CHEZ LES ANCIENS JAPONAIS
Il n'est pas rare de rencontrer parmi les poteries dures du temps, soit antérieur, soit postérieur à la cour de Nara, des pièces qui présentent une espèce de vernis à leur surface et que nous devons considérer comme les premiers vases vernissés. Mais cette glaçure appelée Djigusuri n'est que le produit spontané de la fusion des matières contenues dans la pâte.
1. — L'expression cour de Nara désigne une période de 75 ans, comprise entre la 5 e année de Wâdô ou 712 ( sous le 43 e Empereur ou Guemmyo-Tenno) et la 3 e année de Yenryaku ou 784 (sous le 30« Empereur ou Kuammu-Tenno).
Les poteries façonnées à la main de la période antérieure à la cour de Nara, ainsi que celles faites au tour à l'époque postérieure, offrent de nombreux spécimens ayant une espèce de glaçure produite par la fusion des matières vitreuses contenues dans la pâte. Ce sont ordinairement des pièces fortement cuites à grand feu. Leur glaçure étant un produit spontané de la vitrification, offre naturellement des inégalités, et bien que la régularité du vernis semble indiquer la main de l'homme, l'absence d'une ligne séparant distinctement les parties non vernissées de celles qui le sont dénote l'origine de cette glaçure.
On croit qu'à celte époque il y avait déjà des poteries vernissées importées de la Chine ou de la Corée, ce que prouvent quel-
ques vases faisant partie des collections de la pagode de Todaïdji et qui, ressemblant à nos KochiyaU actuels, ne sont évidemment pas de fabrication japonaise.
1. — Les tuiles vertes anciennes peuvent être classées en trois catégories : chinoises, coréennes et japonaises, selon la nature de leur pâte. Or, il n'y aurait rien d'arbitraire à en conclure que les poteries avaient aussi trois catégories ; car elles sont de la même époque et ont la même nature que ces tuiles.
2. — La pagode de Todaïdji a plusieurs noms ; on l'appelle aussi Ddikegondji, Godaidji, Sôkokubundji ou Kinkô-myôshi tennôdji. Elle est située dans le district de Soyegami. Le 45" Empereur ou Shômu-Tenno fit, selon le Shoku- Nihongui, le vœu d'ériger un Ddibutsu ou idole colossale et confia au prêtre Gyôgui la construction d'une, pagode destinée à le recevoir ; cette construction a élé achevée dans la 4 e année de Tempeishôhô (752). Le nom de> Todaïdji apparait pour la première fois dans l'histoire vers la l re année de Tempeishoho (749). Cette pagode est des- * servie par la secte boudhiste de Hassiukengaku. Son trésor, connu sous le nom de Shôzôin, a des collections magnifiques consistant en objets possédés par le 45 e Empereur qui, d'après les documents de celte époque, les y aurait déposés, pour les dédier à l'idole Roshamabutzu. Plus tard, l'Impératrice Kôken l'enrichit de nouvelles collections. Les poteries vernissées dont nous venons de parler seraient probablement les ustensiles employés sous le règne de ces deux souverains.