FORMATION DES VÉSICULES SECONDAIRES
{Exogènes, Endogènes).
Les hydatides ne se reproduisent pas seulement au. moyen des vésicules 'proligères ; elles peuvent encore se multiplier par la formation de vésicules secondaires [Tochterblase) absolument semblables à la vésicule mère. Voici, d'après Leuckart, comment elles se produisent :
Dans l'épaisseur môme de la cuticule, entre les lamelles stratifiées, on voit se déposer des granulations autour desquelles se montre une petite cuticule stratifiée. Peu à peu, le contenu de cette petite masse s'éclaircit, en même temps que cette dernière se rapproche de plus en plus de la périphérie et tombe en dehors de l'hydatide.
Elle se détruit alors ou bien continue à se développer. Chaque vésicule fille offre, en ce moment, la même structure que la vésicule mère (cuticule, membrane germinale) et peut produire, soit des vésicules proHgères, soit même de nouvelles vésicules, qui méritent alors le nom de vésicu' les petites /illes (Enkelhlsise).
On observe de grandes différences, dans l'état de maturation que présente la vésicule fille, au moment où elle devient libre. Tantôt elle est pleine, solide, tantôt elle présente une cavité; parfois même des échinocoques sont déjà manifestes dans les vésicules proligères.
Quoi qu'il en soit, la vésicule fille s'entoure d'une membrane adventice, et il devient impossible de savoir, en la voyant située a côté de la vésicule mère, s'il y a eu formation de deux vésicules par deux embryons hexacanthes distincts, ou production d'une vésicule fille. Leuckart croit pourtant avoir remarqué que les vésicules secondaires sont moins tardivement que leur mère capables de produire des vésicules proligères.
Nous venons de décrire la formation d'bydatides par bourgeonnement exogène. On les a désignées par les noms divers à' echinococcus exogena (Kuhn) (1) ; E. scolecipariens (Kuchenmeister) (2) ; F. simplex (Leuckart) ou E. gramdosus. Les vésicules exogènes ont surtout été observées chez les ruminants et chez les porcs. Elles sont rares chez F homme sauf dans ïépiploon et dans les os. Le plus souvent on a affaire à la variété endogène.
Cette dernière a été désignée sous les noms àeEchinocoC' eus endogena (Kuhn), E . altricipariens (Kuchenmeister), E. hydatidosus (Leuckart). Elle est caractérisée par ce fait,
(1) Kuhn. Recherches sur les acéphalocystes et sur la manière dont ces productions parasites peuvent donner lieu à des tubercules, Strasbourg, 1832.
(2) Kuchenmeister. Ueber die Cestoden in algemeinen und die des Menschen insbesondere. Dresden, 1853 in-S».
que les vésicules filles, tombent à l'intérieur de la vésicule mère : les véf-icales secondaires sontalors remarquables par le volume qu'elles peuvent acquérir. Mais leur nombre, comme leur taille, s'ont des plus variables; on peut en rencontrer cinq ou six ou plusieurs centaines; et leur grosseur, peut atteindre celle d'une noix et même d'un œuf.
Quand ces vésicules internes ou secondaires, ont pris un développement excessif, elles peuvent distendre et dilater la cavité mère, au point d'en rendre mécopnaissable la texture .
Contrairement à ce que l'on a prétendu, dans les cas d'hydatides endogènes, la vésicule mère et les vésicules filles, ne sont pas toujours des acéphalocystes. La tendance à la formation de vésicules proligères, est certainement amoindrie, mais elle ne peut être niée.
Lorsqu'une hjdatide, produit des vésicules exogènes, elle développe ordinairement à son intérieur des vésicules proligères et non des vésicules secondaires endogènes. Il s'en faut, que ces deux modes de prolifération, endogène et exogène, s'excluent réciproquement., et que les hy datides qui les représentent, appartiennent à des espèces difierentes. On a également prétendu, à tort, que dans le cas de multiplication endogène, l'hydatide mère et les liydatides filles étaient normalement stériles. Kûster a relaté un fait semblable dans son observation citée plus loin. (Kyste liydatique de l'humérus. V. fig. 2.)
