‹ Krupp et De BangeChapitre 51 sur 92 · III . — La France · texte numérisé non relu

III . — La France

La France a admis le système de Bange d'une façon générale pour toute son artillerie.

L'acier, qui finalement a été adopté comme le seul métal à canon, peut être produit par n'importe quel procédé; il est fourni, sous forme de lingots ou de tubes, par les différentes usines du pays, aux établissements de fabrication de l'Ëtat qui les mettent en œuvre.

Les canons sont donc, au point de vue du métal, d'une fabrication différente, ce qui, à nos yeux, constitue un défaut auquel les épreuves les plus rigoureuses de réception ne remédient qu'imparfaitement. Nous estimons que la méthode qui consiste à ne demander qu'à un seul industriel — dont les produits et les procédés sont connus, ont fait leurs preuves — tous les canons d'un seul et même système d'artillerie donne plus de garantie.

Le rendement balistique du système étant intimement lié aux propriétés du métal, il s'ensuit encore que Tartillerie dont le métal est obtenu par une méthode unique parviendra mieux que toute autre à établir la loi des résistances de ce métal, à en déduire la somme des efforts qu'on peut lui demander et à résoudre d'autant plus aisément le problème de la charge et le choix du projectile. Mais en admettant que l'État français ne prenne qu'une espèce d'acier, — comme, en fait, c'est le cas, — celui fabriqué au four Martin, on peut se demander si ce dernier a donné jusqu'ici des preuves d'une résistance suffisante.

Les quelques exemples que nous avons présentés, ceux que nous allons donner plus loin, en les empruntant à l'ouvrage du lieutenant-colonel de la Rocque, peu suspect dans l'occurrence, démontrent que l'acier Martin n'a pas toujours — et surtout au début — répondu aux espérances qu'on avait nourries. Il est vrai que, dans le principe, ses partisans pouvaient arguer de la nouveauté du procédé, des difficultés qui accompagnent toujours une mise en train, des insuccès inévitables d'une méthode qui n'avait pas encore toute l'assiette désirable. Mais aujourd'hui, l'acier Martin iient-il mieux ses promesses? Nous répondons : non; il continue, au contraire, à donner des preuves de son état moléculaire incertain. Les accidents qui se sont produits récemment avec des canons de campagne de Bange comme avec de grosses pièces de marine viennent éloquemment à l'appui de notre opinion.

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