‹ Kystes hydatiques des ligaments largesChapitre 70 sur 72 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Les 80 cas de kystes hydatiques des ligaments ferees que nous avons réunis dans cette thèse montrent qu’on ne doit pas considérer la localisation intraligamentaire des kystes hydatiques comme un fait rarissime ou une curiosité clinique. |

2° L’hydatide vient coloniser, indifféremment, dans l’un ou l’autre des ligaments larges, ou même, quelquefois, dans les deux à la fois.

3° L'âge moyen de la femme où celle-ci a le plus de chance de contracter la maladie est compris entre 20 et 40 ans.

4° Affection essentiellement universelle, il n’est pas étonnant qu’on ait trouvé des kystes hydatiques des ligaments larges sous toutes les latitudes. Il est, cependant, des pays d’élection pour le développement de cette variété d’échinococcose: ce sont l’Islande, l’Australie, l'Argentine, le Mecklembourg, la Poméranie et la Dalmatie.

5° On ne doit pas nier l’existence de kystes hydatiques intraligamentaires primitifs.

Si la localisation des kystes hydatiques au niveau des ligaments larges ressortit, dans la règle, à l’échinococcose secondaire du péritoine, il est des cas où la nature primitive de l'affection ne doit pas être contestée.

6° Le nombre, la forme, le volume, la structure, le contenu et l’accroissement de cette variété de kystes n'ont rien de caractéristique.

Les transpositions de l’uretère, l’ascension de la vessie, les rapports avec l'intestin, les déplacements utérins et les connexions avec les pédicules vasculaires sont autant de points importants que l'opérateur doit bien connaître avant d'intervenir.

7° Les symptômes des kystes hydatiques des ligaments larges sont ceux de toutes les tumeurs liquides intraligamentaires.

TN

8° Les complications les plus à redouter sont la rupture, la suppuration, la fistulisation dans un organe voisin et les dangers de la compression, surtout urétérale.

9° Les kystes hydatiques des ligaments larges gênent fort peu la fécondation.

Ils n'empêchent pas la grossesse d’évoluer jusqu’au terme. Leur influence sur les suites de couches n’est pas démontrée. Les opérations d’ordre gynécologique et obstétrical n’entravent pas toujours le cours de la grossesse qui peut évoluer jusqu’au terme et se terminer par un accouchement normal.

Pendant le travail, le kyste peut être comprimé par la présentation et risque de se rompre.

10° Le diagnostic, sinon de localisation, du moins de nature, n’a Jamais encore été fait.

Cela ne veut pas dire que, dans un avenir prochain, la notion de fréquence aidant, le clinicien n’arrive, enfin, à poser un diagnostic exact de siège et de nature.

Le caractère négatif des réactions de laboratoire, et en particulier l’absence d’éosinophilie, ne doivent pas suffire à infirmer l'hypothèse d’un kyste hydatique du ligament large.

Un excellent signe en faveur d’une telle étiologie serait la perception de plusieurs tumeurs à siège intrapéritonéal et surtout hépatique.

11° Le pronostic de l’affection doit être réservé. Il s’améliore lorsqu'on est en présence d’un kyste hydatique primitif. Il s'aggrave lorsqu'il s’agit d’un kyste secondaire, car il faut craindre, alors, les récidives.

12° Le kyste ne tend jamais à disparaitre spontanément. Il s'accroît de jour en jour et manifeste, tôt ou tard, sa présence par une complication.

13° Le traitement des kystes hydatiques des ligaments larges est exclusivement chirurgical.

La ponction pure et simple du kyste est à proscrire rigoureusement.

En cas de kyste non suppuré, on accèdera sur la tumeur par une laparotomie médiane sous-ombilicale, c’est-à-dire qu’on utilisera la voie transpéritonéale.

- La réduction de la poche sans drainage et après formolage constitue, à l'heure actuelle, l'opération de choix. La décortication est à déconseiller; elle expose à de gros dangers; elle fait courir le risque, à l’opérateur, de sectionner un uretère ou de faire une entérectomie involontaire.

L’hystérectomie préliminaire ou complémentaire constitue un temps opératoire très utile pour l’ablation de kystes volumineux et adhérents.

En cas de kyste hydatique suppuré, le drainage de la poche, par voie extrapéritonéale, est à conseiller.

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