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On constate dans le Inigment nécrosé une exagération du lissù aréolaire surtout au niveau des bords; anfraçtuosités dans lesqucllos on trouve encore une •vésicule hydatide.
Pansement à l'alcool. : . .
Actuellement, 28 février, l'état de la malade est excellent ; la plaie commence à se cicatriser, le trajet fiïtuleux du bras a disparu. '
Cette observation présente un cas bien remarquable de kyste hydatique développé dans un os plat à la suite d'une contusion.
Obs. XXVI. (Demarquay.) Bull. Soc. chirurg.., 2° série, 1869-, • p. II. — M.T... fut admis le 4 juillet 1868 h la maison de Santé pour Line affection du bras droit, qui fut prise d'abord pour une nécrose de l'humérus, mais que l'on reconnut ensuite être la conséquence du développement d'hydatides dans la cavité médullaire de cet os.
Pas d'antécédents pathologiques. Constitution vigoureuse. Il exerce la profession de garde-chasse. Il y a six , ans (mars 1862), comme il chargeait son fusil, qu'il n'avait pas désarmé, il reçoit, dans le bras droit toute la ch'irge (plomb n" 3), qui pénétra h la partie moyenne sur le côté postéro-in.terne. Extraction à peu près immédiate des corps étrangers, cicatrisation delà plaie en quinze jours. Au bout d'un mois le malade peut chasser comme auparavant. Plus tard, en 1866^ douleurs vagues et sourdes dans le bras. • •'
En février 1867. après quelques jours de souffrances plus vives, se forme un abcès qui .fut ouvert par un médecin et dont la cicatrisation fut assez lente. Li-s douleurs persistaient sans être très vives et le bras avait perdu de sa force. Au mois d'avril, étant occupé à bêcher, M. T.. . ressentit dans le bras droit une douleur vive subite 'et une sorte de craquement
Dès lors, impotence complète du bras qui était devenu douloureux, à ce point qu'il fut assez longtemps sans pouvoir manger de la main droite. Au commencement de cette année, en lévrier, puis en mars, de nombreux abcès se formèrent, -les uns en avant, vers la partie moyenne du bras, les autres en arrière-, et donnèrent naissance à des orifices flstulcux. .
A la fin d'avril, le malade, dont le bras était très notublemcn t
tuméfié et très douloureux, alla consulter M. Ricord qui l'envoya à M. Demarquay.
Sous l'influence du repos et des cataplasmes le gonflement diminua : il ne resta plus que deux orifices fistuleux. Un nouvel abcès apparut au mois de juin à la région postérieure du coude. Le malade entre à la maison de santé et on constate l'état suivant :
Tuméfaction générale depuis le moignon du bras jusqu'audessous du coude. En avant, à l'union du tiers supérieur avec le tiers moyen, existent deux oiifices par lesquels s'écoulent du pus : l'un admettant l'extrémité du petit doigt, l'autre situé à 3 centimètres plus bas et beaucoup plus petit. Un siylet introduit dans l'orifice supérieur pénètre facilement jusqu'à une profondeur de 4 à 5 centimètres et se trouve alors arrêté par un obstacle qui donne la sensation d'un os rugueux et dénudé. Par l'orifice inférieur on arrive aussi sur une partie que l'on peut prendre pour un séquestre.
, Le pus fourni par ces orifices fistuleux ne présente pas de caractères particuliers, est assez abondant, mais il a quelquefois renfermé de petits séquestres du volume d'un gros pois. Le malade montre trois de ces séquestres qu'il a conservés : ils paraissent constitués par une masse de tissu osseux très fragile, offrant une certaine analogie avec le tissu spongieux. Au niveau du coude existe un petit pertuis rouge qui a succédé à l'abcès; les mouvements du bras sont très peu étendus. Outre la douleur spontané»', qui n'est pas très vive, il existe une douleur dans les mouvements de l'épaule et du coude et, de plus, les mouvements du coude sont eux-mômes très limités, soit par le fait du gonflement périarticulaire, soit par suite d'un certain degré d'arttirite : le bras est encore très faible, bien que l'impotence fonctionnelle soit un peu moindre qu'antérieurement. Amélioration de l'état général depuis deux mois.
Résumons en quelcjues mots l'histoire de la maladie : coup de feu dans la région du bras il y a six ans, pas d'accidents immédiats. Quatre ans après, douleurs, puis abcès, soupçons de fracture, le tout terminé par des fistules donnant issue à du pus et de petits fragments osseux. Par l'exploration avec le stylet : sensation d'un 03 rugueux. Tout semble donc indiquer qu'il s'agit
de séquestres invaginés, probablement adliérenls en partie; il faut les enlever. L'opération est faite le 10 juillet. Incision réunissant les deux orifices fistuleux et allant jusqu'à l'os. Dissection des deux lèvres de la plaie. On voit alors nettement les deux cloaques sur la face antérieure de l'humérus. L'index pénètre assez bien parTorifice supérieur jusque dans le canal médullaire sans rencontrer de séquestres. La portion de l'os intermédiaire aux deux orifices est alors enlevée avec la gouge et la pince de Liston. On prolonge en haut et en bas cette ouverture de façon à lui donner une longueur de 8 à 10 centimètres. Introduisant alors le doigt dans le canal médullaire, M. Demarquay constate d'abord qu'il est assez notablement élargi, mais il n'y trouve pas trace de séquestres : il retire seulement une matière pulpeuse, grisâtre qui est qunliliée de pus concret et qui est mise dans une compresse mouillée pour être examinée au microscope. La cavité médullaire, complètement débarrassée de produits étrangers, est encore explorée, soit avec le doigt, soit avec le stylet. On remarque alors qu'elle est agrandie longiludinalement : le stylet pénètre en effet jusqu'à 1 centimètre 1/2 ou 2 de la clavicule et en bas jusqu'au voisinage de l'interligne du coude, dans les deux sens, mais surtout en haut, on peut lui imprimer des mouvements de latéralité assez étendus, circonstance qui dénote un agrandissement très notable de la cavité médullaire. Vers le milieu de la face postérieure de l'humérus existe, dans une étendue comparable à celle d'une pièce de un franc, un amincissement de l'os, tel que la pression du doigt sur cette lamelle est perceptible à travers les parties molles du bras. M. Demarquay rugine la paroi avec divers instruments ; elle est ensuite bourrée de charpie et la plaie extérieure pansée avec un linge glycériné:
Lorsqu'on déploya la compresse dans laquelle était conservée la matière pulpeuse, qualifiée de pus concret, on trouva des membranes un peu molles, bien que résistantes et tenaces, translucides, opalescentes, ressemblant absolument aux membranes d'hydatides. On trouva des crochets isolés dans quelques-unes de ces vésicules. C'était plus qu'il n'en fallait pour ôtro édifié sur leur nature. Restaient les fragments osseux enlevés pendant l'opération. Sur deux d'entre eux on trouvait adhérente à la face interne ou médullaire une membrane hydatique. Tous
Cl'Sr fragments cUijcnt rcccuverLs d'une couche épaisse de 2 à 3 millimètres, {wésentant h l'œil nu et au microscope les caractères de la moelle fibreuse. Celte moelle se détachait facilement de l'os qui, au-dessous d'elle, était rugueux et inégal : ce qui explique la'sensation Iburnie parle stylet. Le périoste était également épaissi. Quant à l'os lui-même il présentait par places des ■traînées de substance osseuse de nouvelle formation. Ainsi donc la suppuration étalât entretenue par le développement d'hydatides et -non par des séquestres. Le malade, interrogé h ce point de vue, repond alors qu'à chacun des abcès qui se sont ouverts, il est sorti en même temps que le pus de petites boules du volume d'un pois, en moyenne, quelquefois blanches ou noires; ressemblant à de la colle. Le médecin les aurait reconnues; mais, n'étant point interrogé spécialement sur ce sujet, le malade n'en avait point parlé. Il était donc difOcilc, en raison des symptômes observés, en raison de la rareté des hydatides des os, d'éviter l'erreur commise.
