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L'ACTE OPÉRATOIRE

L'anesthésie étant obtenue, commence l'opération proprement dite.

Celle-ci, visant, d’une part, à supprimer la tumeur; d’autre part, à traiter la dent causale, se divise en deux temps — temps tumoral, temps dentaire — qui pourront, suivant les cas, se succéder ou être faits séparément:

a) Temps TumoRAL. — Il doit toujours être le premier. Deux méthodes s'offrent à nous suivant le cas clinique : méthode d’extirpation, méthode de marsupialisation.

1° Méthode d’extirpation. — La voie d'accès est vestibulaire ou palatine, suivant. le siège du kyste.

Au niveau de la partie la plus saillante de la tumeur, on fait une incision horizontale débordant le kyste de chaque côté; pour sa profondeur, deux cas peuvent se présenter : la table externe du maxillaire est encore intacte ou a été détruite par le kyste. k

Dans le premier cas, l’incision ira jusqu'à l’os, puis, à l’aide de la rugine, on décollera le périoste du tissu osseux et, se servant de ia pince-rouge et du marteau, on pratiquera | dans la table externe une brèche assez large pour permettre la décortication de la poche kystique.

Dans le second cas, l’incision s'arrêtera à la paroi kystique, que l’on décollera du périoste pour permettre d’agrandir, si c'est nécessaire, à l’aide de la pince-gouge, la brèche osseuse, puis on passera au temps suivant.

À ce moment, les lèvres de l’incision étant écartées, on entreprend la décortication de la poche kystique à l’aide d'un instrument mousse. Elle s’eflectue assez facilement si le kyste n’est pas infecté.

Au cours de ce temps, il se produit souvent de petites hémorragies provenant de la rupture des quelques adhérences de la poche kystique à Ia paroi osseuse, notâmment au niveau de la face postérieure; elles n’ont aucune importance, et une fois l’énucléation terminée, un tamponnement de quelques minutes sulfit à les tarir.

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Une fois le kyste extirpé, on termine par un curettage de la collerette d'insertion du kyste sur la racine, Souvent, ce curettage nécessite, pour être bien fait, la résection d’une portion de la racine mise à nu dans la cavité.

Ceci est la marche de l'opération dans les cas simples. Mais, bien souvent, notamment quand il est infecté, le kyste est très adhérent à la cavité osseuse et se déchire facilement. On est alors obligé de terminer l'opération à la curette, en tamponnant souvent, car la plaie saigne abondamment. L'opération sera terminée quand, une fois le dernier tamponnement enlevé, la cavité se présentera sous l’aspect d’une surface blanche et brillante.

Dans les kystes juxta-sinusiens, un temps délicat est représenté par la décortication de la poche kystique au niveau de la fibro-muqueuse sinusienne quand le tissu osseux qui la sépare de la paroi kystique est déjà déhiscent.

2° Méthode de marsupialisation ou de Partsch. — La technique est plus simple.

Au niveau de la saillie kystique, on pratique deux inci- ‘sions Curvilignes de la muqueuse gingivale; le lambeau intermédiaire est enlevé. Puis la même incision est faite au niveau de la poche kystique, et l’on termine en suturant les lèvres de la poche aux lèvres de l’incision.

b) Temps DENTAIRE. — Ici encore, deux méthodes ayant chacune leurs indications, comme nous le verrons ultérieurement : méthode mécanique, méthode du Docteur Bernard.

1° Méthode mécanique. — Une fois le temps tumoral terminé (nous avons vu précédemment que la dent avait été préparée), on dégage le canal radiculaire pour y introduire une mèche de coton imbibée de pérhydrol (D que l’on recouvre d’un pansement compressif à la gutta-percha destiné à provoquer une hyperpression dans la chambre pulpaire. Sous cet effet, le pérhydrol dégage son oxygène, qui va sor-

(1) Eau oxygénée à 100 volumes.

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tir par l’orifice apical. Ce temps préliminaire a pour but de contrôler la perméabilité du canal radiculaire.

Ce contrôle fait, on dégage le canal radiculaire pour y introduire d'abord une mèche imbibée d'acide phénique suivie d’une mèche de pérhydrol et l’on recouvre à nouveau d’un pansement compressif à la gutta-percha. Sous l'influence du dégagement gazeux, l'acide phénique est entraîné tout le long du canal radiculaire et sort par l’orifice apical en bavant, puis va se répandre tout autour, détruisant par sa causticité les derniers restes de la collerette d'insertion du kyste que le curettage aurait pu laisser.

Cette opération, pour plus de sécurité, peut être répétée deux ou trois fois. |

On termine ce temps par l’obturation complète du canal radiculaire à l’aide d’une pâte composée d'oxyde de zinc et d’eugénol.

2° Méthode du Docteur Bernard. — Nous ne donnerons ici que des données générales, renvoyant aux thèses du Docteur Bernard et du Docteur Cayre pour la technique même de la méthode.

Par la migration d'ion F sous l'influence d’un courant électrique, il assure la stérilisation des canaux et du périapex des dents traitées.

On termine ici comme précédemment par l’obturation complète du canal radiculaire à l’aide d’une pâte quelconque.

Le rôle de l’ionophorèse ne s’arrêterait pas Ià, d’ailleurs, et favoriserait même la régénération osseuse péri-apicale.

FIN DE L'INTERVENTION. — On fait un attouchement de toute la cavité avec une Solution de chlorure de zinc au dixième, suivi d'un lavage avec une solution antiseptique, eau oxygénée par exemple. On finit par un méchage non compressif avec une mèche de gaze iodoformée, qui sera laissée trois jours, à moins de complications.

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