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RE A telin, médecin islandais, préconise, ne semble pas influer beaucoup sur l’évolution des kystes.
En résumé, le traitement médical dirigé contre la vitalité des kystes hydatiques de la plèvre a été si souvent, si généralement impuissant, que l’on ne saits’il convient de lui attribuer réellement le mérite de quelques guérisons survenues durant l'administration de tel ou tel médicàment. (Héarn, thèse de Paris, 1875.)
IT. TRAITEMENT CHIRURGICAL. — [l comprend soit la ponction simple suivie ou non d'injection médicamenteuse, soit l'incision avec ou sans résection costale.
a) Ponction. — Cette méthode est la plus couramment employée dansles pays où les échinocoques sontfréquents. Hjaltelin affirme que le succès est la règle. Mais toutes les statistiques ne sont pas aussi favorables : Maydl a réuni 16 observations dans lesquelles la ponction simple a été pratiquée ; la mort est survenue 11 fois ét la guérison 5 fois, soit une mortalité de 68,7 pour 100. Si on analyse les causes de la mort, on constate que 5 opérés sont morts à la suite d'une pleurésie purulente ou d’un pyopneumothorax. Dans plusieurs de ces cas, l'existence du pus était antérieure à la ponction, mais il est arrivé aussi que la suppuration a été provoquée par la ponction, sans doute parce que l’antisepsie avait été insuffisante. Par contre, dans les 6 autres cas terminés par la mort, c’est bien la ponction qui doit être incriminée. Les malades ont :succombé quelques minutes ou au plus tard 24 heures après l'opération, et celte mort rapide a été observée, même après une simple ponction exploratrice. Dans la plupart des cas, la mort survient à la suite de l'étouifement résultant de la rupture du kyste et de l'irruption des hydatides dans les bronches. Mais il faut reconnaitre ce-
pendant que quelquefois cette irruption est suivie de Ja guérison de la maladie.
= La ponction exploratrice elle-même n’est pas exempte de dangers, et parmi les accidents qu'elle peut occasionner, un surtout, la suffocation, peut enlever le malade très rapidement. Abstraction faite de ses dangers, la ponction présente du reste un grand inconvénient: une fois que le kyste est vidé de son contenu et que ses parois sont affaissées, 1l devient difficile de retrouver la poche si on entreprend une opération.
Pour toutes ces raisons, et en dépit de quelques succès obtenus par Maydlet Mosler à la suite de ponctions suivies d’injections médicamenteuses, nous croyons que celte pratique doit être rejetée (Heydenreich, Semaine Médicale, 1891, p. 449).
b) /ncision avec ou sans résection costale. — La méthode de l’incision est la méthode de choix. On a pratiqué soit l'incision simple, soit lincision avec résection costale. Celle-ci ne complique en rien le traumatisme; elle a, par contre, le grand avantage de donner plus de jour et de permettre au chirurgien de bien vider le kyste et ultérieurement de faciliter le drainage et les lavages : enfin, elle n’entrave en rien l’accolement des parois de la poche.
La résection costale primitive nous paraît donc indispensable dans le traitement des kystes hydatiques de la plèvre. Même dans les cas d’empyème pour pleurésie purulente, cette méthode donne de très bons résultats. Voici, en effet, ce que publie le professeur Antony dans les Archives de médecine et de pharmacie militaires (année 1894) : « L’empyème a été pratiquée dans 109 cas : l'opération a été suivie de décès dans 10 Oj0 des cas ; mais
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cette proportion est descendue à 7 toutes les fois qu’on a pratiqué la résection costale. » |
Rosenberg publie également une statistique très favorable à la résection costale primitive. Dans la statistique de Maydi, nous trouvons que la résection costale a été pratiquée 4 fois pour des kystes hydatiques de la plèvre, et la terminaison a été la guérison.