. Les suites de l'opération furent assez simples. Suppuration abondante au début. Pansement au permanganate de potasse. Le 28 juillet, érysipèle qui disparaît au bout de huit jours. La cavité médullaire diminue progressivement, et le malade partie 28aoû!, conservant un trajet fistuleux dans l'humérus, trajet trop étroit pour admettre le doigt à l'orifice, mais encore très •profond. Les mouvements sont en grande partie revenus et l'avant-bras a une certaine force. Le 11 septembre, la cavité a encore diminué de capacité et le bras est à peu près complètement revenu à son état normal. Deux fois déjà, ajoute M. Demarquay, il m'est arrivé de commettre des erreurs semblables. Une fuis je crus à un abcès froid et je rencontrai dus hydatides; dans le second cas, il s'agissait d'une tumeur analogue que j'avais crue être un lipome du bras.
ÔBS. XXYII (A. Goopcr). Œuvres chirurgicales, Ivoiù. franç., 1835, p. 595. — « Il existe encore dans là môme collection (l:ôpital Saint-Thomas) un autre humérus, dont le tissu compacte a subi une expansion considérable. Le périoste y est épaissi, et à la place du tissu spongieux existent plusieurs kystes hydati-
ques qui ont déterminé le gonflement de l'os, aussi bien que l'accroissement de ses cavités intérieures, n
Obs. XXYIIT (Dupuytren). Journal unit), et heddom. de méd, et de chirurg., 1832, t. IX, p. 446; id., 1833, t. XII, p. 97. — R..., 23 ans, cultivateur; fracture ancienne de l'humérus droit, à l'union du tiers moyen avec le tiers supérieur : pas de consolidation. Il résulte des renseignements fournis par le malade que celte fracture.s'est produite sous l'influence d'une violente contraction musculaire. Il est certain qu'il n'y a jamais eu de choc direct.
On constate nettement une pseudarthrose ; mobilité très grande entre les fragments, mais pas de crépitation. Un bandage inamovible appliqué pendant quatre mois est resté inefficace. Dupuytren se décida à faire la résection. Le fragment supérieur amené facilement à travers la plaie fut réséqué sur une longueur de quelques lignes. Lorsque l'on voulut pratiquer la même opération sur le fragment inférieur, on fut fort étonné de trouver sur l'extrémité de ce fragment une cavité d'un volume double et même triple de la cavité médullaire ordinaire, cavité qui contenait beaucoup d'adipocire et une incroyable quantité d'hydatides nombreuses vésiculaires, blanches, de volumes dilîérents, les unes très petites, d'autres grosses comme une noisette, une seule avait un volume intermédiaire. On fit l'extraction de toutes celles qui étaient à portée.
On ne Qt aucune résection à ce fragment et le malade fut placé danô l'appareil des fractures compliquées de plaies. Le lendemain et les jours suivants beaucoup d'hydatides sortirent encore par la plaie. Le 22 avril, deux corps membraneux blanchâtres, épais, cylindriques, du volume de la cavilé médullaire, se présentèrent entre les lèvres de la plaie et furent extraits sans diffi- ■cullés et sans douleurs. C'étaient probablement les débris du sac qui contenait les hydalides. Suppuration abondante, diarrhée, perte des forces, mort six semaines après l'opération.
A l'autopsie on trouva toute la cavité médullaire de l'humérus dilatée, remplie de pus. Cette vaste cavilé médullaire se prolongeait d'une part jusque dans la tête de l'humérus et, de l'autre, jusqu'à l'extrémité inlerieurede cet os. Celle-ci était fort dilatée,
trùs amincie; loulc Irace de la moelle el de lu membrane médullaire avait disparu, et tout le corps de l'os aminci était, dans plusieurs points de sa longueur, percé d'ouvertures, dont quelques-unes étaient assez larges pour admettre l'extrémité du petit doigt. Plusieurs hydalides existaient dans l'épaisseur des muscles du bras et l'extrémité supérieure des deux os de l'avant-bras étaient atteints d'un commencement de ramollissement.
Obs. XXIX (Dickenson-Grompton). Lond. med. Gaz. New. Ser., XI, 1850, p. 830. — Femme de 27 ans. Fracture de l'humérus déterminée par une chute dans un escalier; comme il n'y avait pus encore de consolidation six mois plus tard, malgré les moyens employés, on passa un séton dans le foyer de la fracture. Une suppuration abondante obligea à l'enlever six jours plus tard. Bandage inamovible fenétré. Peu de temps après, ia près* sion sur le bras tuméfié et douloureux, fit sortir du pud et une cuillerée à thé d'hydatides; à chiique pansement il y en avait de six à douze variant du volume d'un grain de plomb à celui d'une petite noix; cela dura trois mois environ, en même temps qu'il existait une suppuration abondante. La consolidation se fit alors, bien que six mois plus tard il y eut de nouveau un peu de suppuration et d'exfoliation osseuse.
Obs. XXX (E. Ktlster). Berliner kUnische Wochenschrift, p. 145, n" 12, 1870. — En août 1869, Franz K..., 22 ans, robuste, des environs de Landsberg, entra h l'hôpital Béthanie.
Bonne santé habituelle. Fracture de l'humérus à 12 ans, rapidement consolidée : il souffrait néanmoins de temps à autre.
