HISTORIQUE
La première observation sur la coexistence de tumeurs kystiques des ovaires avec une môle semble être celle de Grégorini, en 1795 (Thèse de Halle). Puis ce sont celles de Hohl (1855), de Fritz (1859), de Kast, Barnes, Bloch (1869), de Garostsky, de Waldeyer, observations éparses où ces différents auteurs n'y voient qu'une simple coïncidence.
L’attention est à nouveau attirée sur ce sujet par les remarquables travaux de Marchand, de 1803 à 1895. !l montre en effet que l’altération kystique des ovaires est fréquente dans la môle et cherche le premier à établir des rapports pathogéniques entre ces deux faits.
Nous voyons alors apparaître en Allemagne toute une série de recherches et de nombreux cas semblables sont publiés par Neumann (1897), Gœbel (1808), Fraenkel, Friedler, Schaeller, Pfœrringen (1808), Potten et Wassmer (1900); en Amérique, par Kreutzmann (1898), dans lesquels on trouve la dégénérescence kystique lutéinique associés à la môle et au chorioépitheliome.
En France, au XIII Congrès international de Paris, en 1900, Calderini apporte, sur cinq observations de môles, trois cas de dégénérescence kystique des ovaires. Il pense
qu'il pourrait y avoir une relation étiologique entre la maladie
Ce
des ovaires et la maladie de l'œuf, qui sortirait altéré de son follicule, et propose l’ovariotomie comme traitement préventif de la récidive de la môle. Pinard y joint un cas analogue, observé à la clinique Baudelocque.
De nouveau, à l'étranger, les observations se multiplient rapidement. Matveiev et Zykow, à la Société d'obstétrique et de gynécologie de Moscou, en 1901, rapportent un cas de moôle tubaire avec dégénérescence kystique des ovaires. En Allemagne, Stæckel et Baumgarten, en 1902, publient des observations détaillées de môles. Fraenkel émet l'hypothèse d’une altération pathologique du corps jaune dans l’étiologie des tumeurs syncytiales par insuffisance de ce dernier. Jaffé, au contraire, en 1903, pense à son hypersécrétion. Dans la même année, Pick appelle l'attention sur ce fait que les ovaires paraissant normaux dans le cas de môles, présentent au microscope des altérations considérables et donne à cet état le nom de « degeneratio polycystica luteinalis ».
En Angleterre, Malcolm et Bell, en 1903, publient également un cas de môle associée à des kystes. Ce sont encore des observations identiques que rapportent, en 1904, en Allemagne, Bamberg, Fraenkel, Kuban, Birnbaum, Deseniss, auxquelles vient se joindre, en 1905, le travail fondamental de Wallart sur la structure de l'ovaire dans la grossesse normale et dans la môle.
Pendant cette même période, Krebs (1903), Krukenberg, Hammerschlag (1904), Fischer (1905) signalent la dégénérescence lutéinique des ovaires dans le chorioépitheliome. Runge (1903), Santi (1904), Patellani (1905), Wallart (1905) étudient la lésion ovarienne dans ces deux maladies de la
villosité, la môle vésiculaire et le placentome malin et don-
ne
nent les premiers une statistique sur la fréquence de cette association.
Nous avons vu, qu'en France, Calderini et Pinard avaient, en 1900, attiré l'attention des cliniciens sur ce point. Mais, malgré les nombreuses publications à l'étranger, cette question reste dans l’ombre et l’on semble s'en désintéresser, malgré des études faites chez nous quelques années auparavant sur lhistologie de la môle et du chorioépitheliome par Nové-Josserand et Lacroix (1894), Segall, Monod et Chabry (1807), puis par Bonnaire et Letulle (1901).
Nous trouvons cependant dans la thèse de Briquel, de 1903, sur les tumeurs du placenta, dans le chapitre sur l’étiologie de la môle vésiculaire, ce passage : « Comme autre affection de la sphère sexuelle, nous devons insister sur les lésions des ovaires. Nous les avons relevées dans de nombreuses observations. Il s’agit presque toujours d'un état kystique des ovaires, sclérose polykystique, kystome glandulaire proliférant double, tumeur des deux ovaires, kystes multiples d'aspect particulier. » Mais il n'insiste pas plus sur ce point et, dans aucun traité d’obstétrique, on ne trouve mention de cette altération si curieuse.
C'est en 1905 que la thèse de Livadas, inspirée par Commandeur, met chez nous cette question en honneur. Il publie, avec une bonne observation de Commandeur, de nombreuses observations tirées de la littérature étrangère et donne le premier, en France, une bonne étude d'ensemble. Il préconise l'ovariotomie bilatérale dans les suites de couches comme traitement de la lésion ovarienne dans la môle.
L'année suivante, Goullioud publie une observation de môle et de Bovis, dans une revue générale sur le corps jaune,
parle longuement des kystes lutéiniques dans la mole et le
Re
chorioépitheliome. En 1908, Le Jemtel publie un cas de môle méconnue avec coexistence de deux kystes racémeux des ovaires.
Dans leur étude sur l'ovaire à petits kystes, Forgue et Massabuau, en 1910, s'étendent longuement et remarquablement sur cette question.
Parmi le nombre considérable de travaux parus depuis cette époque, il faut citer une observation de môle de Gilles et Grimoud (1910), la thèse de Pouget (1911), l’article de Curtis et Oui (1913), le rapport de Pollosson et Violet au VII® Congrès de gynécologie et d’obstétrique, les thèses de Davaris (1915) et de Fisch (1920), inspirées par Couvelaire, celle de Thomas (1920) inspirée par Vanverts, la thèse de Loriot (1921), celle de Borie (1922) et l’article de Cottalorda, en 1921, sur les rapports réciproques de la môle, du chorioépitheliome et des kystes lutéiniques.
Nous citerons également la publication de Bar (1916) les observations de Gilles (1919), de Commandeur et de Potocki (1920), de Hayem et Cottalorda, de Forgue, Roux et Milhaud (1921), l’étude de Keller sur les kystes du corps jaune (1922), les observations de Frühinsholz et G. Michel (1923) cbdePaucot(r023).
En même temps que de tous côtés on relatait la coexistence fréquente des lésions ovariennes associées à la môle et au placentome malin, on s’attachait d'autre part à éclaircir le rôle physiologique du corps jaune, des cellules à lutéine et de la glande interstitielle de l'ovaire, et à chercher dans cette étude l'explication pathogénique de la dégénérescence lutéinique des glandes génitales.
Depuis 1905, le nombre des travaux parus, tant en France qu'à l'étranger, est devenu considérable. Les Allemands, avec