degré, jusqu'au sommet de cette échelle, ne saurait être discuté.

En outre, les changements les plus importants comme les plus insignifiants, apportés à des tracés empruntés çà et là, peuvent être très dangereux.

L'Angleterre a adopté, pour le mécanisme de fermeture de ses canons se chargeant par la culasse, la vis à filets interrompus. Jusqu'ici, elle avait comme système

d'obturation l'obturateur Noble, espèce de coupelle en acier s'appliquant contre la tranche antérieure de la vis de culasse, mais, en ces derniers temps, elle s'est décidée en faveur de l'obturateur de Bange. En même temps qu'elle négociait avec le colonel de Bange, l'Angleterre était en pourparlers avec l'usine Krupp dans le but de lui acheter quelques canons du système le plus récent. Mais, d'après ce que les journaux rapportent, Krupp aurait décliné l'offre, ne désirant pas fournir ses modèles sans l'adjonction d'une commande sérieuse.

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