QUELQUES NOUVEAUX DETAILS BIOGRAPHIQUES
V Empire des affaires a eu un succès prodigieux. En moins de trois mois^ dix mille exemplaires ont été vendus. Et la vente continue ! Pour trouver un succès analogue, il faut pénétrer dans le domaine de la pornographie. Que les dieux soient loués ! C'est peut-être le signe que le goût des français, — et aussi hélas ! des françaises — , revient à des choses plus saines. C'est en tout cas, le signe bien certain que l'inquiétude est entrée dans leur esprit et qu'ils ont compris que le temps était venu de s'occuper de questions plus sérieuses que des « histoires de femmes » contées avec plus ou moins de talent.
Ce succès nous a engagé à publier le pré-
b L A B C DE L ARGENT
Voici sur ce point l'opinion de M. Stead :
« M. Carnegie a des dons que beaucoup d'hommes ayant des prétentions littéraires pourraient lui envier. Il est simple, naturel et clair. Quelques-uns de ses articles sont des modèles d'exposition et d'argumentation serrée. Il a parcouru le monde entier, et partout il a soigneusement observé les hommes et les choses. Il est doué d'une excellente mémoire et d'une association d'idées très prompte. Aussi ses essais abondent-ils en exemples heureux et en citations. Le grand charme de son style, c'est le naturel. Il sait intéresser les lecteurs même avec des statistiques ».
M. E. Ledrain a consacré à V Empire des Affaires un long et consciencieux article, dans V Illustration. Il a fort bien vu en M. Carnegie le poète et l'écrivain, et il les a ainsi définis :
« ... Cet homme d'affaires, dit-il, est en même temps un grand moraliste. N'est-ce pas aussi un poète ? N'a-t-il pas apporté dans sa royauté de l'acier, et dans toutes ses entreprises, cette dose d'imagination sans laquelle rien de grand n'est possible ? En Pasteur, son beaupère, M. Valéry Radot, nous a montré un poète qui concevait rapidement, qui, comme
sur des ailes, était porté tout à coup jusqu'au sommet. Le savant positif redescendait ensuite, remontait pédestrement, pas à pas, la montagne qu'il avait franchie d'un seul coup, vérifiant exactement chaque chose. Ainsi semble procéder M. Carnegie. Il y a comme un Pégase qui le prend et l'enlève et puis, son esprit clair, positif, s'assure de tous les points, les examine minutieusement. On ne fait rien de grand qu'à cette double condition. Point de génie créateur, sans poésie sublime à la racine.
« On éprouvera à la lecture de ces oraisons de M. Carnegie, un plaisir infini. Il n'y a pas de lettrés plus savoureux que les hommes étrangers aux lettres, mais qui marquent par leur esprit transcendant dans un autre spécialisation. Ils savent trouver les formules originales, les mots énergiques et neufs. Personne n'est capable, parmi les professionnels de la littérature, de donner une émotion littéraire aussi profonde que M. Carnegie ».
M. Carnegie a trois ardentes passions : sa mère, l'Ecosse, son pays natal, et l'Amérique,
8 l'a b g de l'argent
son pays d'adoption. Sur ces trois sujets, il est intarissable, lis reviennent continuellement sur ses lèvres ou sous sa plume. Pour en parler, il trouve des accents d'une grande éloquence. En tête d'un de ses livres, il a écrit ces mots :
/ dedicate thèse pages
to my Favourite Héroïne