‹ Krupp et De BangeChapitre 5 sur 92 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Une visite aux usines Erupp.

I. Essen. — II. La brochure de M. Turgan. — III. L'aspect des usines Krupp. — IV. La consigne à rentrée. — V. La division commerciale et la petite maison de Krupp. — VI. Les ateliers d'usinage et de montage des canons. — VII. Les 4 canons de 120 tonnes. — VIII. Les ateliers de montage des affûts et coupoles. — IX. La halle de Tacier Bessemer. — X. La halle de Tacier Martin-Siemens.

— XI. Le métal à canon Krupp. — La halle de l'acier puddlé. — XIL La fabrication des creusets. — XIII. La halle de l'acier fondu au creuset. — La coulée. — XIV. Le marteau-pilon ^e 50 tonnes.

— XV. La salle des modèles. — XVI. Les polygones de Krupp.

— XVII. L'importance des établissements Krupp. — M. Krupp . 206

AVANT-PKOPOS

Deux systèmes d'artillerie se partagent actuellement Tattention des métallurgistes et des hommes du métier : l'un, le système Krupp, connu et expérimenté depuis un grand nombre d'années ; l'autre, le système de Bange, d'une origine relativement récente et adopté par l'artillerie française.

II semble, à entendre certains partisans du canon de Bange, que le canon Krupp soit absolument dépassé par son concurrent français. Bien que cette opinion, professée surtout par les intéressés dans la question, soit venuQ se heurter au scepticisme de pas mal d'incrédules, il nous paraît qu'à la veille du jour o*ù l'artillerie belge va recevoir ses nouveaux canons Krupp, c'est faire acte de patriotisme que de chercher à rétablir la vérité et à rendre au constructeur d'Essen la part de mérite qui lui revient.

Nous exposons donc les qualités des deux systèmes, en nous basant uniquement sur des faits et sur des documents authentiques.

Si, dans le cours de nos études, nous sommes arrivé à la conviction que le système de Bange est inférieur au système Krupp, nous mettons toutefois nos lecteurs

Ouvrages consultés.

Cours d'artiUerie et de chimie appliquée, de Técole d'application de Tartillerie et du génie de Bruxelles. — Le métal à canon, de Frémy. — Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de Vader, de Valérius. — Traité de métallurgie, de Gruner. — Traité complet de métallurgie, de Percy. — La métallurgie du fer à VExposition universelle de 1878, de P. Duteil. — L'acier fondu homogène, de Firih. — Fermeture cylindro-prismatique Krupp pour canons de campagne et Fermeture cylindro-prismatique Krupp pour canons de gros calibre (Essen). — Aide-mémoire d'artillerie, — Cours spécial à V usage des sous-officiers d' artillerie. — Comptes rendus' des expériences d'artillerie au polygone de Meppen. — Étude historique de la résistance des canons rayés, par le lieutenant -colonel de la Rocque. — Les principales artilleries de l'Europe d'après la commission spéciale de^ États-Unis. — Canons français et allemands, par le capitaine Mariotii. — L'artillerie Krupp et l'artillerie de Bange, par le lieutenant-colonel Hennebert.-^ Revue d'artillerie.

— Revue maritime et coloniale. — Rivista di art^glieria e genio.

— Règlements français et allemands. — Journaux et divers (le Times, YEngineer, Deutsche Heeres Zeitung, etc.). .

KRUPP ET DE BANaE

« La qualité du métal, les procédés de

fabrication, la précision plus ou moins

grande de l'usinage, les pratiques et les

traditions des ateliers, tout cela joue un

rôle fort important dans la résistance

des canons. »

Lieut.-col) DE LA RocQUE, Étude historique de la résistance des canons rayés, Paris, Baudoin et Os 1885.

Si la sicience de la balistique est une ^êéj^ principes immuables, l'interprétation et rapplicatSI de ses règles ont varié sans cesse. C'est ainsi que la balistique, telle qu'on la définit de nos jours, après avoir fait table rase de l'empirisme de l'artillerie ancienne, s'en-, richit à tout moment de recherches et d'observations nouvelles, et bien osé serait celui qui voudrait prétendre que les assises qu'elle pose aujourd'hui se^HL encore celles de demain. 11 résulte de cette marche incessante dans la voie du progrès, qu'un gouvernement, soucieux de conserver intacte sa situation militaire, se trouve amené, plus souvent qu'il ne le voudrait peut-être, à substituer à un matériel suranné qui le met en infériorité vis-à-vis des puissances voisines, un système de bouche à feu plus perfectionné.

Cette considération devient d'ordre vital chez les petites nations, qui ne peuvent espérer défendre efficacement leur indépendance et leur honneur avec des forces réduites, qu'au prix d'un outillage et d'un arme^ ment qui soient supérieurs ou tout au moins équivalents à ceux de leurs adversaires probables.

Or, dans les recherches nombreuses que nécessite la détermination de ce nouvel armement, deux questions s'imposent tout d'abord aux méditations des gens du métier : ils ont, en effet, à se demander :

1^ Quel est le meilleur métal à canon?

2* Quel est le système de bouche à feu à adopter parmi les types reconnus comme donnant le maximum de rendement?

L'étude de ces deux questions formera l'objet de la première partie de ce travail. La deuxième partie sera consacrée ^^xamen critique des systèmes Krupp et Baiige et ^^^fl^océdés métallurgiques admis en France et à l'usine d'Essen* La troisième partie contiendra la description des établissements Krupp : ce sera la conclusion naturelle de notre étude.

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