Neuf semaines avant son entrée à Béthanie, il fut renversé par un bœuf furieux qu'il tenait à l'attache, et son humérus droit fut fracturé pour la deuxième fois. Un bandage plâtré lui fut fait. Après quatre semaines, la consolidation n'étanf pas établie, on fit un deuxième bandage qui ne donna pas de meilleur résultat que le premier, et le malade vint à Berlin. A son arrivée, on constata une pseudarthrose Irès mobile avec diasl&se des fragments; épaississement de l'os au niveau de la première fracture. Pas d'autre difibrmité appréciable. On cherche à rapprocher le plus possible les fragments l'un de l'autre, et on applique un
fort bandage, qui maintenait aussi l'articulation scapulo-huméralc. Les nuits qui suivirent, le malade eut des douleurs très violentes dans le bras. A part cela, il ne se trouvait point mal. Cinq semaines après, le bandage l'ut enlevé et la pseudarthrose n'avait subi aucune amélioration.
Le 25 octobre. M. Wilms proposa d'enfoncer des griffes dans l'os. On fit une incision pour libérer le fragment inférieur, et l'on plaça le vilbrequin qui bientôt pénétra dans l'os. Un flot de liquide séro-purulent s'échappa.
On vit donc qu'il s'agissait d'un abcès de l'os.
Le 29 octobre, élévation de la température avec gonflement du membre malade.
Le 1" novembre, je fus dans la nécessité de pratiquer deux incisions latérales pour donner issue au pus formé. Avec le pus s'échappèrent quelques membranes blanchâtres que je reconnus être des membranes d'échinocoques. C'est alors seulement que le diagnostic fut. précis.
Je mis un drain.de caoutchouc pour faciliter l'écoulement des liquides. A chaque pansement , de nouvelles cuticules de vésicules s'échappaient. J'en ai rassemblé soixante-quinze, et il s'en est certainement perdu un grand nombre. Ces vésicules variaient de la grosseur d'un grain de chènevis à celle d'un œuf d'oie.
Il s'écoula de ces vésicules, pendant quatre semaines, jusqu'au 30 novembre ; depuis je n'en ai plus remarqué. La suppuration diminua aussi à cette époque. Les drains étaient déjà enlevés. Nous pensions établir un meilleur pronostic, quand notre malade, le 7 décembre, prit un érysipèle. Le 16 décembre, une nouvelle ouverture fut utile; nouveau drainage, et les accidents s'amendèrent un peu de nouveau.
Le 31 décembre, nouvelle élévation de température et inflammation de l'articulation du coude ; des frissons survinrent, des sueurs, nous indiquant une intoxication profonde. Il fallut nous résoudre à une désarticulation de l'épaule.
Le 3 janvier, nous fimes l'opération avec M. Wilms. L'articulation de l'épaule était aussi pleine de pus. Peu de sang fut perdu. La plaie fut suturée.
Il y eut de la diphtérie de la plaie. La plaie fut cependant dé- Gangolphe. 11
tergée, mais il advint une hémorrhagie par l'axillaire qui fut arrêtée par la ligature de l'artère dans la plaie. La guérison, à partir de ce moment, ne fut plus troublée. Actuellement, le malade est en convalescence et se lève.
Voici les résultats fournis par l'examen du membre :
Infiltration purulente du tissu cellulaire inter-musculaire. Le cartilage articulaire de la tête de l'humérus a un aspect trouble. Au coude, le cartilage a disparu. Autour de la pseudarlhrose était une cavité purulente dans laquelle nageaient des vésicules d'échinocoques libres, de la grosseur de noyaux de cerises ou de noisettes. D'autres vésicules plus petits, variant du volume d'une tête d'épingle à celui d'un pois, au nombre de vingt environ, se répandaient dans les muscles voisins.
Ces vésicules étaient entourées par du tissu cellulaire épaissi sous forme d'enveloppe. Elles ne lui adhéraient nullement sauf par une sorte de prolongement. Leur aspect rappelait absolument celui des grains de ladrerie ; mais l'examen histologique me montra que la disposition lamellaire concentrique existait manifestement aussi sur le prolongement vésiculaire.
Quand l'os fut séparé des muscles, il fut scié dans sa longueur. A la partie supérieure oîi il était perforé, l'os était tellement aminci que la scie le brisa. La substance compacte n'avait été diminuée notablement en aucun point; mais elle paraissait épaissie en deux endroits, notamment au point de la pseudarthrose et au point oîi avait eu lieu l'ancienne fracture. Toute la cavité médullaire avait disparu et était transformée en une caverne qui commençait en bas à la pseudarthrose et se terminait en haut à 7 cent, du cartilage articulaire. Cette cavité était tapissée d'une membrane jaunâtre, lisse, avec quelques aspérités rares. Le microscope démontra qu'il ne fallait pas la considérer comme une vésicule mère, mais bien comme de nature purement conjonctive.
En haut, la substance' spongieuse était infiltrée de pus; mais la ligne épiphysaire, encore assez visible, avait opposé une barrière assez solide au processus inflammatoire.
Au-dessus de la ligne épiphysaire, le tissus était normal, et ce n'est qu'en un point, du côté interne, que l'inflammation avait
dépassé celte ligne et avait atteint le cartilage articulaire. Il n'y avait plus de vésicules dans cette cavité.
Il est un l'ait qui peut venir à l'appui de l'origine exogéniquc des vésicules, c'est que sur une vésicule assez volumineuse, on peut voir des saillies sous l'orme de mamelons, grosses comme des grains de millet, existant h la fois sur les faces interne et externe de la vésicule. Ce sont là des capsules proligères (Brutkapseln), elles présentent des saillies qui ne peuvent être considérées que comme des. têles de tœnia. Les crochets, tombés en majeure partie, se voyaient sous le champs du microscope, une seule tête possédait une couronne de crochets complète. Je conteste l'existence d'une vésicule mère commune, car parmi les hydatides éliminées aucune n'était assez volamineuse pour remplir complètement la cavité. Il y a là une prolifération exogénique considérée comme douteuse par Leuckhart. Ce qui vient appuyer cette idée, c'est qu'il est impossible d'expliquer autrement la présence des vésicules dans le tissu musculaire voisin. On ne peut faire à ce sujet que trois suppositions :
1° Simultanéité du développement d'embryon dans les os et les muscles. Mais l'épaisseur minuscule de l'enveloppe adventice des vésicules parle contre cette hypothèse.
2° Il y a eu développement ultérieur d'un nouveau foyer d'échinocoques, distinct du premier. Mais le malade a vécu de longs mois dans des conditions de milieu (ot par suite d'infection), toutes différentes des premières. De plus, les vésicules sont exclusivement en rapport avec le foyer de la fracture.
