‹ Krupp et De BangeChapitre 52 sur 92 · IV. — L' Autriche-Hongrie · texte numérisé non relu

IV. — L' Autriche-Hongrie

L'Autriche-Hongrie a un système de construction qui lui est particulier et dont le créateur, le général Uchatius, est mort, il y a une couple d'années : nous voulons parler du bronze mandriné.

Cet éminent officier d'artillerie avait imaginé de donner à froid, au bronze, iine expansion, associée à une légère compression de la surface de l'âme, telle qu'elle soit supérieure à celle que le métal pourrait avoir Jl subir sous l'action des gaz de la poudre. Grâce à un travail mécanique, c'est-à-dire en faisant passer successivement dans le tube une série de mandrins d'un diamètre de- plus. en plus fort, Uchatius développe à un haut degré les propriétés physiques de la matière. Cette opération transforme le bronze en un métal dont les aptitudes se sont si considérablement accrues que l'inventeur lui a donné le nom de bronze-acier.

* C'est ce procédé qui sert de base aujourd'hui à la fabrication des bouches à feu de petit et de moyen calibre de la monarchie austro-hongroise. AppliquQ^ ^ux canons de campagne et de siège, il donne de bons résultats, à condition toutefois de ne pas demander des efforts balistiques trop élevés et une longue durée.

Il a été imité par plusieurs puissances.

Le système de fermeture adopté en Autriche est ou bien le coin plat, ou bien l'appareil cylindro-prismatique Krupp avec anneau obturateur Brôadwell. Quelques pièces en fontç, d'ancien modèle, ont encore le mécanisme Wahrendorf.

L'Autriche, tout en ayant sa fabrication nationale, a recours à l'usine Kr upp pour tous ses canons de gros calibre, aussi bien pour la défense d§s côtes que pour la marine. Même les canons de petit calibre sont commandés à Krupp dans le Cas où ceux-ci doivent tirer à forte charge.

Y. — Là Russie.

La Russie, avant 1877, s'adressait exclusîvenaent à Krupp pour la fourniture de ses canons en acier. Depuis cette époque, elle a' établi une usine où l'on fabrique des bouches à feu, entièrement d'après le système en honneur aux établissements d'Essen.

C'est de cette usine d'Obouchoff qu'est sorti le type nouveau du canon à âme amovible. L'âme du canon 'est fonnée par un tube en acier comprimé et indépendant du canon. Ce tube est plac^à froid, à Taide d'une presse hydraulique; on se flatte de pouvoir, lorsqu'il est endommagé, l'enlever facilement et le remplacer par un tube de rechange. L'idée de ce nouveau canon a conduit tout naturellement à cette autre, également d'origine russe : celle du canon démontable f si féconde pour l'artillerie de montagne et de siège.

Dans ce système, le corps du canon est composé de deux parties, la culasse et la volée, qui s'assemblent au moyen d'une frette-écrou. Mise en service durant la guerre de 1877-78, cette bouche à feu â fonctionné avec assez de succès pour que le comité d'artillerie ait jugé opportun de l'introduire' définitivement dans l'artillerie de siège.

La Russie emploie également des canons en bronze dans la fabrication desquels le colonel Lawroff a introduit de sérieux perfectionnements, en imaginant de comprimer, à la presse hydraulique, le métal à l'état liquide. Le procédé Lawroff est en nsage aujourd'hui dans la fabrication courante des canons de siège et de place de petit calibre. On dit que c'est par les travaux de Lawroff qu'Uchatius a été conduit à sa méthode de fabrication.

Toutes ces bouches à feu — sauf quelques-unes de modèles déclassés — sont munies de la fermeture cylindro-prismatique Krupp avec l'anneau Broadwell. On a essayé dernièrement des canons de montagne du système Baranowsky avec mécanisme de culasse français, mais les résultats de ces expériences n'ont pas été publiés jusqu'ici.

Page 1