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Kochi est le nom qui désigne la Cochinchine

La création d'une administration de l'art céramique en vertu de la loi de la l re année de Taïhô (701) sous le 42 e Empereur ou Mommu-Tenno, nous fait croire que le vernissage des poteries aurait été introduit par de nombreux potiers qu'on a fait venir de

la Chine et de la Corée. Mais nous n'en avons aucune preuve, et de plus, les vases vernissés existant au trésor de Todaïdji semblent être tous de fabrication étrangère. Il est pourtant certain qu'on fabriquait déjà les poteries vernissées au commencement de la cour de Heian.

Un ouvrage ancien ( Ruijuzatsuyôshô ) parle, dans un passage relatif à la cérémonie de Ohagatamé, de 7 tablettes et de 7 vases de Seidji ( poterie verte ). Si ces Seidjis, très estimés en ce temps là, ont été choisis exclusivement pour le service religieux, cela prouve qu'on pratiquait déjà le vernissage des poteries.

L'auteur du Kokiko, citant lui-même un passage du Yeshidoï, dit que dans la cérémonie de Ohagadamé, on se servait des vases Seidji donnés pour cette fête par le bureau de Naïzen ( cuisine impériale), et fait remarquer qu'ils faisaient partie des prestations annuelles dues par la province d'Owari, ce qui prouve que celte province en avait des manufactures. Mais pourquoi leurs fragments mêmes sont-ils si rares aujourd'hui ? Pourquoi les fouilles n'en donnent-elles que très peu ? Ceci ne peut s'expliquer autrement que par l'interruption survenue dans la fabrication de ces poteries, avant qu'elles eussent pu se répandre dans tout le pays. Le Japon, même après l'introduction du vernissage des poteries, ne pouvait pas encore fabriquer les matières nécessaires à cette opération et comptait par conséquent sur l'importation. L'abandon, sur la proposition de Sugawara-Michizane, .de la coutume d'envoyer des ambassadeurs en Chine et le décroissement des relations avec ce pays ( quoique les envoyés de Go et Yetsu, provinces de Chine, continuassent à venir au Japon ) ont dû arrêter l'importation de ces matières. De là, l'interruption de la fabrication des poteries vernissées.

1. — Le Nihongui fait déjà mention, avant la cour de Nara, des envois faits par la Corée de divers artistes ou de l'introduction des différents arts étrangers. D'autres ouvrages parlent aussi de faits analogues qui se sont passés plus tard* Il est donc tout naturel que l'art céramique y ait également trouvé sa place.

2. — La cour de Heian date de la 43 e année de Yenryaku (784) où le 50 e Empereur transféra sa résidence dans la province de Yamashiro. Cette nouvelle capitale, qui est située à la fois dans les deux districts de Taga et de Kuzuno prit le nom de Heian (Kioto-actuel ).

3. — Le Riujuzatsuyôshô est un ouvrage traitant du cérémonial officiel pendant une période de 254 ans entre 5 e année de Kwampei et la 2 e année de Bunan.

4. — On appelle Seidji une des variétés de poterie vernissées de cette époque.

5. — Le Shùkodzu, publié il y a environ 80 ans par un archéologue, Teikan, renferme de nombreux dessins représentant des vases anciens. Mais, faute d'y avoir inscrit les noms de leurs possesseurs, il est impossible de savoir où ils se trouvent actuellement.

6. — On voit dans le village de Shigo, dans le district du même nom (Prov. deOmi), les ruines d'une pagode vulgairement appelée Shiga-no-yamadera, et dont le vrai nom est Bonshakudji. Fondée dans la 5* année de Yenryaku (786) selon le Shoku-Ni-hongui, elle fut détruite peu de temps après par un incendie et ne fut plus rebâtie. L'auteur, désireux de retrouver quelques fragments de poteries dans ces ruines, s'y rendit le 29 Août de l'année dernière (1876). Des fouilles qu'il a fait exécuter, après avoir coupé des herbes et des épines qui rendaient ces ruines inaccessibles, lui ont permis de recueillir plusieurs fragments de poteries et de tuiles, entre autres, deux vases cassés, l'un verdâtre et l'autre grisâtre. L'auteur se félicite du bonheur inespéré d'avoir retrouvé des spécimenls authentiques de l'art céramique ancien et les compare à des étoiles éclairant une nuit obscure.

7. — Michizané est le 3« fils du Sanghi Koreyoshi. Il devait être envoyé en Chine, pendant la 5 e année de Kwanpei (893), en qualité d'ambassadeur, avec Ki-no-Haseo comme

adjoint, lorsque le prêtre Chukwan, étudiant dans l'Empire du Milieu, avertit le gouvernement de la guerre civile qui venait d'y éclater. Michizane adressa alors à l'Empereur un mémoire dans lequel il dit que l'histoire offre plusieurs exemples d'ambassadeurs japonais qui ont succombé, soit à la fatigue de la traversée, soit sous les coups des pirates ou des brigands, sans pouvoir remplir leur mission ; que le rapport du prêtre Chukwan montre clairement quels dangers attendent nos ambassadeurs en Chine, et que par conséquent, il prie Sa Majesté de prendre l'avis de ses conseillers sur l'opportunité de sa mission. Il ajoutait que s'il s'exprimait ainsi, ce n'était pas dans un but d'intérêt personnel, mais pour ne pas compromettre la dignité de l'Etat. Sa proposition ne fut pas acceptée ; mais, en fait, on cessa d'envoyer des ambassadeurs en Chine. Michizane, mort neuf ans après, fut enterré à la pagode d'Anrakudji, dans la province de Tsukushi. La rupture des relations officielles avec Go et Yetsu à partir de la 3 e année de Tenloku (959) et la défense d'acheter des objets chinois, publiée dans la l re année de Ginna, nous donnent la conviction qu'à partir de l'ère de Tenloku, l'importation des matières employées pour le vernissage des poteries a cessé, ce qui a dû amener l'interruption de la fabrication des Seiji au Japon. Quand même leur fabrication aurait continué, ce genre de poteries aurait exclusivemeut été employé à la cour, sans que de simples particuliers pussent posséder d'aussi précieux ustensiles.

