‹ Krupp et De BangeChapitre 62 sur 92 · VI. — Rapidité de tir dans les deux systèmei · texte numérisé non relu

VI. — Rapidité de tir dans les deux systèmei

La rapidité du tir, dit-on, dépend moins du minimum de temps dans lequel la pièce peut être servie que de la facilité plus ou moins grande avec laquelle on peut amener les munitions à la bouche à feu. En ce qui nous concerne, nous n'avons rien à redire à la justesse de ces réflexions que nous faisons volontiers nôtres. Mais Tune des conditions qui influent le plus sur la facilité du ravitaillement, c'est évidemment la disposition plus ou moins commode des munitions dans les coffres. Or, à ce point de vue, les constructions Krupp sont irréprochables; l'artillerie française elle-même a dû en reconnaître le mérite, puisqu'elle vient d'adopter, pour son matériel, des dispositions identiques.

. Quant à la rapidité du feu dans le canon de campagne Krupp, l'épreuve que celui-ci à subie victorieusement à Belgrade, le 6 mai 1885, démontre péremptoirement que le canon allemand ne le cède nullement, sous ce rapport encore, au canon français. C'est ce même canon Krupp qui, le 4 décembre 1884, demandait — à cause d'une négligence grossière dans le maniement de la fermeture — 53 minutes pour tirer 50 coups dans un tir rapide, tandis que 25 minutes suffisaient au canon de Bange pour accomplir la même épreuve. Ce sont les chifi'res inscrits dans

les rapports français. Ce résultat, parut si surprenant qu'une contre-épreuve fut décidée.

Le canon Krupp fut remis en état sans difiSculté aucune et, le 6 mai 1885, une seconde expérience eut lieifen présence de la commission des essais comparatifs tout entière et des représentants de la maison Krupp : la pièce était servie par des canonniers serbes et les conditions du tir étaient^ les mêmes que celles fixées pour la séance du 4 décembre 1884. Or, cette fois, le canon allemand tira ses 50 coups en 16 minutes, tandis que le canon français, comme nous l'avons dit, y avait mis 25 minutes.

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