‹ Kystes hydatiques de la glande mammaireChapitre 15 sur 17 · SAR · texte numérisé non relu

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légères douleurs qui vont en augmentant pendant que la tumeur s'accroît. Depuis environ un mois les douleurs dans la mamelle sont devenues plus violentes et sont accompagnées de malaise, céphalée, etc.

Entre à la clinique de Helferich à Greifswald le 19 juin

Teint anémique, Ccorpulence moyenne; mamelles normalement développées, on apprécie facilement les limites de la glande. A gauche un gonflement d'aspect rond, Siègeant dans le quart inféro-interne du sein, à peu près au milieu d’un rayon de la mamelle mais s'étendant un peu plus vers le mamelon que vers l'extérieur. Au-dessus la peau est

mince, elle laisse percevoir une légère couche de glande qui

doit recouvrir la tumeur. Celle-ci est franchement arrondie, grosse comme un œuf de poule, elle affecte un peu la disposition, pyriforme à grosse extrémité externe. Consistance solide, élastique. C'était l'aspect d'un adénofibrome bien séparé de la glande ; ce diagnostic fut du reste adopté. Opération. — Après incision superficielle, la tumeur ouverte laisse écouler une grande quantité de liquide limpide ; sa cavité est bien celle d’un kyste hydatique. On en

fait l’ablation totale, Les parois du sac sont molles, elles

peuvent facilement s'appliquer l’une contre l’autre, ce qui permet l'effacement presque total de la cavité. Tamponne: ment à la gaze iodoformée des parties qui ne peuvent s’ac: coler. Suture des bords du kyste à la peau, pas de drain, suites bonnes, 30 juin, ablation des sutures, le 20 juillet la guérison est complète.

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Observation 28 Brindel

(Journal de médecine de Bordeaux, 25 février 1894),

Une femme, originaire du département des Landes, entrée à l'hôpital Saint-André de Bordeaux, dans le service de M. Dubourg, présente au hiveau du sein droit, au-dessous et en dedans du mamelon, une tumeur grosse comme une mandarine, non adhérente à la peau et aux parties profondes, ell: est dure et bosselée. Pas d’adénopathie axillaire. Le début de l'affection date de 4 ans ; il y a deux ans, à la suite d’une ponction qui avait donné issue à une certaine quantité de liquide clair comme de l’eau de roche, la tumeur, examinée à ce moment là par M. le professeur de Nabias, était franchement arrondie et fluctuante.

La ponction fut suivie d’un affaissement de la tumeur, mais elle recouvrit rapidement et dépassa son volume antérieur.

Au cours de l’ablation de la tumeur. du liquide limpide s'était écoulé et avait confirmé le diagnostic de kyste. L’ouverture de la tumeur a montré l’existence de vésicules, filles libres dans la cavité. Le kyste était développé en plein tissu glandulaire. A l'examen histologique, on a retrouvé deux couches distinctes ; Funé est la paroi propre du kyste, lamelleuse, l’autre est une paroi conjonctive où deux parties

existent ; la plus externe est une couche conjonctive peu Sidéridis 4

dense qui limite la portion dela glande restée saine ; la plus interne est formée de tissu fibreux très dense et contient, outre des cellules disséminées, des éléments glandulaires dont la constitution est fortement altérée.

Le cas de Fischer, étudié par Recklingausen est identique ; il ne permet pas plus que celui-ci, d'affirmer si l’hydatide s’estprimitivement développée dans le tissu conjonctif ou dans les conduits glandulaires. Dans le cas actuel, seule la forme allongée de la tumeur serait en faveur de cette dernière opinion. \ :

M Delbet, dans le traité de chirurgie de Duplay et Reclus, donne comme signe certain pour différencier les kystes hydatiques du sein d'avec les autres tumeurs bénignes, la forme arrondie et la régularité de la tumeur. Or, ici, une disposition contraire existait ; e’est un des points les plus intéressants à signaler.

Observation 29 Leleux

(Echo médical du nord, 25 avril 1897)

Me X..., 52 ans, pluripare, d'excellente santé générale, vient nous consulter au commencement de l’année pour une tumeur qu'elle porte au sein droit depuis vingt ans, qui ne l’a jamais gènée, mais qui depuis un an devient un peu dou: loureuse et augmente de volume. Elle n’a pas maigri, sa

RTS

santé est très bonne, il n°y à que de la douleur locale mais pas d’irradiations douloureuses.

A l’examen nous constatons que le sein droit est légèrement bosselé dans sa moitié inférieure : à ce niveau la peau quoique de coloration normale est un peu plissée, presque chagrinée.