3° On peut enfin supposer qu'une vésicule est parvenue dans les muscles après la fracture et a produit les autres par exogénèse. Il n'y avait pas de vésicule mère, on ne peut dire qu'elle s'est rompue après la fracture pour mettre les vésicules filles en liberté.
Pour tous ces motifs, je conclus qu'il s'agissait là d'un échinocoque sans vésicule mère commune, mais avec une prolifération abondante, h la fois interne et externe.
Ob3. XXXI. (L. Labbé). Vidal, i/i. cit., p. 31 ; Davaine, Traité p. B78. — E. Régu, ûgé de 30 ans. Il y a dix ans, il a commencé à éprouver de la gêne dans les mouvemenis du bras droit; le
membre devint plus faible, maigrit. En 1868, fracture par efîort musculaire au niveau du tiers supérieur de l'humérus. Pas de consolidation : bandage inamovible gardé pendant quinze mois.
Admis au commencement de 1870, dans le service de M. L. Labbé, on noie l'état suivant :
L'hunérus présente une pseudarthrose à l'union des trois cinquièmes inférieurs et des deux cinquièmes supérieurs; tumeur du volume d'une amande à ce niveau; tumélaction irrégulière de consistance cartilagineuse, à la liauteur de l'insertion du grand pectoral.
M. L. Labbé pratique la résection des fragments au moyen d'une incision faite sur la face externe du bras. Le trait de fracture était oblique, les os étaient très altérés, issue d'un liquide grumeleux. On lit la suture osseuse. En examinant quelques parties osseuses enlevées, on y découvrit des hydalJdes. Les jours suivants, il sortit des vésicules mêlées au pus. Le malade traversa des accidents graves (abcès multiples et répétés). En mars 1871 consolidation de la fracture. Persistance de fistules. En février 1873, il y avait encore une fistule qui donna issue à une vésicule..
Il sortit de l'hôpital en assez bon état : plus de fistules, mobilité scapulo-humérale limitée.
Obs. XXXII. (Vidal). Considérations sur les kystes hydatiques des os. Th. 1877. — 11 est une affection rare atteignant le système osseux, qui nous paraît avoir été peu étudiée jusqu'à ce jour et qu'il importe cependant au chirurgien de connaître, les hydatides des os. Notre attention fut appelée sur ce sujet par un fait que nous avons pu observer pendant notre internat à Ville- Evrard. Il s'agissait, dans ce cas, d'une tumeur hydalique développée dans l'humérus gauche et que nous avons découverte en pratiquant l'aulopsie d'un homme mort d'une affection cérébrale après un très court séjour dans l'asile. Nous n'avons aucun renseignement sur le mode d'apparition de cette tumeur, sur les signes par lesquelles elle aurait pu s'accuser pendant la vie; c'était un fait d'anatomie pathologique pure. La tumeur hydatique était en voie de formation, peu volumineuse ; les parois du kyste
osseux assez dures et résistantes. A première vue, nous avons pensé que nous avions affaire à un cal provenant d'une ancienne fracture; mais un examen plus attentif de la pièce anatomique et le microscope ont confirmé au D"^ Drouet, chef de service et à moi qu'il s'agissait bien au contraire d'un kyste hydatique.
Le kyste hydatique siégait à la partie moyenne de l'humérus, il était limité par une poche du volume d'une amande, logée surtout dans la partie externe de la région indiquée et séparant la tumeur du reste de la cavité médullaire... Le kyste que nous avons eu sous les yeux avait des parois osseuses, amincies, assez résistantes, qui, si le malade avait vécu plus longtemps, auraient pu se rompre, et la tumeur s'ouvrir, comme cela s'est vu souvent. Malgré les renseignements demandés par nous à la famille du malade, nous n'avons pu déterminer la cause de la tumeur que nous avons découverte à l'autopsie.
Obs. XXXIII. (Uchlovsky). Med. Shornic, Tiflis 1884., n» 37. 145-153. — Fait rare d'échinocoque développé dans la cavilé médullaire de l'humérus.
Obs. XXXIV. (Lesser.) BeHiner klinisch Wochenschr^ 1883, p. 824. — Kyste hydatique multiloculaire de l'humérus. Cette pièce présentée par Virchow à la Société de médecine de Berlin, avait été recueillie en 1881, par M. Lesser, sur un maniaque âgé de quatre-vingts ans. La lésion dala't au moins de quarantecinq ans.
Obs. XXXV. (Merker.) Madelung. Beiiràge mecJd.Arzt., 1885, p. 147. — M., 16 ans, tailleur. Vers la Pentecôte 1875, le malade ressent de vives douleurs dans le bras droit. Longtemps après il se forme une tumeur qui fut incisée par le D"" Witte. Il n'y avait pas de suppuration.
En décembre 1875, le malade fut admis à l'hôpital de Neubrandenbouri,^ Opération (!). La plaie guérit après que plusieurs ■ fragments osseux se furent éliminés spontanément. En 1876, pleurésie traitée par l'incision. Il n'y avait pas d'échinocoques dans la cavité pleurale. En 1878, douleurs vives au niveau de la cuisse droite qui était très tuméfiée; le gonflement diminue ainsi
que les douleurs sous l'influence des cataplasmes. Vers la Noôl J878, de nouvelles douleurs survinrent. Incision. Lu novembre 1883, guérison de la plaie fémorale. Depuis lors, état général excellent. Diagnostic : Echinocoques dans l'tiumérus et le lëmur droits.
Obs. XXXVI. (Merker.) Mudelung. Beitvcige meckl. Arzt. zur EchinohranTili., 1885, p. 146. — f r. L. instituteur âgcde Irente ans. Au commencement de l'année 1869, douleurs vives dans répaule et le bras droits. Formation d'une tumeur, et plus tard suppuration. La fistule ne voulait pas se tarir, et par l'exploration avec le stylet on arrivait sur l'os. Admis à l'hôpital de Neubrandenbourg le 7 septembre 1869, on lui enleva un kyste • hydatique gros comme une tête d'enfant, situé dans l'humérus droit. Suites opératoires simples. Exeat le 23 octobre. De retour chez lui, le malade éprouva de nouvelles douleurs à la partie in férieure du bras, dans un muscle. Une petite incision donna issue à deux nouvelles vésicules. Depuis lors, très bonne santé. Le bras droit est aussi fort que celui du côté sain. (Les renseignements ont été fournis en grande partie par le malade luimôme.)
Obs. XXXVir. (Charvot.) Montpellier médical, 1850, p. 656. Voir Davaine, p. 578-9. — Homme âgé de quatre vingt-un an, entré à l'hôpital de Nîuies le 16 juillet 1850. Coup reçu à l'indicateur de la main gauche il y a deux ans; quatre mois après, douleurs vives, gonflement, tumeur d'abord dure, puis ramollie et acquérant le volume d'un œuf de poule ; douleurs intolérables, peau de couleur normale ; pas de douleurs à la pression ni de frémissement à la palpation; état général satisfaisant; amputation du doigt, guérison vingt et un jours après.