Meniez aurait observé dans le foie du porc, une hydatide de petite dimension, qui présentait, tout à la fois, des vésicules exogènes, des vésicules endogènes et des vésicules proligères (1).
(1) R. Blanchard. Traité de zoologie médicale.
DES KYSTES HYDATIQUES
En se développant dans les tissus , les hydatides s'entourent d'une capsule dénature conjonctive, désignée sous le nom de kyste adventice. L'hydatide appartient -elle à la variété endogène, la plus commune chez l'homme ? Elle forme une tumeur kystique ximloculmre^ constituée à la périphérie par la membrane adventice^ d'épaisseur et de consistance variables, et par la vésicule mère. Celle-c i contiendra, dans sa cavité, un liquide plus ou moins abondant, étudié précédemment, et au milieu duquel, flottent des vésicules filles et petites -filles. De telles productions parasitaires, peuvent persister un temps très prolongé, mais elles subissent fréquemment des altérations régressives. On trouée alors, des amas enkystés de substance puriforme ou athéromateuse, au milieu de laquelle, on peut retrouver quelquefois des pellicules analogues à celles des graines de raisin écrasées. La coloration blanc jaunâtre de ce liquide, l'a fait comparer à une émulsion ; son aspect et sa consistance épaisse tiennent à des plaques rhomboïdales de cholestérine, des cristaux d'hématoïdine, des crochets et des pellicules kystiques. Les parois du kyste adventice, sont généralement très épaisses en pareil cas, et contiennent, quelquefois, des plaques calcaires ou même ossifiées. Réduit à cet état de dégénérescence, le kyste est le plus souvent inofFensif, et peut être considéré comme guéri.
Il est une autre variété de kystes hydatiques extrêmement importante à connaître, au point de vue qui nous occupe. Elle diffère totalement de la précédente par ses caractères cliniques et anatomo-pa^hologiques. Nous voulons parler de la variété exogène.
Le plus souvent, avons-nous dit, l'iiydatide résultant de la transformation vésiouleuse de l'embryon, constitue une vésicule mère dans l'intérieur de laquelle tombent et flottent des vésicule filles et petites filles.
Dans la forme exogène, la vésicule mère produit , suivant un mode indiqué plus haut, une foule de vésicules filles, qui se détachent de sa surface extérieure et envahissent les tissus avoisinants. A leur tour, ces vésicules filles produisent par voie exogène des vésicules petites filles. Il en résulte, un véritable semis d'hjdatides, très petites le plus souvent, tassées, pressées les unes contre les autres en nombre considérable. Chacun de ces petits corps étrangers vivants, suscite autour de lui, un certain degré d'inflammation scléreuse, qui leur constitue une minuscule enveloppe adventice. La coupe d'une telle tumeur parasitaire, présente un aspect alvéolaire des plus remarquable. Dans les cavités circonscrites par les mailles du stroma conjonctif, se trouvent logées les hydatides sous forme de petits corps arrondis, d'aspect gélatineux, colloïde. Leur nombre s'accroît constamment; la compression qu'elles exercent, détermine la nécrobiose des tissus qu'elles emprisonnent entre elles, si bien qu'au bout d'un certain temps, mie cavité anfractueuse, véritable caverne, réceptacle de détritus variés (vésicules, éléments de désintégration), se creuse dans la masse alvéolaire. Les désordres augmentent de plus en plus, et généralement les kystes multiloculaires amènent la mort des malades. Nous ne croyons pas que l'on connaisse un seul fait démontrant anatomiquement la guérison spontanée d'une telle affection.
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur ce point, qu'il nous suffit d'indiquer ici. Nous y reviendrons longuement en traitant de l'anatomie pathologique des kystes des os.