‹ Kystes Hydatiques Supposés Primitifs de la PlevreChapitre 11 sur 26 · LIBRE · texte numérisé non relu

LIBRE

une fois son travail. Après un temps plus ou moins long, il entra à l'hôpital Bon-Secours. Enfin, ayant encore demandé sa sortie, il fut admis à l'hospice des Incurables en 1858, el au mois de juillet 1862, il entrait à l'infirmerie, où il présenta l’état suivant, qui ne subit que d'insignifiantes variations jusqu'au 1" janvier 1863 :

Etat cachectique prononcé, coloration jJaunâtre des téguments rappelant tout à fait celle que détermine la cachexie cancéreuse, décoloration marquée des muqueuses ; grande faiblesse (le malade ne quitte pas le lit), peu d'appétit; langue humide et non saburrale ; pas de fièvre; toux fréquente, revenant par quintes; légère dyspnée ; pas de diarrhée: Jamais d'hémoptysies.

La poitrine présente une légère dilatation du côté droit, les espaces intercostaux sont marqués comme à oauche, mais l’ensemble de la poitrine est plus globuleux.

À la percussion, on constate une matité absolue dans toute la hauteur de la poitrine, en arrière, à droite, même dans la fosse sus-épineuse.

En avant, matité absolue remontant jusqu'à deux ou trois travers de doigt au-dessous de Ja clavicule : dans cet espace, sonorité exagérée. La malité se continue sur les côtés avec celle de la région postérieure, et en bas, avec celle due à la présence du foie, qui déborde les fausses côtes de quatre où cinq travers de doigt et ne présente aucune saillie à sa surface. De ce côté de la poitrine, les vibrations thoraciques sont complètement abolies.

Du côté gauche, sonorité et vibrations ‘thoraciques normales et même un peu augmentées. Le cœur occupe sa place normale.

À l’auscultation : à droite, dans les points mats, le murmure respiratoire ne s’entend pas, si ce n’est dans la

‘pus.

LES Poe.

fosse sous-épineuse, où l'on perçoit un très léger souffle, nullement semblable à celui de la pleurésie. Dans les points sonores, c'est-à-dire dans la fosse sous-claviculaire, respiration soufflante avec quelques eraquements. La voix est retentissante dans les points où il y a du souffle, mais dans le reste de la poitrine, on n'entend plus ce retentissement, qui, du reste, n’est nullement égophonique.

On ne constate à gauche que l’exagération du murmure respiratoire. Les battements du cœur sont réguhers, ses bruits sont normaux, mais ils se perçoivent assez loin du côté droit.

Le malade s'affaiblit de plus en plus; la respiration devient de plus en plus embarrassée et, le 16 janvier, on

constate l’état suivant: pas de changement dans le côté

droit de la poitrine, mais battements cardiaques, bruit de souffle au premier temps se prolongeant dans les vaisseaux. Pouls à 72, 76, petit, irrégulier, dépressible; inappélence, pas de fièvre ; dyspnée très intense; langue humide. La toux a presque tout à fait cessé.

19 janvier. — Il est survenu de l’aphonie ; somnolence persistante. Matité à l'épigastre s'étendant Jusqu'à la région précordiale ; pouls moins irrégulier, un peu plus lent ; faiblesse croissante.

On ne constate plus de changement jusqu’au 25 janvier, jour de la mort du malade.

A l’autopsie, après ouverture de la poitrine, on trouve à droite une surface grisàtre, dépressible et formée par la plèvre-considérablement épaissie ; on énuclée facilement cette poche et on constate qu'elle est formée par toute la plèvre droite, laquelle contenait environ trois litres de

Quand on a incisé la poche, on trouve à sa face Interne

une multitude de petites tumeurs, de volume variable, quelques-unes grosses comme une praline et ayant toute l'apparence du tissu colloïde. De plus, entre chaque tumeur existe une substance mollasse, non adhérente aux parois, de couleur gris sombre, et semblant due à des fragments de fausses membranes.

En incisant les plus grosses des tumeurs, on les trouve formées de deux parties : l’une périphérique, mollasse, jaunâtre ; l’autre centrale, rouge et d'apparence sanguine.

À la partie inférieure de la poche existe une tumeur du volume d’une petite mandarine dont une très petite parlie fait saillie dans la cavité du kyste.

Le poumon est accolé le long de la trachée, rien à noter dans les autres organes, le foie est parfaitement sain.

M. Robin ayant examiné la pièce, a émis l'opinion que

les tumeurs qui tapissent la plèvre étaient probablement

des tumeurs hydatiques.

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