Examen de la tumeur : Kyste fibreux, lisse intérieurement et rappelant par son aspect une pseudoséreuse; parties molles environnantes contenant des aiguilles calcaires et des débris osseux. Liquide séreux avec des liyuatides qui contiennent de petites granulations (probablement des échinocoques). Première phalange, en partie boursouflée, transformée en un tissu stalactiforme hérissé de fines aiguilles; extrémité inférieqre détruite,
canal médullaire conservé dans la partie supérieure mais élargi; extrémité supérieure delà deuxième phalange légèrement érodée.
Obs. XXXVIII (Roussin). Bull. Soc. anat., 1851, t. XXVI, p. 134. — M. Roussin montre des liydatides du fémur. Cet os d'un volume ordinaire, offrait une cavité médullaire plus considérable qu'à l'état normal ; les cellules osseuses sont détruites, et on trouve seulement une large cavité s'étendant en bas jusqu'à l'épiphyse. L'amputation de la cuisse a été pratiquée à l'Hôtel- Dieu par M. Boyer ; la cavité morbide se prolongeait encore dans la portion de la diaphyse située au-dessus de la section. Les hydalides pourvues d'une poche mère remplissent toute la cavité ; vers la partie moyenne de l'os, les parois étaient tellement amincies que le fémur s'est fracturé pendant l'opération.
Ods. XXXIX (Duplay). Bull. Soc. de dur., 1885, t. XI, p. 105. — « Je désire citer un fait qui trouve sa place à côte de 'ceux de M. Verneuil relativement à l'influence des kystes hydatiques des os sur la production des fractures spontanées. Il s'agit d'une malade atteinte d'une solution de continuité du col du fémur, chez laquelle je diagnostiquai une fracture spontanée due à un ostéosarcome, et cela en raison de la tuméfaciion de l'os. Cette fracture se consolida, mais elle se reproduisit à diverses reprises dans l'espace de deux à trois ans. L'état général de la malade n'étant pas trop mauvais, je finis par désarticuler la cuisse et je constatai que son fémur avait été envahi dans la totalité par des kystes hydatiques. »
Obs. XL (Rame). Des acéphalocystes chez l'homme, thèse de Montpellier 1836, n» 126. Escarraguel. TA. 1838. — Un scieur de .long, nommé Teisset, âgé de 34 ans, éprouvait depuis quelque temps une douleur dans la cuisse gauche ; un soir, une exaspération soudaine du mal le força de se laisser choir , il ne put se relever, et on le transporta à l'hôpi- ' tal de Narbonne ; là, on reconnut une fracture du fémur gauche, et on l'y traita par divers appareils, mais sans succès. Vers le mois de mai suivant, il se forma sur le côté externe de l'articulation du genou un vaste abcès qui s'ouvrit et donna issue à
de nombreuses acéplialocysles. Quatre mois après, il fut admis à l'hôpital Saint-Eloi de Montpellier.
Le membre inférieur gauche était alors beaucoup plus court que le droit; l'articulation du genou était ankylosée. Vers le tiers inférieur de la cuisse existait une tumeur considérable qui se prolongeait. jusqu'à l'article et, en dehors, on remarquait une ouverture en cul de-poule par laquelle s'échappaient du pus et de hydatides. On soulagea ses souffrances par des erabrocations opiacées.... Alors l'état du sieur Teisset parut des plus satisfaisants..., lorsque des douleurs vives se déclarèrent tout à coup sur toutes les parties du corps ; des stries rouges sillonnent la cuisse et annoncent une angioleucite. Les fonctions cérébrales, les idées, se perdent ; une teinte jaune s'étend sur la conjonctive ; la vue s'affaiblit, une suppuration prodigieuse s'empare de la parlie ; enfin les évacuations sanguines auxquelles on soumet le nommé Teisset et qui le soulagent d'abord finissent par l'affaiblir avec la suppuration à un tel point qu'il tombe dans le marasme et meurt.
Nécropsie. — Membre. — Le fémur a conservé son état normal jusqu'au niveau du petit trochanter ; au-dessous, son diamètre est beaucoup augmenté et son canal médullaire aussi, mais sans diminution de ses parois. La fracture réside au-dessus du tiers moyen de l'os; le fragment inférieur est très renflé, sa cavité médullaire, dilatée d'une manière remarquable, se continue dans l'épaisseur des condyles. Son bord libre est très inégal et embrasse par une sorte d'emboîtement l'extrémité voisine de l'autre fragment. Derrière et entre les deux condyles existe une ouverture faisant communiquer l'articulation avec la cavité osseuse d'une part, et de l'autre avec l'extérieur au moyen du conduit fistuleux dont nous avons parlé plus haut. La cavité ellemême est remplie de pus et de vers acéphalocystes. Les fibrocartilages qui encroûtent les condyles du fémur ont disparu, et les surfaces osseuses qu'ils recouvrent sont rugueuses, ramollies et baignées d'une matière purulente fétide.