A la palpation eten essayant de bien limiter les contours de la glande et le volume de la tumeur on constate :

1° Que la tumeur a le volume d’un gros œuf de poule ; qu'elle est indolore, lisse, non mamelonnée, de consistance élastique, presque résistante, qu’elle donne au doigt une vague sensation de fluctuation.

2° Qu'elle est en pleine glande avec laquelle elle fait corps et dont on ne peut la détacher, quoique superficielle.

La peau y adhère en un point ce qui explique son aspect un peu plissé.

Nous examinons l’aisselle, et après des recherches minutieuses nous finissons par sentir un petit ganglion caché sous le grand pectoral, douloureux à la pression. è

Nous interrogeons la malade ; la tumeur date de vingt ans ; elle avait au début le volume d’une noisette; elle n’a jamais été modifiée par les nombreuses grossesses de la malade. La malade ne s’est jamais contusionné le sein et ne peut par couséquent faire remonter à un traumatisme le début de Paccident.

La malade ne tousse pas et ne présente aucun antécédent héréditaire ou personnel.

Devant les signes données par l'interrogation et l'examen nous posons le diagnostic ; adénome kystique de la

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mamelie et nous proposons à la malade une intervention qui est acceptée. 2

Opération le 3 avril 1897 avec l’aide du D' Sœækeel. Narcose chloroformique précoce. Incision en tranche de melon classique pour l’ablation du sein, nous réservant plus tard de la prolonger du côté de l’aiselle de manière à en faire une raquette. ;

Avant de prendre le bistouri ñous recherchons de nouveau le ganglion que nous ne pouvons retrouver malgré les facilités que nous donne anesthésie pour déprimer la peau de la région et fouiller profondément. Le sein est enlevé largement,-sans incident, le bistouri rase de très près et entame même l'aponévrose du grand pectoral. Avant de faire l’ouverture de l’aiselle l’un de nous prend le sein enlevé : il constate que la tumeur est bien développée dans la glande, qu'elle est alors nettement fluctuante ; il incise la tumeur suivant son grand axe et il s'écoule aussitôt un liquide élair, limpide, tenant en suspension une quantité de corps de volume différents mais prenant dans le liquide, où ils flottent, l'aspect de grains de raisin blancs,

Il s'agissait sans nul doute d’un kyste hydatique et de vésicules filles. La paroi du kyste était épaisse, blanche, avec des places un peu opaques, granuleuses. Nous avons retrouvé des crochets dans le liquide.

L'examen anatomo-pathologique microscopique n’a pas été fait malheureusement ; il n’y avait pas cependant d’hésitation possible sur le diagnostic confirmé par l'état de la poche, le liquide, les vésicules spéciales et la présence de crochets,

Devant cette trouvaille cliniqué, l'examen de l’aisselle

n'avait plus la même importance. Nous ne trouvons pas de ganglions. Suture au crin de Florence, pansement aseptique, À l'heure actuelle la malade est tout à fait guérie,

Observation 30

(Résumé)

Goinard et Sergent

(Archives provinciales de chirurgie, novembre 1897)

25 ans, 3 enfants, 2 fausses couches.

Pendant l’allaittement du 3° enfant en 1894, elle constata dans le sein gauche une grosseur du volume d’une noisette : A l’occasion d’une nouvelle grossesse terminée, par une fausse couche la tumeur augmente.

Un an plus tard nouvelle grossesse, nouvelle fausse couche, nouvelle poussée de la tumeur. Depuis un an, elle s’est ouverte et il persiste des trajets fistuleux.

La malade présente un mauvais état général dû probablement à la tuberculose.

La tumeur est irrégulière, de consistance inégale, parait lobulée ; la rétraction du mamelon est accusée ; la peau est mobile ; fluctuation évidente à la partie supérieure de la tumeur. La tumeur est mobile mais entraine la glande mammaire. Il existe des ganglions axillaires. On pense à de la mastite chronique suppurée. Extirpation.

Il s’agit d’un kyste à prolifération exogène du volume

d'une orange, le liquide renferme de nombreux scolex, — au niveau du point ulcéré il existe des fongosités d'aspect tuberculeux..

Au voisinage du kyste, la glande mammaire à réagi; une partie présente de la dégénérescence graisseuse mais le reste paraît avoir une vitalité plutôt exagérée. Ce qui frappe surtout en effet c’est le graud nombre des conduits glandulaires. La coupe paraît provenir ‘d’une glande en pleine activité. Cette prolifération épithéliale est due sans doute à la présence du kyste ayant agi comme une épine et déterminé une irritation sur les éléments glandulaires situés à son contact.