En France, Lucas-Championnière, Bouilly, Peyrot, se prononcent très catégoriquement pour la supériorité de la résection costale, et, dans la discussion sur la chirurgie du poumon, qui eut lieu au 9° Congrès de chirurgie, nous voyons Tuffier et Walther rapporter des cas dans lesquels des résections costales étendues ont été pratiquées avec succès. M. Delagenière (du Mans) pense que pour drainer et désinfecter la plèvre, il faut réséquer les 6°, 7°, 8° et 9° côtes. M. Jonnesco communiqua également au même congrès l'observation d'un jeune homme de 17 ans, porteur d'un kyste hydatique du poumon ouvert dans la plèvre, chez lequel il pratiqua la résection partielle de la 6° et de la 7° côtes avec un résultat excellent.
Enfin dans notre observation, nous voyons que M. le professeur Forgue a réséqué les 7e, 6°, 5°, 4° et 3° côtes avec succès.
Nous croyons donc pouvoir conclure que dans les trailements des kystes hydatiques de la plèvre, la résection costale primitive est indiquée. On peut ainsi facilement explorer la eavité pleurale, la vider de son contenu et faire de larges lavages. Quant au temps nécessaire à la cicatrisation, il varie beaucoup; mais dans les cas favorables deux mois suffisent. ;
Dans quelques observations, ona noté des accidents survenus subitement un temps variable après l'opération.
HO SE Ces accidents (fièvre, douleurs, vomissements) étaient dus sans doute à l'obstruction du drain par des vésicules hydatiques. Il a suffi de déboucher le tube pour les faire disparaître.
A ce propos, il est une question très discutée, c’est celle des grands lavages post-opératoires, On a prétendu que les lavages étaient un obstacle à la cicatrisation de la cavité, et on a conclu qu'il fallait n'y recourir qu'en cas de nécessité, lorsqu'on a lieu de redouter des accidents infectieux. On a dit encore que les lavages étaient dangereux et on leur a imputé des accidents graves. On comprend facilement que si les lavages peuvent présenter une certaine gravité, ce n’est que dans les cas où il existe une fistule pleuro-bronchique, comme cela se voit dans les kystes hydatiques pleuraux provenant de la rupture des kystes pulmonaires. C'est ainsi que dans une observation de Fabricant, le lavage, avec une solution d'acide bôrique et de thymol,provoqua une inflammation de l’arbre laryngo-bronchique et eut. la mort pour conséquence.
Mais si des accidents de cette nature sont susceptibles de se produire dans les kystes de la plèvre communiquant avec le poumon, ils ne sont pas à redouter dans les kystes primitifs, n'ayant aucune connexion avec l'appareil broncho-pulmonaire. Les lavages sont donc très utiles dans ces cas ; ils permettent de bien débarrasser la cavité kystique des paquets membraneux qu'elle peut contenir; et en effet, il suffit de lire les observations pour se convaincre que dans la majorité des cas, les lavages ont eu des résultats excellents.
Quant à la nature du liquide à injecter, 1l varie avec les chirurgiens. Renault employait la liqueur de Van Swieten en petites doses, Moizard se servait d’une solution d'iode
ET en
ioduré, Jules Rémy du chlorure de zinc, Fernet du chloral, Bouchard du naphtol, Laveran, du crésyl. Aujourd’hui on emploie le plus couramment une solution boriquée à 40 pour 1000 ou bien une solution de chlorure de zinc à 1 pour 100. On a encore employé avec suecès, des solutions d'acide salicylique variant de 1 à 3,50 pour 1000. Enfin on peut recourir simplement à l’eau
bouillie, tout en faisant de temps à autre une injection au sublimé à 1/2000.
Le drainage doit être fait sérieusement ; on met dans la cavité kystique un ou deux gros drains qu'on attache ensemble en canons de fusil, en ayani soin de les placer au point le plus déclive. Une bonne précaution est de les fixer, pour éviter leur chute dans la cavité pleurale.
En résumé, la ponction même exploratrice est à rejeter. La méthode de choix pour le traitement des kystes hydatiques de la plèvre est lincision, de préférence avec résection costale, et suivies de lavages antiseptiques. On arrive ainsi à guérir plus des trois quarts des échinocoques dela plèvre.
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