‹ Kystes Hydatiques Supposés Primitifs de la PlevreChapitre 19 sur 26 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Rebière. — Thèse de Paris, 1894.)

Mme L... C..., âgée de 38 ans, mariée, pas d'enfant, ni de fausses couches. Toujours règles régulières. Mère morte à 43 ans d'affection organique, et père mort à 63 ans de cystite calculeuse. |

Elle n’a jamais habité de maison où il y a eu des chiens ou des moutons.

En 1888, elle a été prise subitement, une nuit, de douleurs violentes dans le côté droit; ces douleurs, accompagnées d’oppression avec intensité terrible, ont duré

trois heures lors de cette première crise, survenue sans cause appréciable. |

Pendant un mois, des crises analogues, mais durant seulement une heure ou-deux, revinrent toutes les aprèsmidi ; elles étaient à peu près arrêtées par des piqûres de morphine.

Au bout de @e temps les crises s'atténuèrent, mais il persistasquand même de l'oppression, etse manifestèrent de la peine à mouvoir le bras droit en même temps, qu’au moment des efforts, une sensation de poids à l'épigastre.

En 1890, il se produisit une série d'accès d'oppression et de douleurs qui dura 4 mois ; entre les accès, la gêne de la respiration persistait, quoique très atténuée.

Jusqu'à ce moment, la malade avait été traitée pour une pleurésie chronique, et c'est alors que je la vis pour la première fois. Le diagnostic porté me parut du reste satisfaisant : la matité remontait du côté droit jusqu'à un travers de doigt au-dessoas de l’épine de l'omoplate, le murmure vésiculaire était à peine perceptible, le cœur légèrement déplacé ; pas d'égophonie. J’appliquai un vésicatoire sur le côté.

Le 15 août, je remarquai au niveau du cinquième espace intercostal, un peu en avant de la ligne axillaire, une tumeur fluctuante à plus grand diamètre transversal et du volume d’un œuf de poule. La malade me dit qu’elle avait reçu quelques jours avant, en ce point, un coup de tête de vache.

Le 20 août, incision de 5 centimètres de long, écoulement de quelques gouttes de pus, drainage et lavages phéniqués. Le drain ne s'enfonce que de quelques cenlimètres et semble arrêté par des adhérences pleurales, car la paroi thoracique a été entièrement traversée par le bistour.

Le 26 août, la malade était assise. dans son fauteuil, lorsqu'elle sentit tout à coup son pansement -inondé ; il fut, au boutde quelques minutes, traversé complètement. On vint me chercher et je constatai en le défaisant qu'il était sorti par la plaie, en même temps qu'une quantité de liquide clair comme de l’eau de roche, des débris de membrane et quelques petites vésicules absolument transparentes.

Il en sort quelques autres pendant les jours suivants, variant du volume d'un œuf de tourterelle à celui d’un œuf de poule; certaines absolument intactes, d’autres réduites à l’état de longues membranes.

Le 3 septembre, le docteur Baronnet, de Nantes, vient voir ma malade et confirme le diagnostic porté depuis quelques jours de kyste hydatique intra-thoracique, certainement pleural et non pulmonaire, à cause de l'absence de tout symptôme d'affection de l'organe respiratoire.

Malgré les précautions antiseptiques, leliquide, qui continue à couler par l'orifice, a suppuré légèrement, puis abondamment, et les quelques hydatides qui en sortent encore de temps en temps sont suppurées, jaune-verdâtre

La malade se cachectise et, malgré tout, refuse toute autre intervention que des pansements tout à fait superficiels. | |

Enfin et très tard, le 26 novembre, nous obtenons de dilater Porifice par des tiges de laminaire et de faire deux fois par Jour des lavages pleuraux à l’eau boriquée ou à l’eau bouillie simplement.

Malgré son insuffisance, cette thérapeutique améliora la malade. La suppuration diminua peu à peu, quoique bien lentement; l’orifice réduit à une fistule étroite et peu profonde, finit par se cicatriser. La malade n'avait plus de poussement le 20 décembre.

En dues Actuellement (octobre 1894) elle présente seulement de la submatité dans la région thoracique droite, au-dessous de la sixième côte, et sur la même étendue un peu d’obscurité dù murmure vésiculaire. L'état général est parfait et l'aspect des plus vigoureux.

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