OBSERVATION IV
Southey, — Case in which a large hydatid cyst was removed from the chist, with ultimate complete recovery. — S. Bartholomews Hospital reports, 1867, p. 394.
Mme B..., âgée de 31 ans, d'aspectcachectique, se‘soumet à mes soins en mars 1866. Elle était très déprimée et se plaignail de trois symptômes principaux : douleur dans le côté droit du thorax, dyspepsie, toux. Cette toux n'était pas provoquée par un besoin d’expectoration, mais coïncidait avec une sensation particulière dans la gorge el était particulièrement intense la nuit, lorsque la malade élail couchée. La peau était chaude, le pouls petit et rapide, la respiration haletante au moindre effort, mais non
oppressée lorsque la malade restait tranquille. Appétit mauvais, langue pale et érodée sur les bords : urination et règles normales. Le début de ces accidents remontait à quatre ans. Depuis elle à 6€ mariée pendant six mois sans avoir eu d'enfants.
On l'avait traitée pour dyspepsie et pleurodynie.
Je ne trouvai de crépilation ni dans l’un ni dans l'autre poumon, les ballements du cœur étaient normaux, le thorax bien mobile et pas de trouble de percussion.
Dès lors. je pensai qu'il s'agissait d’une simple douleur intercostale ; en juin, elle passa trois semaines au bord de la mer et revint plus malade qu'elle n’était partie.
Je trouvai un peu de distension et de sensibilité dans la région hépatique ; le foie était volumineux et son bord inférieur nettement distinet au-dessous du rebord costal: la zone de matité splénique était aussi un peu agrandie.
La toux était de plus en plus pénible et revenait par crises chaque nuit. Il n'y avait pas d'expectoration et toujours pas de Symptômes pulmonaires. IT y avail peu ou pas de fièvre et la débilité n'avait fait qu'augmenter, bien que le moindre mouvement fût cause d'extrèmes fatioues.
J'attribuai tous ces symptômes à un peu de congestion hépatique d’origine miasmalique. Je prescrivis de l'iodure de potassium et un régime sévère.
Malgré tout, le foie continua à augmenter de volume et la ligne de matité correspondante à s'élever. I n'y avait, du reste, pas d’irrégularité à sa surface ; le moindre mouvement provoquait la toux, la malade restait couchée tout le temps du côté droit. |
Le premier décembre, dans l’aisselle de ce côté, je découvris un bruit de frottement; en même temps, la ma-
Lité augmentait,sans qu'il y ait eu d'égophonie.
Et
Le 11, tout le côté droit était malade, à l'exception d'une zone de sonorité exagérée au-dessus de la clavicule: en arrière, dans la région scapulaire, la matité était incomplète, et l’on entendait un faible murmure vésiculaire, sans doute transmis par l'autre poumon. La respiration par le poumon gauche étail exagérée et compensatrice. Le cœur battait dans l'aisselle gauche.
La marche de laffection me portait à rejeter soit le diagnostic de pleurésie simple, soit celui de pleurésie chronique avec tuberculose ; j'hésitais donc entre un kyste hydatique venu du foie et ayant pénétré dans la plèvre par destruction progressive du diaphragme ct une tumeur maligne du foie et du poumon: j'inclinais, du reste, vers cette dernière hypothèse, d'autant plus que la mère de la malade était morte de cancer à l'âge de 40 ans. J’ordonnai des frictions mercurielles.
Le 27, la malade passa une nuit agitée, son pouls était à 110, petit, faible ; la toux était plus intense que jamais, si bien qu'on avait besoin de recourir à la morphine pour l'arrêter.
Cette crise:cessa rapidement, mais laissa la malade très abattue, et, dans l'espoir qu'il pouvait s'agir de liquide pleural ôu kystique, je fis une ponction exploratriee. À cette date, j'observai en dedans de l'épine de l’omoplate une légère saillie de la paroi repoussant eet os. En même temps, il y avait de la douleur et de la sensibilité à la pression dans la région capillaire du côté droit, entre léS5et6"côtes:
Le 1® avril, fonction et évacuation de 132 onces de hquide puriforme ; le trocart fut laissé en place, et, pendant toute la nuit qui suivit, l'écoulement continua.
Le 3 avril, l'écoulement avait diminué et l’état général élait beaucoup meilleur; mais au bout d’une semaine,
MR LAVE l'écoulement devint fétide : il se décomposait manifestement dans la plèvre.
On lava à plusieurs reprises celle-ci à l’aide d'une sonde en gomme et d'une seringue, mais la petitesse de l'orifice empêchait certainement de faire ces lavages aussi complètement qu'il aurait fallu.
Aussi, le 4 mai, M. Callender fit, à ma demande, une incision entre la sixième et la septième côte, en prenant pour centre la ponction de ia plèvre qui avait été faite à michemin entre la colonne vertébrale et le sternum. On la fit de ? pouces de long, de manière à pouvoir introduire le doigt dans la cavité pleurale, mais l'espace intercostal était si étroit, et les côtes si rapprochées l’une de l’autre qu'il fallüt d'abord les écarter péniblement l’une de l’autre. Par l'ouverture, fit hernie une masse lisse qui fut de suite reconnue pour la paroi d’un kyste hydatique ; on la saisit et on l'attira doucement. La plus grande partie était déjà extraite, lorsque la rupture se produisit brusquement, et la partie restante du kyste disparut dans le thorax. Une mèche de lint fut insinuée dans lorifice thoracique, pour empêcher sa fermeture, et la plaie recouverte d’un pansement.
Le kyste extrait était dans certains points mince et opalescent, en d’autres épais et opaque ; sa cavité ne contenait pas de vésicules, mais 10 onces environ de pus grumeleux et sanieux. Le kyste semblait bien s'être formé primitivement dans la plèvre et non venir du foie, car, par l’orifice pariétal, je pus introduire mon doigt dans la plèvre, et sentir la face supérieure, lisse et régulière du diaphragme.
À partir de ce jour, la guérison suivit son évolution régulière. Trois mois suffirent pour fermer celte cavité considérable ; après trois semaines de suppuration abon-
dante, les parois thoraciques s'affaissèrent, el dès la sixième semaine, les côtes sous et sus-jacentes à l'orifice s'imbriquèrent si bien qu'il fallait les écarter avec une sonde cannelée pour donner issue à la petite quantité de pus qui s'y accumulait pendant les vingt-quatre heures : graduellement cette quantité se réduisit. En juillet la plaie était cicatrisée, et le poumon, sur les deux tiers de son éteudue, avait recouvré sa sonorité et sa dilatabilité normales.
Le 30 août, l’état est absolument satisfaisant; la malade ne tousse plus et se plaint seulement d’un peu de douleur au niveau de sa cicatrice.