Dès que le Japon cessa d'envoyer des ambasadeurs en Chine et qu'il n'en reçut plus de Go et Yetsu, l'introduction des industries étrangères cessa naturellement. Mais l'art du potier florissait comme par le passé, d'après le Djôgwan-guishiki, dans plusieurs provinces, telles que Owari, Bizen, Mikawa, Kawachi, Izumi, Awadji. Le Yen-guishiki mentionne d'autres provinces comme Setsu, Nagato, Omi, Mino, Harima, Sanuki, Chikuzen. Dans la l re année de Yeien, (987) sous le 66 e Empereur, c'est-à-

dire 24 ans après la rupture des rapports officiels avec Go et Yetsu, l'avènement de la dynastie de Songs en rétablit la paix dans le Céleste-Empire et nous croyons qu'à partir de cette époque les navires marchands chinois ont dû reprendre les relations commerciales avec notre pays.

1. — Le Djogwan-guishiki est un livre du cérémonial officiel, publié la 13 e année de Djôgwan (il y a 4007 ans). Le Yenguishiki traite aussi du cérémonial, publié sous le 65 e Empereur (il y a 951 ans). Ces deux ouvrages parlent des vases religieux fabriqués dans les provinces que nous venons de citer.

2. — Le Wamyôshô fait mention qu'il y a des endroits appelés Hadji (mot qui signifiant poterie) dans les districts de Shiki et de Tadjihi (province de Kawachi), de Otori (province de Idzumi), de Midorino (province de Kozuké), de Ashikaga ( province de Shimotsuké), de Amata (province de Tamba), de Yagami et de Chizu (province de Inaba), de Oku (province de Bizen), de Nagato (province de Awa), de Honami (province de Chikuzen), de Santo (province de Chikugo) etc. Ce sont certainement les noms des localités où Ton fabriquait les poteries, excepté quelques-uns qui seraient ceux des personnes mêmes y ayant demeuré. 3. — On avait certainement du thé déjà à cette époque; mais nous n'avons pas de preuve qu'il y existât des pots à thé* Plus tard, le prêtre Myotoku, de Tochio (province de Yamato) qui a contribué beaucoup à répandre l'usage du thé, fut un grand amateur de poteries et s'en servait pour mettre du thé, ce qui a donné un nouvel essor à l'art du potier. Le prêtre Kôben ou Myotoku, né à Arito, dans la province de Kishû, avait pour père un officier de la garde du 80 e Empereur. Le jeune Kôben se fit bonze à l'âge de 16 ans à la montagne de Takaosan, reçut les commandements à la pagode de Todaïdji, fut à l'âge de 49 ans initié aux mystères par le prêtre Gyonen-Ajari et s'établit à Tochio où il prêcha sa doctrine. Il mourut à l'âge de 60 ans.

Les premiers pots à thé auraient été faits, selon le Bengyokushû, par un potier de Setho (province d'Owari). Ces premières œuvres de Katoshiroyemon ou Tôshirô (ainsi appelé par abréviation) sont ce qu'on appelle Ruchikague, et n'étaient pas encore parfaites. Les bords de leur orifice étaient dégarnis de vernis, parce qu'on les cuisait dans la position renversée. Leur forme était laide et leur pâte très épaisse, quoique bonne et fine. Leur couleur est en général d'un vert plus ou moins foncé, selon les espèces. Leur Itoguiri (f ) est très fin et le temps l'a presque effacé. Les bords de leur orifice, très épais et fort grossiers, sont dépourvus de vernis ; c'est ce qui a fait appeler Kuchihague ce genre de pots à thé. La première couche de vernis offre en général une couleur noire rougeâtre, et la couche supérieure qui est ordinairement noire foncée présente parfois sur un fond rougeâtre des ondulations noires. Ces pots sont généralement grands de forme et d'une fabrication grossière. Ceux qui sont épais s'appellent Atmtè. Les Horidashite sont les pots qu'on avait jetés à cause de leurs défauts. Enfouis longtemps dans le sol, ils ont acquis un beau lustre par l'action du temp s, mais ils sont ordinairement fêlés, brisés, ou mal faits. Mais ces défauts sont loin de nuire à leur beauté, et constituent précisément le cachet de leur authenticité. Leur pâte rougeâtre semble contenir du sable et leur Itoguiri est plus ou moins fin, selon leur espèce. Leur orifice a d'ailleurs une forme assez élégante. La première couche de vernis est généralement rougeâtre, bien qu'il offre certaines variations de degrés selon les pièces. Sa couche supérieure abondamment étendue est d'un noir plus au moins foncé ou jaunâtre. Malgré toutes ces variétés, leur couleur a un lustre agréable aux yeux, lustre que ces pièces ont acquis par l'action du temps et du sol.

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