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III. — Rayures progressives et a pas constant

Les défenseurs du matériel de Bange nous apprennent — ce que nous savions déjà — que les Français ont adopté les rayures progressives avec forcement du projectile dans l'âme, au moyen de ceintures en cuivre, tandis qu'eu Allemagne, toutes les bouches à feu possèdent des rayures à pas constant et certaines pièces ont des rayures qui sont en plus cunéiformes — ce que nous ne savions pas et pour cause.

D'après eux, la rayure à pas constant offre l'a vantage d'être d'une exécution matérielle relativement

facile, et de simplifier l'organisalion du projectile : c'est notamment pour ces motifs, disent-ils, qu'elle a été adoptée pour les premières armes rayées.

Ces assertions sont inexactes en tant qu'elles se rapportent à l'artillerie allemande et^ux raisons qui plaident, selon ces auteurs, pour l'emploi des rayures à pas constant.

Tous les canons fabriqués en Allemagne depuis l'introduction du forcement par une simple ceinture de cuivre, placée vers le culot du projectile, sont faits avec des rayures à pas progressif; il n'est dérogé à cette règle générale que dans certaines circonstances spéciales où il peut paraître plus avantageux d'employer des rayures à pas constant. Si les canons de campagne de l'artillerie prussienne M. 73 possèdent encore les rayures à pas constant, la raison en est qu'à l'époque de leur adoption, on se décida pour le forcement par la chemise de plomb.

L'exécution matérielle des rayures à pas progressif n'offre pas aujourd'hui de difficultés plus grandes à vaincre que celle des rayures à pas constant, et leur emploi ne nécessite en rien une construction plus compliquée du projectile. Par contre, aussi longtemps qu'existait le forcement par la chemise de plomb ou par les deux ceintures de cuivre, dont l'une était placée à la naissance de la partie cylindrique du projectile et l'autre vers le culot, il ne fallait pas songer aux rajrures à pas progressif, parce qu'elles auraient exercé sur le projectile un véritable effort de torsion, durant toute la durée de sa course dans l'âme de la pièce. Mais lorsqu'il fîit prouvé qu'il suffisait, pour le

forcement, d'une simple ceinture de cuivre placée vers le culot, et qu'il n'y avait plus, pour la partie antérieure du projectile, qu'à se préoccuper de sa direction et à le guider suivant l'axe de la bouche à feu, rien ne s'opposa plus, dès lors, à l'adoption des rayures à pas progressif, qui ont de la valeur surtout pour de grandes vitesses et des projectiles très longs. Il est à remarquer cependant que, dans un canon de campagne fait en bon métal résistant, les rayures à pas progressif n'ont qu'une valeur théorique. Le forcement par la ceinture de cuivre unique, employé avec des rayures à pas constant, y donne la même justesse de tir, et la pression maxima des gaz n'excède pas la limite ordinaire.

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