‹ Kystes Sanguins Mésentériques et Rétro-PéritonéauxChapitre 5 sur 36 · INTRODUCTION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET HISTORIQUE

Ayant eu l’occasion d'observer, dans le cours de notre internat, un kyste sanguin de l'arrière cavité des épiploons, et un second kyste de même nature développé au niveau du mésocolon ascendant, nous avons eu l’idée de rechercher l’ensemble des cas publiés; les kystes du mésocolon ascendant sont peu nombreux, mais ils se rapprochent par bien des points des kystes du mésentère, que nous faisons rentrer dans cette étude. Toutes ces collections ont une pathogénie et une anatomie pathologique analogues; les nuances de symptomatologie qui les distinguent, sont simplement en rapport avec des différences de sièce; enfin le même traitement peut leur être opposé. Ces ressemblances justifient, croyonsnous, une étude d'ensemble de la question; néanmoins, pour la clarté de la description, nous avons cru devoir isoler dans chaque chapitre les kystes de l’arrière-cavité qui, par leur situation même, constituent un groupe assez distinct.

Les kystes du mésentère sont connus depuis longtemps et Augagneur rapporte la mention qu'en a faite Benevieni anatomiste florentin au

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XVI° siècle; la première étude d'ensemble, beaucoup plus tardive, est due à Portal qui distingue les tumeurs kystiques des tumeurs solides cancéreuses; jusqu'au XIX° siècle plusieurs auteurs s'occupent-de la question, mais sans la préciser; il s’agit plutôt de découvertes d’autopsie que de diagnostics faits rendant la vie.

Au début et durant la plus grande partie du siècle dernier, la symptomatologie ne se précise pas, et si quelques chirurgiens interviennent, c’est par erreur de diagnostic, en croyant opérer le plus souvent un kyste de l’ovaire.

T1 faut arriver à l’année 1880 pour atteindre la période vraiment chirurgicale, où l’histoire clinique se précise. Péan s'occupe des kystes du mésentère dans son traité des tumeurs abdominales; Tillaux en précise les signes nhysiques; en même temps, la pathogén'e s’éclaire un peu, æt les résultats en sont consignés dans la thèse de Collet. Le traitement systématique peut dès lors être tenté, les indications étant posées, et l’importante thèse d’aorécation d’Augagneur inaugure cette nériode (1886); dès lors une nombreuse série de travaux met au point la question, tant en France ou’à l’étrancer: nous en donnerons tout à l'heure la liste complète; nous citerons ici les principaux narus en France: thèses d’Arékion et Deffains, de Bérard; articles de Binaud, Braquehaye, cliniques de Terrillon, malades de

Lecène, Mauclaire et Désarnaux, ete. enfin, la thèse de Roques.

L'étude des collections de l'arrière cavité des épliploons sous le nom de pseudo-kystes est de date plus récente; Malgaigne, dans son traité d'anatomie chirurgicale parle d’un amas de sérosité pouvant se produire dans l'arrière cavité et y constituer une sorte d’hydropysie enkystée; . Bicho rappelle cette allusion dans sa thèse: Contribution à l'étude des kystes hématiques de DR ploon, ‘Loulouse 1896.

Depuis, plusieurs travaux ont été publiés sur

la question; les nlus importants sont ceux de = Kôrte 1898, et le rapport de Villar au congrès français de en urgie de 1905, où l’auteur réunit 31 cas soumis à l’intervention chirurgicale.

Depuis: cette époque, peu nombreuses ont été les observations publiées; nous en donnons à la fin de ce travail la liste complète.

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ETIOLOGIE

Les causes prédisposantes ne sont autres que celles qui exposent aux traumatismes.

C’est ainsi que l’homme plus exposé aux chutes et aux chocs par ses professions est un peu plus fréquemment atteint que la femme: 24 hommes pour 21 femmes; mais il faut faire remarquer que le kyste non sanguin est plus fréquent dans le sexe féminin.

De même, la plupart des cas ont été constatés chez des sujets ayant de vingt à cinquante ans; on les à obesrvés cependant aux âges extrêmes de la vie, et alors ils sont expliqués par un traumatisme, mais ces faits sont beaucoup nlus rares.

La cause déterminante de l'apparition du kyste est presque toujours un traumatisme.

1) Arrière cavité. Ici qu'il s'agisse de kyste ou de pseudo-kyste, distinction établie par Villar, et qui a son importance au point de vue pathogénique, nous retrouvons toujours à l’origine une violence extérieure, soit une chute, soit une compression entre deux corps résistants, un coup de timon, ou une ruade de cheval, etc. Le pancréas qui est comme nous le verrons, la source de l’hé-

— Ï4 — morragie, étant vrofondément fixé, échappe au traumatisme plus facilement que les autres orvanes abdominaux ; il peut être blessé cependant au cas de violence s’exercant le plus souvent sur la région épigastrique, maïs parfois dans les hypochondres, ou même dans les flancs.

2) Mésentère. Tei encore la cause déterminante est presque toujours un traumatisme; tous les auteurs sont d'accord sur ce point (Augagneur, Bérard, Roques, etc.), et on le retrouve à l’origine de presque toutes les observations. Mais il ne donne pas naissance au kyste sanguin de la même manière dans tous les cas, et l’on peut distinguer plusieurs classes de faits.

a) Un malade était porteur d’un kyste séreux depuis un temps plus ou moins long (un an dans le cas de Leflaive, 2 ans, dans celui de Fossard et Lecène), un traumatisme survient; les symptômes jusque là vagues et peu intenses, deviennent rapidement inquiétants; la tumeur augmente de volume, on opère, et l’on trouve un kyste sanguin: ces cas de transformation sont assez fréquents.

b) Il n'existait aucune tumeur, aucun symptôme n'avait attiré l'attention du malade avant le traumatisme; celui-ci provoque la rupture d'une artère, si c’est une contusion, ou la blesse directement si c’est un coup de feu: l’hémorragie ne dépasse pas les limites du mésentère, le sang se glissant dans le tissu cellulaire lâche, et pro-

duisant lui-même l’hémostase ; il s’agit alors d'une hémorragie enkystée d'emblée ; ces cas, plus rares que les précédents, ont été constatés par Smith, Owen, Habersohn et nous-même pour l'arrière cavité.

c) Plus souvent cependant l’hémorragie d’abord libre dans la cavité péritonéale, s'enkyste secondairement; on voit alors apparaître après une violente contusion, des signes d’hémorragie interne, puis assez rapidement ces symptômes s’amendent; le calme renaît, mais peu de temps après, le malade se plaint de troubles fonctionnels, on constate l'existence d’une tumeur abdor minale; l’hématome est constitué.

À côté du traumatisme ordinaire, il est bon de mentionner dans l’étiologie de ces kystes, celui qui est dû à un taxis trop prolongé ou trop brutal exercé sur une hernie étranglée.

Bérard dans sa thèse, rapporte 3 observations de ce genre dont la première est due à Rochard; dans lés cas les plus typiques, il s'agit de sujets porteurs depuis longtemps d’une hernie inguinale volumineuse qui s'étrangle tout à coup; après de longues et infructueuses tentatives de taxis on se décide à faire la kélotomie, et l’on trouve une partie du mésentère volumineuse, distendue par un énorme épanchement de sang; d'autrefois, comme dans le cas de Rochard, le traumatisme portant sur la hernie a prééxisté à l'étranglement, et, par la production d’un épan-

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