ESSAI DE PATHOGÉNIE
« La nature presque exclusivement secondaire des kystes hydatiques du ligament large ne fait plus de doute pour nous, bien que dans la thèse de LEMONNIER, consacrée à leur étude, la greffe ne soit même pas mentionnée dans la pathogénie de ces kystes », lisonsnous à la page 108 de la thèse que DEvE consacra à l'étude de « l’échinococcose secondaire ».
Dans la « Revue de Chirurgie » de janvier 1924, c’està-dire 23 ans après la soutenance de sa thèse, DEVE nous apprend que sa manière de voir est restée la même, puisqu'il écrit que « la notion pathogénique qui domine toute la question de l’échinococcose pelvienne est celle de la nature presque exclusivement secondaire des kystes hydatiques du bassin. »
Et tout récemment, dans une lettre qu’il avait bien voulu nous adresser, M. le Professeur DEVE insistait encore sur le fait qu’il ne fallait presque jamais considérer comme primitif un kyste hydatique du ligament large.
On remarquera que DEvE n’a affirmé, en aucun cas, la nature exclusivement secondaire de l'affection. Il a fait, au contraire, chaque fois précéder son assertion du mot « presque toujours » et, ce faisant, il nous a laissé la faculté de reprendre la discussion pour montrer qu’il existe, peut-être, des cas où la nature primitive de la tumeur hydatique doit être envisagée.
Dans une première partie, nous allons, confirmant l'opinion de DEvE, montrer que très souvent le kyste hydatique intraligamentaire reconnaît pour origine une tumeur de même nature, à siège intrapéritonéal, hépatique le plus souvent. Nous essaierons de faire admettre, dans une deuxième partie, qu’il n’est pas chimérique de considérer comme possible la localisation primitive d’un kyste hydatique entre les deux feuillets d’un ligament large.