‹ Kystes lutéiniques: Môle hydatiforme et ChorioépithéliomeChapitre 4 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis une trentaine d’années, la coexistence de lésions ovariennes kystiques associées à la môle hydatiforme et au chorioépitheliome, regardée d’abord comme une simple coïncidence, puis comme une relation constante à mesure qu'elles étaient recherchées plus systématiquement, fut le point de départ de nouvelles théories pathogéniques sur l’étiologie de ces deux affections.

Les premiers observateurs frappés par ce fait, virent dans la lésion ovarienne le « primum movens » de la dégénérescence de la villosité choriale ; la dégénérescence des glandes génitales pouvant intervenir de diverses manières, soit en donnant naissance à un ovule malade, soit en réagissant sur le développement des villosités choriales.

Aux théories séduisantes qui virent ainsi le jour, s’opposèrent, quelques années plus tard, d’autres idées pathogéniques. La dégénérescence kystique lutéinique n'est pas particulière à la môle et au deciduome, elle se rencontre fréquemment dans une multitude d'états pathologiques, de sorte qu'elle ne fut plus regardée comme laltération primitive, mais comme une réaction de défense de l'organisme maternel.

Cette question, qui semble toucher de si près à l’étiologie

de ces deux affections, a suscité depuis 1893 de nombreux

travaux. C’est en Allemagne tout d’abord qu’elle fut bien étudiée et cela se conçoit facilement, si l’on se rappelle que c’est dans ce pays que le chorioépitheliome a été individualisé pour la première fois en 1889, par Sanger des autres néoplasies utérines et que cette affection y semble relativement plus fréquente que chez nous. En France, ce n'est que plus tardivement que l’on s'y intéresse, mais dans ces dernières années, de nombreuses publications ont mis à l’ordre du jour ce problème si intéressant de pathogénie.

Ayant eu l’heureuse occasion d'observer un cas de dégénérescence kystique lutéinique des ovaires dans un cas de chorioépitheliome, grace à l'obligeance de nos maitres, MM. les Professeurs G. Michel et Frühinsholz et de M. le Professeur Hoche, qui a bien voulu nous montrer ses préparations, nous avons pris cette observation pour point de départ de notre travail.

Nous avons recherché dans la littérature médicale qui était à notre disposition, tous les cas de moôles hydatiformes et de chorioépitheliomes où l'état des ovaires était noté. Nous avons lu ia plupart des publications sur notre sujet et de l’ensemble de ces recherches, nous essayerons de donner une étude d'ensemble et une idée qui se rapporte aux connaissances physiologiques et pathogéniques actuelles.

Nous avons divisé cette étude en quatre parties.

Dans la première partie, nous avons cherché avec quelle fréquence se rencontrent les altérations ovariennes dans ces deux affections.

Dans la seconde partie, anatomo-pathologique, nous étudierons la dégénérescence lutéinique de l'ovaire.

La troisième partie sera l'étude clinique de l'évolution de

ces formations kystiques dans le môle et le deciduome.

Enfin, dans une quatrième et dernière partie, nous étudierons quels sont les rapports réciproques de ces différentes altérations entre elles, en passant en revue et en discutant

les diverses théories émises à ce sujet.

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