CHAPITRE PREMIER
LA SAINTETÉ CONSISTE DANS LA FIDÉLITÉ A L'ORDRE DE DIAU ET DANS L'ABANDON À SON ACTION
ST
La fidélité à l’ordre de Dieu a fait toute la sainteté des justes de l'ancienne loi, de saint Jo:eph et de Marie elle-même,
Dieu parle encore aujourd'hui comme il parlait à nos pères, lorsqu'il n’y avait ni directeurs ni méthode. La fidélité à l’ordre de Dieu faisait toute la spiritualité ; mais elle n’était pas réduite en art, qui l’expliquât d’une manière si sublime ni si détaillée, et qui renfermât tant de préceptes, d'instructions et de maximes. Nos besoins présents l’exigent, sans doute. Il n’en était pas ainsi dans # les premiers âges, où l’on avait plus de droiture et de simplicité. On y voyait que chaque moment amène un devoir qu'il faut remplir avec fidélité; c'en était assez
pour les spirituels d’alors. Toute leur attention s’y concentrait successivement, semblable à l’aiguille qui marque les heures, et qui, à chaque minute, répond à l’espace qu’elle doit parcourir. Leur esprit, mû sans cesse par l'impulsion divine, se trouvait insensiblement tourné vers le nouvel objet qui s’offrait à eux, selon Dieu, à chaque heure du jour.
Tels étaient les ressorts cachés de la conduite de Marie, la plus simple et la plus abandonnée à Dieu des créatures. La réponse qu’elle fit à l’Ange quand elle se contenta de lui dire : Fiat mihi secundüm verbum luum, rendait toute la théologie mystique de ses ancêtres. Tout s’y réduisait, comme à présent, au plus pur, au plus simple abandon de l'âme à la volonté de Dieu, sous quelque forme qu’elle se présentàt.
Cette belle et haute disposition, qui faisait tout le fond de l’âme de Marie, éclate admirablement dans cette parole toute simple : Fiat mihi. Remarquez qu'elle s'accorde parfaitement avec celle que Notre-Seigneur veut que nous ayons sans cesse à la bouche et au cœur : Æiat vo- ‘Tuntas tua. Il est vrai que ce qu’on exigeait de Marie, dans ce moment célèbre, était bien glorieux pour elle. Mais tout l'éclat de cette gloire n’eût point fait d’impression sur elle, si la volonté de Dieu, seule capable de la toucher, n’y eût arrété ses regards.
C’était cette divine volonté qui la réglait en tout. Que ses occupations fussent communes ou relevées, ce n'étaient à ses yeux que des apparences, tantôt obscures, tantôt bril-
‘Jantes, dans lesquelles elle trouvait également de quoi glorifier Dieu, et de quoi reconnaître les opérations du Tout-Puissant. Son esprit, ravi de joie, regardait tout ce qu'elle avait à faire ou à souffrir, à chaque moment,
comme un don de Celui qui remplit de biens les cœurs qui se nourrissent de lui seul. et non des espèces on des apparences créées,