Obs. XLI (Kanzow-Virchow). Vii'chow's Archiv. f. palh. anat., t. LXXIX, p. 180-184. — Ouvrier de 35 ans, de constitution vigoureuse, entré au mois de mai 1878 à l'hôpital de
Posldam pour une fracluro de la cuisse droite. A l'âge de 14 ans il se brisa la cuisse droite en sautant sur une tombe. La lésion guérit lenlement et ce n'est qu'au bout de 5 mois qu'il put remplir le pénible métier de batelier. Il n'y avait pas 'jun très grand raccourcissement de la cuisse : il était insaflisant pour modilier sensiblement la marche : plus tard il remarqua l'existence d'une légère déformation à la partie externe de la cuisse à l'union dutiersmoyen et du tiers inférieur. Il n'existait pas de douleurs à ce niveau, mais plus tard, en décembre 1877, cette région devint le siège de sensations très pénibles. Différents moyens médicaux ne les firent pas disparaître. En même temps le membre inférieur droit devenait de plus en plus faible si bien qu'il fut obligé de cesser son métier au mois de mars. Au mois de mai 78, au moment oîi il se promenait tranquillement il ressentit un craquement dans la cuisse, en même temps qu'une douleur intense et une mobilité anormale telle qu'il tomba en voulant continuer sa course. A son avis la fracture s'est produite tLu même endroit qu'il y a vingt et un ans. Un médecin appelé constata la fracture et appliqua un appareil plâtré avec lequel il fut envoyé à l'hôpital. La solution de ^continuité du fémur n'est pas douteuse. Il y a de la tuméfaction autour de l'os bien qu'on ne puisse noter h ce niveau l'existence d'une tumeur évidente. Le bon état général du sujet, l'absence d'engorgement ganglion, naire ne permettaient pas de croire à un néoplasme malin Pendant plusieurs mois l'état du malade ne se modifia pas- Peut-être les douleurs étaient-elles moindres. En l'absence de toute amélioration le malade quitta l'hôpital avec un bandage plâtré. A ce moment, l'état général était parfait. Il existait une mobilité anormale et une tuméfaction étendue au niveau du tiers moyen : il n'y avait pas de fluctuation bien évidente et à uniravers de main au-dessous du grand trochanter en appuyant un peu avec le doigt, on avait une sensation de crépitation parcheminée ou encore comparable h celle que l'on éprouve en touchant la région occipitale d'un enfant craniotabétique. Le malade resta chez lui du mois de septembre jusqu'au milieu du mois d'octobre sans qu'il y eut aucune modifidation dans son état. Il revint alors avec le désir de subir une opération curative et au besoin l'amputation. En présence de l'impossibilité de guérir
celte fracture par les moyens ordinaires on se résolut à tenter soit la résection dans la continuité, soit, si les désordres étaient trop considérables, l'amputation de la cuisse. Anesthésie, hémostase à l'aide de la bande d'Esraarch, incision au côté externe de la cuisse au niveau du tiers moyen, par laquelle s'écoule un verre de liquide rougeàtre contenant des vésicules d'échinocoques de la grosseur d'une noisette et même davantage. En écartant les lèvres de la plaie, on voit que les désordres produits par les parasites sont tels qu'il est nécessaire de pratiquer la désarticulation de la hanche. Cette opération est laite ; le malade ne se relève pas du choc opératoire et succombe le soir même, sept heures après l'opération.
A l'autopsie, on ne trouve pas d'autres lésions que celles du membre malade et d'autres siégeant dans le foie. La cavité crânienne n'a pu être examinée. Du côté des organes thoraciques on trouve seulement quelques adhérences à la partie postérosupérieure du poumon droit. Le cœur est couvert d'une épaisse couche de graisse. Les organes de la cavité abdominale, sauf le foie, étaient indemnes. Rien ne pouvait faire croire dans l'aspect et la consistance du rachis et du bassin qu'ils étaient envahis par les échinocoques.
Examen anatomo-pathologique par R. Virchow. — Comme l'indique l'histoire clinique, le fémur était le siège de lésions dues à des échinocoques. Il en était de même du foie. Sur une coupe longitudinale intéressant tout le fémur, on voit que les parties molles avoisinantes sont absolument intactes, et que l'os n'est pas notablement augmenté de volume. Il existe deux fractures, l'une supérieure avec large écartement et à un travers de main au-dsssous, une autre solution de continuité mais incomplète. La section de l'os adonné issue à une grande quantité de vésicules hydatiques : tout le fémnr est envahi par les parasites, seuls, le trochanter, la tête et les condyles du fémur sont restés indemnes. Toute la diaphyse était remplie de vésicules ; l'une d'elles très grosse d'ailleurs, avait environ 4 centimètres de diamètre transversal : La coque diaphysaire, par suite de cette dilatation du canal médullaire était très amincie et même perforée
sur certains points.
Il s'agit là de lésions produites par l'échinocoque multilocu-
laire. Il n'y avait pas une grosse vésicule avec des vésicules niles, mais un grand nombre de petites vésicules adjacente? les unes aux autres. Les plus volumineuses étaient à peine comme des noisettes, la plupart grosses comme des cerises ou des noyaux de cerises ; beaucoup d'autres étaient encore plus petites. Au milieu de la diapliyse ces vésicules étaient complètement libres, sans capsule ou gaine enveloppante, c'est seulement vers les eX' trémités qu'elles étaient isolées et séparées dans le tissus spongieux. De même que pour le kyste multiloculaireda foi, les vésicules formaient un chapelet dérivé de la masse principale et étendu dans les parties avoisinantes.
L'examen des vésicules montra que la plupart étaient constituées par des enveloppes lamelleuses comme c'est la règle habituelle ; toulelbis elles n'étaient pas arrondies, mais les plus volumineuses (grosses comme des noix) étaient allongées, ou plus ou moins sinueuses, rameuses. Leur forme était évidemment en rapport avec celle de la cavité osseuse. Il y avait de grandes différences dans l'épaisseur de leur paroi ; celle-ci était quelquefois mince, transparente, incolore, d'autres fois très épaisse, opaque, blanchâtre. L'examen tout d'abord du contenu liquide ne fournit aucun signe d'une prolifération parasitaire; mais après du longues recherches je trouvai des vésicules dans lesquelles l'examen à l'œil nu me révéla l'existence de points blanchâtres, que je reconnus être, au microscope, des vésicules filles. Nombre d'entre elles n'offraient qu'une paroi très épaisse dont la surface interne était recouverte de granulations. Je trouvai manifestement dans quelques vésicules fertiles des échinocoques avec une belle couronne de crochets. Quelques-unes étaient très petites; elles contenaicmt de 3 à 4 scolex, qui remplissaient toute la cavité centrale ; leur paroi était déjà très épaisse. J'abandonnai, par suite, l'idée qu'il s'agissait d'échinocoques stériles : et comme je l'ai démontré pour l'échinocoque multiloculaire du foie, je trouvai également ici des vésicules filles fertiles. Mais aucune d'elles n'était de dimension considérable. Le fait que leur enveloppe était très résistante imprimait à leur aspect extérieur un caractère particulier et quelque peu diflérent de celui qu'elles présentent d'habitude.
Obs. XLII (Eugcn Ilahti). Berliner Klinische Wochenscfirt'ft., n" 6, 1884, p. 81. — Malade non mariée, 52 ans, bien portante jusqu'à il y a cinq ans, Kn 1878, chute sur le genou droit. Depuis ce temps, elle ressent de vives douleurs dans l'articulation. Marche dinicihi. En septembre 1878, elle entre à l'hôpital Friedrichshain et là elle fut traitée par des ponctions et des injections d'acide phénique. On pouvait déjà porter le diagnostic d'échinocoques.
Le 24 février 1879, on lui appliqua un bandage en verre. Les douleurs continuèrent et le 24 mars la malade revint à l'hôpital, d'oîi elle ressortit à nouveau le 2 avril, avec une amélioration notable. Les douleurs continuèrent cependant.
Il y a un an, la malade remarqua au-dessous de la rotule, à droite de la tubérosité du tibia une tumeur de la grosseur d'une noisette. Les douleurs revinrent de plus en plus fortes, la malade ne put plus marcher, et désira être soulagée par une opération.