Pas d'hypertrophie du tissu cellulaire dans les acini du voisinage, mais dans la paroi même de la tumeur enlevée il y à du tissu fibreux sans trace de glande avec de petits kystes hydatiques. Les vésicules filles sont à l'extérieur du gros kyste. Il s'agit donc d'un kyste hydatique exogène.

Il y à eu influence manifeste de la grossesse et de lallaittement sur le développement du kyste; à 2 grossesses successives il y à eu poussée nouvelle.

Le diagnostic n'avait pas été fait, car contrairement à l'avis de M. Delbet, la tumeur était irrégulière. On pensa à une mastite chronique car il s'agissait d’une tumeur qui, développée chez une jeune femme pendant la lactation, avait été influencée par 2 grossesses successives, était restée stationnaire pendant 2 ans 1/2, faisait partie de la glande et

avait suppuré en s’'accompagnant de ganglions axillaires.

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Observation 31 (Inédite)

Due à l’obligeance de M. 1e Professur Tédenat de Montpellier

Kyste hydatique unilocutatre du sein droit. Excision de la poche hystique, Réunion immédiate

Zoé N.…., 27 ans, bonne santé habituelle, bien réglée. Mariée depuis 3 ans, sans grossesse.

Il y a une dizaine de mois la malade s'aperçoit de l'existence dans la partie supéro-externe du sein droit d’une tumeur arrondie, mobile, indolore. Un médecin lui conseille l'application, qui est continuée pendant deux mois, d'une pommade à l’iodure de plomb. La tumeur grossit peu à peu. Indolore jusqu'à il y a un mois, elle devient alors le siège de tension pénible et son volume augmente rapidement.

3 mai 1891. — M. Tédenat trouve une tumeur arrondie, impossible à séparer dé la glande mammaire, dure, sans fluctuation nette, la peau reste lisse, bien que tendue elle n’adhère pas à la tumeur. Mamelon mobile, saillant, non rétracté. Pas de ganglions axillaires.

L'existence d’un kyste est affirmée à cause de [a rénitence, de la forme arrondie et lisse, d’une vague fluctuation.

5 mai. — L'excision de la poche est pratiquée. Elle se fait dans un tissu scléreux, peu vasculaire. Réunion immédiate. La poche contient 200 grammes de liquide gris clair et une dizaine de vésicules tendues non flétries,

La malade n'avait jamais eu d’urticaire ; le frémisse--

meut hydatique ne fut jamais perçu au cours des examens’.

attentifs faits par M, Tédenat,

Observation 32 (Inéditey *

Due à l’obligeance de M. le Professeur Tédenat ct recueillie par M. Spatharos.

Kuste hydatique de la mamelle a trois poches distinctes

Madame Jeanne R..., 35 ans, bien règlée, bonne santé générale, a nourri deux enfants. Jamais de mammite.

Il ya deux ans à la .suile d’une contusion légère la malade éprouve quelque pesanteur dans le , sein gauche. Un médecin consulté trouva quelques nodules qu'il attribua à de la congestion ; il conseilla l'iodure de potassium à l'intérieur et des bandages compressifs. Aucun résultat, M. Thédenat a été consulté le 10 juillet 1892. Au dire de la malade le sein augmente de volume rapidement depuis 3 ou quatre mois ; il est le siège de tension parfois d’élancements qui s’iradient le long des deuxièmes et troisième espaces intercostaux.

M. Tédenat note : Bosselures au nombre de trois fixées entre elles mais mobiles sur la peau et sur le muscle. Elles font corps avec la partie inféro-externe du sein ; lisses, fortement tendues, rénitentes. Le diagnostic porté est adénome peut Ctre en transformation kystique à cause de l’augmen-

bre

tation rapide de volume. Ganglion axillaire mobile, plutôt mou que dur, douloureux à la pression.

15 juillet: — Incision sur la tumeur qui à en èut le volume d'une mandarine. Un flot de liquide clair s'échappe avec trois grosses vésicules flasques. La cavité du volume d’une noix est limitée par une coque fibroïdeépaissie qui est râclée et en partie excisée. Les deux autres loyyes Chacune distincte et limitée par un tissu scléreux diffus sont incisées le liquide est clair et contient plusieurs vésicules. Excision partielle de la paroi kystique. Réunion de l'incision cuta- née en réservant la place d’un mince drain dans chaque poche.

18 juillet. — Les drains sont enlevés, pas de fièvre, pas d'inflammation du foyer opératoire.

