HISTORIQUE
Les anciens ne connaissaient pas les kystes de lépididyme; pour eux, d’ailleurs, le kyste quel qu'il fut, était constitué par «l'accumulation de la pituite » c'est dire combien vagues étaient leurs connaissances sur ces tumeurs.
John Hunter (1) est, croyons-nous, le premier qui ait attiré l'attention sur ces kystes; encore les divisait-1l simplement en kystes naturels (hydrocèle) et kystes accidentels. Pourtant le nom de kystes de l’épididyme n'avait pas encore été prononcé et Sir À. Brodie, en 1827, décrivait ces kystes ainsi, d’une façon assez précise, comme hydrocèle enkystée d’un testicule. « La membrane, dit cet « auteur, était mince etson contenu incolore; il avait « le volume d’une noix et s’attachait à la partie « antérieure du testicule au dessous de l’épididyme. » En 1834, le même auteur revient sur ce sujet, mais on ne signala guère de faits semblables et Gerdy
John Hunter. — Lecons sur les principes de chirurgie, 1786.
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n'en dit que peu de mots, tandis que Richerañnd, Dupuytren, etc., les passent complètement sous silence dans leurs ouvrages.
Pourtant, en Angleterre, les chirurgiens firent sur ce point d'importantes recherches anatomopathologiques qui commencèrent à jeter quelque lumière sur cette affection. Jusqu'en 1843, dit M. Poirier, le mot de spermatocèle existait, mais il désignait seulement le gonflement du testicule par
rétention du sperme que l’on observe quelquefois chez les individus continents et que Després a nommé « orchile par rétention ».
Velpeau dans une clinique de 1840, parla d'un cas de kyste spermatique ; mais c’est surtout Liston et Lloyd an Angleterre qui décrivirent, en 1843, les kystes de l’épididyme à contenu spermatique ; l’un d'eux faisait de ces productions une véritable dilatation des voies spermatiques, et l’autre montrait qu'un tel kyste pouvait contenir plus de spermatozoaires qu'un testicule normal tout entier.
L'année suivante, James Paget (1) insista sur la multiplicité de ces kystes et sur leur nature différente, les uns contenant des spermatozoaires dont les autres sont dépourvus. Dès cette époque, la distinction entre les grands kystes et les petits kystes commençait à s'établir nettement.
.. (1) James Paget. — On account of the elimination of a cyst containing seminal fluid. Medico chirurgical transactions. — Vol. XXVII, p. 398. 21 juin 1844.
LG pu
Le premier travail vraiment marquant sur les kystes de l’épididyme est un mémoire de Gosselin, publié en 1848, dansles archives générales de cd cine; FR les petits kystes des grands, il envisage ces derniers, dont le liquide contient des spermatozoaires, comme étant toujours d’origine traumatique. Mais il modifia bientôt sa manière de voir pour se rattacher à l'opinion de Curling lorsqu'il en fit les annotations.
Dolbeau fit de ce sujet l’objet de nombreuses recherches ; en 1854, il en publia quelques résultats dans le Moniteur des Hôpitaux, puis dans la Gazette hebdomadaire en 1862; de ses injections au mercure, il conclut que les kystes prenaient naissance dans des dilatations des vaisseaux efférents qui arriveraient à s'isoler complètement. Depuis, la théorie de
Dolbeau a rencontré d’assez nombreux partisans ;
en 1857 à la Société de chirurgie, Verneuil (1) s’y ralliait entièrement, Virchow en 1863, kKReclus, Monod et Arthaud (2) défendent encore la même opinion.
Curling dans son traité des maladies du testicule, pense tout autrement, de même que Broca dans son traité des tumeurs ; ils admettent que les kystes de l’épididyme se développent aux dépens des débris
du corps de Wolff. Cette théorie à laquelle la thèse
(1) Verneuil { Soc. de chir. 1857.
(2) Monod et Arthaud: 47ck. de physiol. 1885.