La malade est faible, pâle, — rien du côté des organes thoraciquesou abdominaux ; rien au foie.
Du côté du genou droit on constate que la jambe est complètement étendue. La ûnxion est impossible sans grande douleur, aussi bien dans les mouvements actifs que dans les mouvements communiqués.
Pas d'épanchement intra-articulaire, pas de tuméfaction osseuse. La rotule est mobile. Un remarque dans la région sousrotulienne une tuméfaction du volume d'un poing, fluctuante, qui comprend toute la surface antérieure du tibia, de la tubérosité jusqu'au bord inférieur de la rotule. La peau est normale. A la partie postérieure de l'articulation, on voit une tumeur du volume d'un œuf d'oie, fluctuante et fortement tendue. Il n'y a pas une relation bien évidente entre ces deux tumeurs d'une part, et d'autre part l'arliculation.
Après chloroforraisation on peut fléchir la jambe jusqu'à angle droit, mais on sent une crépitation nette. Dans l'extension complète il existe des mouvements de latéralité évidents au niveau de la jointure.
Après ponction au trocart dans la tumeur antérieure, on voit sortir une masse épaisse, jauni) tre, avec des vésicules gros-
ses comme des pois, blanches, Iransparentes, qui ont l'apparence d'échinocoques. Une curette introduite conduit h une ouverture qui pénètre dans le condyle interne du tibia. Il y a là une cavité grande comme un œuf de poule. Cette cavité est remplie de petits séquestres et de vésicules : à l'ouverture de l'articulation, les cartilages du tibia et du fémur ne sont pas perforés, mais usés à la surface ; l'articulation est indemne.
Dans le condyle interne du fémur est une cavité grande comme un œuf de pigeon qui est remplie de vésicules et de petits séquestres.
Le diagnostic de kyste hydatique de l'os était certain. Gomme • la résection sur une personne de 52 ans ne paraissait pas chose sage, je décidai l'amputation de la cuisse au- tiers inférieur.
Au point où fut pratiquée l'amputation, il y a sur les côtés interne et postérieur du fémur un sac fibreux constitué en partie par le périoste qui remonte jusqu'au tiers moyen du fénur, et en dedans atteint jusqu'à la veine fémorale. Ce sac fut extirpé et ouvert. Il contenait une grande quantité de petites vésicules.
La tumeur qui se trouvait à la partie postérieure de l'articulation contient une grosse vésicule. La couche corticale du fémur est amincie au niveau de l'amputation.
Suites opératoires simples. Guérison. — La pièce enlevée a été sciée transversalement et de liaut en bas. On reconnaît ainsi que la lésion du fémur siège seulement dans l'épiphyse. Dans le condyle interne existent plusieurs séquestres plus ou moins volumineux avec de nombreuses vésicules variant de la grosseur d'une tête d'épingle à celle d'un pois ; plus loin, existe une cavité de la dimension d'une noix présentant le même contenu Elle est ouverte en arrière et l'on arrive par làjusque sur une vésicule uniloculaire grosse comme un œuf de poule, située à la partie postérieure de la jointure. Le tissu spongieux du condyle externe est infiltré de petites vésicules.
Le revêtement cartilagineux du fémur très aminci n'est nulle part interrompu.
Du côté du tibia, le processus s'étend jusqu'au milieu de la diaphyse. Dans le condyle interne existe une cavité de la dimension d'un œuf de poule contenant de petites vésicules, de petits débris osseux et un séquestre long de 5 c., large de 3 c. Les
mailles du tissu spongieux sont complètement infiltrées d'hydatides beaucoup plus petites. En bas, du côté du canal médullaire les vésicules atteignent des dimensions plus considérables, et il existe au milieu du tibia, formant les limites de la lésion, une vésicule de 3 c. de longueur et de 1 c. 5 de largeur. La coque tibiale très amincie est perforée en arrière, à ce niveau les muscles du mollet sont manifestement infiltrés par des vésicules grosses comme des pois ou des noisettes. Le péroné et les autres muscles sont intacts.
Les vésicules recueillies dans les os se distinguaient à l'œil nu de celles développées dans les muscles, par la transparence d'une moitié de la cuticule, tandis que l'autre moitié était opaque et laiteuse. Les vésicules môme les plus petites possédaient une enveloppe très épaisse. Le contenu épais de la tumeur sous-rotulienne ne contenait que des cristaux de cholestérine ; de même que de nombreuses vésicules (recueillies dans l'os) il ne présentait ni crochets, ni scolex.
Obs. XLIIl. (Moynac). Eléments de pathologie et de clinique chirurgicale, t. I, p. 124. — J'ai dû pratiquer à Biarritz la désarticulation de la h<mche pour un kyste hydatique qui avait creusé et dilaté d'une façon énorme toute l'extrémité supérieure du fémur.
Obs. XLIV (Wickham), Lond. medic. and. pJiysic. Journ., vol. 57, 1827, p. 530. — Femme de 30 ans. Cette malade avait reçu 6 ans auparavant un coup de faux qui atteignit le tibia gaucbe. La blessure guérit rapidement, mais peu après apparut une tumeur qui acquit progressivement le volume d'un œuf de poule, en même temps que la jambe était plus faible et le siège de douleurs. Brusquement, au moment où la malade se retournait ; le tibia se fracture. La tumeur était molle, réductible, en la comprimant on la vidait pour ainsi dire dans le corps de l'os. Gomme la guérison n'était pas encore établie au bout de 14 semaines, on fit une incision longue de 6 pouces sur la tumeur ; il sortit de nombreuses hydatides (à peu près le contenu d'une tasse à thé) variant du volume d'un grain de plomb à celui d'une noisette.
Le trait de fracture était transversal, les fragments irréguliers, et dans l'étendue d'un pouce au-dessus et au-dessous, il n'existait qu'une coque osseuse très fragile. Résection de 4 pouces environ de la partie antérieure du tibia; guérison.
Obs. XLV (Webster). Neio. En. journal of med., vol. VIII, 1819, p. 29, — Davaine, Traité. — Jeune matelot, fracture du tibia au-dessous de la rotule; tumeur faisant de rapides progrès, indolente, elle s'amollit et devient fluctuante. Incision, issue de sanie et d'une grande quantité d'hydatides : phénomènes graves; amputation, mort. Cavité dans le tibia remplie d'hydatides et de sanie ; tête et partie supérieure de l'os formée d'un tissu raréfié ; fracture non consolidée.
Obs. XLVl (Siebert). Jahresbericht, 1868, Bd. 11, p. 412.— Dans la statistique des résections pratiquées à la clinique du professeur Ried à léna, de mai 1846 à décembre 1867, Siebert. signale un fait de résection d'une portion de la partie antérieure du tibia dans un cas de kyste hydatique du tibia. Guérison.
