VII. — Les appareils de pointage dans les deux systèmes
L'appareil de pointage des canons de campagne Krupp se compose de la double vis de pointage sur la tète de laquelle repose librement la culasse du canon. Cet appareil est des plus simples et fonctionne on ne peut mieux, ce qui, du reste, ressort de la justesse de tir de la pièce elle-même.
Les inconvénients qu'on a découverts à ce système ne peuvent donc exister qu'en imagination, et il n'y a aucune nécessité, à^notre avis, d'employer un mécanisme aussi compliqué que celui du colonel de Bange.
L'appareil Krupp permet de pointer la pièce de 8.4 centimètres dans les limites de — 8** à -f 24**, tandis que pour le 8 centimètres de Bange, ces mêmes limites vont de — ô** à + 26\ L'affirmation de cet écrivain soutenant que « l'appareil dé pointage fran- « çais permet de donner à fe pièce une élévation de
« + 26"*, tandis que le canon allemand ne peut rece- « voir que + 18"* », tombe donc dans le vide, puisqu'elle ne s'adresse en aucune façon au matériel récent de Krupp.
Le même auteur ajoute à ce -propos : « Dans les ce pièces de gros calibre, les Français ont supprimé « la prépondérance de la culasse; elle reste, au conc< traire, nécessaire dans les bouches à feu de cam- « pagne, qui éprouvent parfois des soubresauts qui « peuvent les renverser. » Or, il y a beau temps que ces deux principes — la nécessité de la prépondérance dans les canons de campagne et la possibilité de s'en dispenser dans les gros calibres — sont connus et professés par toutes les artilleries qui les appliquent tous les jours dans leurs constructions. Par conséquent, cette digression ou bien est sans but ou bien elle semble vouloir dire que, dans cette question, l'artillerie française est venue à la remorque des artilleries étrangères, ce qui n'est pas.
Nous avons en trop haute estime les artilleurs français pour cjroire qu'ils aient pensé faire xine innovation en introduisant dans leur artillerie de gros calibre la suppression de la prépondérance de la culasse.