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Antécédenis personnels. — Dans l'enfance, bonne santé: pendant cette période et plus tard, il avait souvent des chiens autour de lui et les caressait volontiers.
À 24 ans, angine diphtérique. À 25 ans, bronchite à droite. À 26 ans, influenza grave avec broncho-pneumonie. À°?27 ans, quelques accès de suffocation avec toux quinteuse, sans expectoration ; à cette époque, amalgrissement rapide. Pendant un an et demi persistent la suffocation, une sensation de gêne, des points de côté. En novembre 1892, le malade est obligé de cesser tout travail.
Le 1°" novembre 1892, douleur très vive du côté droit, suffocation intense, quinte de toux.
Un mois après, manifestalions articulaires (douleur, oonflement), puis retour à un état meilleur.
En avril 1893, on constate accidentellement une tumeur à trois travers de doigt au-dessus du mamelon droit ; au commencement de juillet, les douleurs thoraciques augmentent d'intensité ; accès de suffocation courts, mais violents et apparaissant sans cause apparente. Dans l'intervalle des accès, gêne continuelle de la respiration. Une nouvelle tumeur apparait au-dessus de la première. Diagnostic porté : abcès froid consécutif à une carie costale. Le 15 juillet, entrée à l'hôpital.
Elat actuel. — Kacies pàle, amaigri. Essoufflement marqué au moindre effort. A lexamen du thorax deux tumeurs rénitentes à la partie antéro-latérale de la région thoracique droite, l’une au-dessous du mamelon, l’autre au niveau des 6° el 7° espaces intercostaux; points douloureux costaux. A la palpalion, vibrations thoraciques conservées, sauf au niveau des ? tumeurs. À la pereussion, submatité dans toute l'étendue de la région thora-
eique droite ; matité absolue au niveau des 2tumeurs. La n
es QUE:
respiration s'entend dans tout le poumon droit, mais diminuée, lointaine, un peu de rudesse au sommet, ni égophonie, ni pectoriloquie.
Diagnostic : tuberculose pleuro-pulmonaire droite ancienne avec deux abcès froids d'origine costale.
Opéralion, 22 juillet. — Incision verticale de 10 centimètres sur la tumeur supérieure. Je suis obligé d'inciser profondément, jusqu'aux espaces intercostaux, avant de trouver la collection; flot de liquide séreux trouble. Agrandissant alors l'incision, j'explore la poche : les deux côtes voisines (la 4° et la 5°) sont érodées, amincies, mais non cariées ; la cavité s'enfonce profondément dans le thorax; j'en relire une membrane hydatique flottante.
Je prolonge l'incision sur la tumeur inférieure. Un flot de liquide eau de roche s'échappe et inonde la plaie; une membrane hydatique se détache facilement.
L'exploration combinée des deux cavités avec les doigts montre que les poches sont accolées. Je résèque cinq à six centimètres des 5° et 6° côtes qui limitent ea dehors les deux kystes au niveau de leur accolement et je réunis les deux cavités en une seule par excision de leurs parois contiguës. Explorant le kyste antéro-inférieur, je constate que deux points de sa paroi sont bombés ; je la perfore, et j'ouvre ainsi deux nouveaux kystes, l’un inférieur, caché sous la septième côte, l’autre antérieur, La résection de la 7° côte, sur une étendue de 6 centimètres, me permet d'ouvrir largement le kyste inférieur (le 3°), d’évacuer un liquide eau de roche et d'extraire une membrane hydatique. ù
Le kyste antérieur (le 4‘) se prolonge en avant Jusque sous le bord droit du sternum.
Faisant alors examen des parois des kystes mis à découvert, Je ne trouve rien d'anormal à celles des 1°, 3° et
a HS ee
AS or mais à l'exploration du 2e, je sens à la paroi postérieure une tuméfaction ovalaire rénitente, faisant sailhe. Je perfore en ce point, je pénètre dans une nouvelle cavité d’où sort un flot de vésicules hydatiques filles (environ 2 litres). Je résèque 2? centimètres de l'extrémité postérieure de la 6° côte, 5 centimètres de la 4, et j'agrandis l’orifice aux dépens des parois des kystes supérieur, moyen et inférieur. La cavité pleurale est alors largement béante ; je puis, en introduisant la main, évacuer les vésicules hydatiques accumulées dans le sinus costo-diaphragmatique et dans la gouttière costo-vertébrale. La cavité pleurale était remplie de vésicules filles simples ou réuniesen groupes; une très petite quantité de liquide visqueux était mélangée aux vésicules; la cavité contenait, en outre, quelques lambeaux de membranes hydatiques.
L’exploration minutieuse du poumon ne me fait découvrir rien d’anormal; pas de kyste sensible, son tissu me paraît très perméable. L'examen des parois des autres kystes est négatif ; en bas, vers le diaphragme et le foie, je ne perçois pas de point rénitent.
Je fais alors un grand lavage au sublimé à 1/2 p. 1000 chaud, puis avec de l’eau bouillie jusqu'à ce quele liquide n'entraîne plus de membranes ou de vésicules.
Je laisse la plaie largement ouverte et me borne à réurir par des points de suture Îles be kysliques aux Îèvres cutanées de l'incision.
En résumé, il s'agissait d’un kyste hydatique multilo-
culaire primitif de la plèvre droite, constitué par quatre
kystes simples et un grand kyste occupant la plus grande partie de la cavité pleurale el paraissant formé par la réunion de plusieurs poches rompues. Dans le cours de
l'opération, malgré un examen minutieux répété, je n'ai pu trouver une origine hépatique ou pulmonaire.
Jusqu'au 1" octobre rétablissement progressif du malade qui élimine de temps en temps, par sa plaie, quelqués membranes hydatiques.
1e octobre. — Bon état général, occlusion de la fistule pleurale. A la partie supérieure de la plaie, une fistulette, due à un fil de soie, persiste : extraction, injection de naphtol camphré.
6 novembre. — À l'examen, je constate à la base du thorax, à droite et en arrière, une petite tumeur fluctuante ; la ponction donne issue à 200 grammes environ de liquide eau de roche. Il s’agit donc d’un nouveau kyste qui, au moment de l'opération n'était pas sensible. Cependant l'état général est très amélioré, les forces reviennent de jour en Jour, l'appétit est bon.
Notre malade peut voyager sans fatigue et reprendre ses occupations habituelles.