Obs. XLVII. (Davaine). Loc. cit. , p. 583. — Nous mentionnerons en outre un cas d'hydatides du tibia dont la pièce pathologique se trouve dans le musée de Hunter à Glasgow.
Obs. XLVIII (Gullerier). Dezeimeris, Loc. cit. Journal demédecine et de chir. de Corvisart, t. XII, p. 125. — Tumeur indolente siégeant à la partie supérieure et antérieure du tibia, d'aspect lipomateux, bord osseux inégal à la circonférence. Ouverture par la potasse caustique et le fer rouge, issue d'un liquide épais, inodore, grisâtre.
Il existait une cavité dans le tibia contenant une quantité de petites vésicules de 3 à 4 lignes de diamètre. L'une d'elles avait plus d'un pouce et en contenait plusieurs autres plus petites.
Le malade était à peu près guéri; il n'existait plus qu'un trajet Ustuleux lorsqu'il s'évada de l'hôpital des Vénériens.
Ous. XLIX (A. Gooper). Œuvres chirurgicales, traduott
franc. 1835, p. 597. — Un homme fut reçu à l'hôpital de Guy, diins le service de M. Forslor, pour une Lumeur volumineuse située à la partie supérieure du tibia, qui paraissait molle et cédait sous le doigt, qui donnait, en un mot, l'impression d'une exoslose fongoïde. M. Forster prescrivit l'application d'emplâcres agglutinatifs, sous rinduence desquels le volume de la tumeur diminua tellement que la malade sortit de l'hôpital, et se borna à continuer l'emploi des moyens qu'on avait mis en usage dans cet établissement et qu'il croyait propres à achever sa guérison. Au bout de quelques semaines, il revint avec un accroissement considérable de la tumeur et fut placé dans le service de M. Lucas, qui ayant fait une incision sur la tumeur, en lit sortir plusieurs hydatides ayant la l'orme globuleuse que présentent ordinairement ces productions. L'intensité des symptômes généraux et la mortification des téguments qui recouvraient la tumeur nécessitèrent l'amputation. Une incision ayant été laite dans la tumeur après l'amputation, on trouva au sein de l'os un vaste nid d'hydalides. La partie sur laquelle existait la cavité osseuse ayant été soumise à l'action de l'eau bouillante, on trouva une fracture du tibia, qui avait été probablement produite par cette maladie, carie sujet n'avait rien dit qui eût pu en faire soupçonner l'existence. Cette fracture s'était consolidée mais d'une manière irrégulière.
Obs. L (W. Coulson). Hyatides dans le tibia. Traité des entozoaires et desm.aladies vermineuses de l'homme et des animaux domestiques (Davaine), el Médic. Times, and. G'a^.,juin 1858. — Sarah G..., âgée de52ans, fut rcçue dans l'iiôpilal de Sainte-Marie, le 20 octobre 1857. Il y a huit ans, la malade reçut un coup à la piu-tie antérieure du tibia delà jambe droite, un peu au-dessous du ligament rotulien ; iTsurvint une tumeur qui s'accrut graduellement, jusqu'à ce qu'elle atteignit lagrosseur d'un œuf de poule. Le développement de cette tumeur se fit sans incommoder la malade jusqu'à il y a quatre ans ; alors des douleurs vives étant survenues, cette femme fut reçue à l'hôpital (iMétropoUtan hospital). Le traitement consista uniquement dans l'application de vésicatoires ; la douleur diminua, mais la tuméfaction resta la même jusqu'à l'entrée de la malade
dans mon service, il y a dix semaines. A celte époque, la tumeur s'élait ouverte spontanément, et de lii matière avec des acéphalocystes en était sortie, ce qui détermina le docteur Daubney, qui lui donnait des soins, à lui conseiller d'entrer à l'hôpital Sainte -Marie.
Le jour de son admission, il existait une tumeur delà grosseur d'une orange à la partie supérieure du tibia immédiatement au-dessous de la tubérosité. Au centre de la tumeur existaitune petite ulcération et les téguments étaient rouges et gonflés aux environs. Les matières, en petite quantité, qui en sortaient, contenaient quelques acéphalocystes et par là on reconnut la nature du mal.
L'existence dans le tibia d'une cavité qui contenait des hydatides n'était pas douteuse, je résolus de l'ouvrir et d'en évacuer le contenu.
Le 4 novembre, ayant fait une incision cruciale et détaché les téguments, j'enlevai avec la scie et la' gouge une lame mince et large de l'os qui formait la partie antérieure delà tumeur. Dans celte tumeur était renfermée une grande hydalide dont une partie s'était échappée. La cavité qui s'étendait depuis un demipouce au-dessous de l'articulation du genou et qui avait trois pouces de profondeur était maintenant à découvert, et des hydalides en nombre considérable en furent retirées ; toute la cavité était revêtue d'une membrane blanche et luisante. Après l'extraction de toutes les hydatides que je pus atteindre, je touchais cette membrane avec du nitrate d'argent solide et jeremplis la cavité de charpie. Les vésicules (Ihe cysts) consistaient en une membrane friable, transparente qui se séparait en lames distinctes. L'examen microscopique montra évidemment qu'il s'agissait de membranes hydaliques, mais on ne trouva pas d'échinocoques.
Le 7, la charpie lut enlevée et la cavité fut lavée avec une solution de chlorite de soude, plusieurs hydatides en sortirent. Depuis ce temps, la plaie fut pansée chaque jour delà même ma- ,nière. Le 11, deux hydatides en sortirent encore. Le 18, les bourgeons sains se montraient à la surface d'une grande partie de la cavité, mais la partie supérieure du fond de cette cavité présentait un aspect noirâtre et on y découvrit une portion d'os Gangolphe. 12
nécrosée. I<e 30, le séquestre, qui était devenu libre, fut extrait avec une pince, il avait environ deux pouces de longueur et un pouce et demi de largeur ; il était couvert sur les deux faces par de petites hydatides dé la dimension d'une tête d'épingle. Ces hydatides étaient en si grand nombre que l'os en paraissait comme revêtu par une couche de lymphe plastique ; cependant, en^examinant de près, elles pouvaient être facilement reconnues. Quelques-unes étaient tassées ensemble comme des grains de raisin sec, d'autres isolées étaient adhérentes à l'os par de minraes particules.
« L'extraction'du séquestre produisit immédiatement un bon efTet ; les bourgeons charnus commencèrent à pousser sur la partie dont il avait été enlevé ; la cavité se combla rapidement et le 5 février, la malade fut renvoyée de l'hôpital presque guérie, n