‹ Kystes Hydatiques Supposés Primitifs de la PlevreChapitre 15 sur 26 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(Ollier de Vergèze, thèse de Lyon, 1892).

Kyste hydatique primitif de la plèvre droite. — Suppuration de la poche. —

Opération.— Consomplion, — Mort.

C... Jeanne, 55 ans, ménagère, entre en mars 1892 à l'Hôtel-Dieu, salle Montazet.

Père et mère morts d'affections inconnues. Deux frères en bonne santé. Un frère mort de pneumonie. Pas d'enfants ; pas de fausses couches. Jamais aucune trace de scrofule, pas de glandes au cou dans l'enfance, pas d’ophtalmie.

De 12 à 45 ans, la malade, qui travaillait à la soie, n’a jamais été obligée d'interrompre son travail. Elle ne se souvient pas d'avoir été obligée de s’aliter. Réglée de 11 ans à 54 ans, régulièrement. Quelques perles blanches.

La malade n'était pas sujette à tousser. Elle ne s’enrhumait pas facilement en hiver. Cette année, voilà quatre mois qu'elle a commencé à tousser et à se sentir plus faible, mais il n’y a qu’un mois qu'elle est plus malade. Elle semble avoir eu vers le 1* février des symptômes de grippe, petits frissons répétés, céphalalgie, catharre oculaire, sensation de brisement général. En même temps, point de côté assez violent en arrière, à la base du poumon droit. La malade avait de la toux et de l'oppression. Elle crachait assez abondamment. :

Depuis cette époque, le point de côté a persisté ainsi que la toux; l’expectoration est beaucoup moins abondante, l'oppression moins forte : la malade a remarqué depuis un mois qu'elle avait un peu d'œdème des membres

SZ D 7

Kyste Hydatique de la plèvre droite (d'après Oliier de Vergèze.— Obs. VII.)

C. Cœur. — P. Poumon gauche. — Ca. Cavité pleurale occupée par le kyste. I. Intes-

tin. — P’ Poumon droit refoulé par le kyste. — F. Foie.

Dre

inférieurs, disparaissant en partie lorsqu'elle restait couchée. Elle n'est pas alitée complètement, mais elle est obligée de se mettre au lil plusieurs heures pendant la journée. Elle dit avoir maigri; elle n’a pas le facies terreux et a encore la figure un peu colorée; l'œdème des membres inférieurs a en partie disparu par le repos, mais on détermine par la pression du doigt encore un léger godet à la région malléolaire gauche. Expectoration muqueuse peu abondante. Léger œdème au niveau de la région lombaire; pas d’œdème de la paroi thoracique.

À l'inspection, on trouve une voussure assez prononcée à la base droite, qui semble surtout augmentée-dans le sens antéro-postérieur. Cette différence est appréciable aux mains entourant successivement chaque base.

À l'inspection, on note que les mouvements des côtes sont à peu près nuls à droite, surtout dans la région axillaire, tandis’ qu'ils sont très visibles à gauche.

À la palpation, les vibrations thoraciques sont très nettement diminués à droite, surtout dans la moitié inférieure, mais nulle part elles sont abolies.

On n'a pas la sensation de flot.

À la palpation, matité absolue dans toute la hauteur du poumon droit depuis la base jusqu’à l'extrême sommet et dans toute la hauteur de la ligne axillaire.

Aussi est-il impossible d'examiner le déplacement de la matité par le changement de position.

Dans le sens transversal, en avant la matilé arrive jusqu'à 0,01 à gauche du sternum.

A l'auscultation, dans toute la moitié inférieure, abolition complète du murmure respiratoire ; dans la fosse sus-épineuse et sous la elavicule, souffle inspiratoire et expiratoire doux et lointain, pas de ràles.

On a peu d'égophonie el de pectoriloquie aphone, mais

ces signes sont beaucoup moins nets qu'ordinairement. Sous la clavicule, les vibrations, en partie conservées, sont cependant diminuées. La malité est absolue; quant à la respiration, elle est remplacée par le souffle aux deux temps signalé plus haut.

Le sternum n'est pas nettement dévié à gauche. Le cœur est notablement dévié à gauche et en bas, la pointe bat dans le sixième espace, presque dans la ligne axillaire. Les bruits sont sourds, sans souffle; pas de frottements péricardiques. Constipation habituelle.

Urines : un peu d’albumine.

6 mars. — Ponction exploratrice dans le sixième espace, en arrière. On obtient un peu de liquide purulent. L'examen microscopique y montre des globules de pus et de larges cristaux de cholestérine.

8 mars. — Opération de l’empyème, faite par M. Porte. Issue de 5 litres environ d’un pus Inodore, liquide, jaunâtre, sans grumeaux.

Sous l'influence d’un accès de toux, une énorme poche d’un tissu gélatineux et transparent est expulsée. Elle a tout l'aspect d'une poche de kyste hydatique. Examinée au microscope, elle apparaît formée de couches stratifiées parallèles. La couche la plus interne, détachée et étalée par petits lambeaux sur unelame de verre, laisse voir au microscope des crochets.

La malade a quelques accès de toux et de légères hémoptysies. Elle est très faible ; néanmoins, l'état général est assez bon. Le 9 et le 10, il semble même y avoir une légère amélioration. Le pansement est renouvelé. La plaie n'offre aucune trace de suppuration et les pièces du pansement sont à peine souillées par un peu de liquide qui s’est échappé de la cavité pleurale.

À partir de celte époque. la température augmente

” — ÀT —

progressivement, mais modérément. La malade s’affaiblit de plus en plus, répond difficilement aux quelques questions qui lui sont faites ; élle reste dans le décubitus dorsal, le facies est päle, les joues très amaigries, la langue sèche. Elle succombe le 16 mars. La température était de 394. Depuis quelques jours, elle avait des signes évidents d’une congestion pulmonaire assez intense dans : le poumon droit, c'est-à-dire du côté où siégeait le kyste hydatique.

Autopsie. — À l'ouverture du thorax, on voit du côté droit le poumon refoulé en haut et réduit au volume d'une grosse orange; au-dessous, une vaste cavité en forme de pyramide quadrangulaire dont le sommet arrive sur le poumon, Jusque au sommet de la cavité pleurale, et dont la base est formée -par le diaphragme. Cette cavité est tapissée par la plèvre, épaissie jusqu'à mesurer un demicentimètre, d'apparence villeuse, gris-verdàtre, avec odeur rappelant celle de la gangrène. La cavité ne renferme plus de pus et plus de vésicules.

À la base, l’on recherche s’il y a communication entre cette cavité et le foie. On tombe sur. une ouverture de la largeur d’une pièce de 5 francs, découpée comme à l’emporte-pièce et ressemblant à un véritable ulcère.

Cette ouverture donne accès à un cul-de-sac de la grosseur d’une noix qui n'est pas en communication avec le foie. Nulle part, avec un stylet, lon ne peut trouver d'ouverture inférieure. Cet infundibulum a une forme d’entonnoir à large extrémité intra pleurale ; 11 semble dû à la pression du liquide cherchant à se faire Jour vers le foie et le périloine.

Quant au diaphragme, ses fibres sont en partie détruites à ce niveau, mais on en trouve encore manifestement entre le foie et le cul-de-sac pleural signalé plus haut.

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