23 juille:. — Réunion dela ligne de suture. Guérison parfaite le 29 juillet.

Dans ces deux cas les kystes étaient inclus dans le tissu mammaire et sans aucun rapport avec le muscle grand pectoral.

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Observation 33 (Inédite)

Due à l’obligeance de M. le D' Junior-Vitrac, chef de clinique chirurgicale de la Faculté de Bordeaux. (Soc. Obst, de Gynécologie de Bordeaux 1897.) :

Recueillie dans le service de M. le Professeur Lannelongue.

Marie L..., 21 ans, entrée à l'hôpital St-André, de Bordeaux,salle 8,lit 23. Service de M. le Professeur Lannelongue pour une tumeur du sein gauche.

Cette femme habite St-J ulien,dans les Landes ; elle n’a pas habituellement de chiens auprès d’elle. Aucun antécédent héréditaire ou personnel digne d'intérêt.

Premières règles à 15 ans, puis à 18 ans accouchement normal d’une petite fille.

La malade à allaité son enfant durant deux ans. Durant cette période, elle n’a constaté rien d'anormal du côté des seins.

Au mois de Décembre 1895, Marie L..., remarque par hasard la présence d’une masse indurée dans son sein gauche à la partie supéro-interne et à 3 cent. environ du mamelon : cette tumeur était arrondie, de la grosseur d’une noisette, mobile et absolument indolore. Elle grossit peu en s’étendant surtout vers la partie supérieure de la mamelle. Au bout de trois mois, elle était grosse comme une noix, au

bout de cinq mois comme une mandarine. Elle commença alors à se bilober et la malade ressentit des douleurs sourdes à la pression.

Le développement de la tumeur continua à se faire ainsi d'une façon lente jusqu’à ce jour.

Sur les conseils de son médecin la malade entra à l’hôpital.

L'état général est bon, la menstruation est normale et régulière. A la vue l’on constate que le sein gauche fait une saillie plus élevée que le sein droit, la coloration de la peau est normale. |

Le mamelon est semblable à celui du côté opposé. Il existe deux bosselures arrondies dont l’une se trouve à la partie supérieure du sein,sur une ligne verticale passant par le mamelon et dont l’autre se trouve à la partie interne sur une ligne horizontale passant par le même point. Entre les deux saillies, légère dépression. A la palpation où reconnait une masse indurée bilobée. Cette tumeur présente à sa surface de petites bosselures qui ont une consistance élastique. Elle n’a pas d’adhérences avec les parties profondes, elle se déplace, pivote sur elle-même, fuit entre les doigts comme le noyau dun fruit.

Elle n’a pas de connexions très intimes avec la glande mammaire que l’on peut séparément mobiliser, les tractions sur le mamelon n'entrainent pas la tumeur ; elle parait encapsulée.

La peau est libre à sa surface et glisse facilement sur elle. Le mamelon est libre ; quand on le présse entre les doigts on ne voit sortir aucun liquide.

La tumeur a une consistance résistante dans son ensem-

ble ; mais dans chaque lobe les extrémités sont plus molles et nettement fluctuantes.

Pas de ganglions de l’aisselle.La pression ne cause pas

de douleur. -

Cette tumeur est constituée par deux lobes de la grosseur d’un œuf de poule environ, qui sont réunis par une portion rétrécie.

Ils répondent aux saillies que l’on remarque à la surface de la peau. Le lobe inférieur est un peu plus gros que le supérieur, tous les deux ont une surface convexe présentant de petites bosselures.

Dans son ensemble la tumeur à la forme d’un 8 dont le grand axe serait dirigé obliquement de bas en haut, et de dehors en dedans et vient passer à 1 cent. au dessus du bord inférieur du grand pectoral au niveau du creux axillaire. Le plus grand diamètre mesure 9 cent. à peu près (horizontal) ; le diamètre vertical maximum est de 6 centimètres, 4 cent. 1/2 seulement au niveau de la partie rétrécie.

Le diagnostic fut adénofibrome kystique, la partie centrale étranglée répondant aux éléments propres de la tumeur suppurée, et les deux bosselures répondant aux cavités kystiques.

Comme Marie L..., habitait les Landes, région qui fournit presque tous les kystes hydatiques observésà Bordeaux, l'idée de la possibilité d’une pareille affection pouvait naître, en raison du développement excessif des parties kystiques de la tumeur. Toutefois ce diagnostic ne fut pas nettement formulé :

Opération. — Le 24 mars 1897, aprèsincision, M. Lanelongue, arrive sur la tumeur, Une membrane mince, trans-

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