‹ L'Abandon a la Providence DivineChapitre 26 sur 68 · POUR ACQUÉRIR UNE PARFAITE CONFORMITÉ A LA VOLONTÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

POUR ACQUÉRIR UNE PARFAITE CONFORMITÉ A LA VOLONTÉ DE DIEU

1° Au commencement de chaque jour, à l'oraison, à la messe et à la communion, protestez à Dieu que vous voulez étre à lui sans réserve, et que, pour cette fin, vous voulez tàcher de vous adonner entièrement à l’esprit d’oraison et à la vie intérieure.

2 Faites votre étude principale de la conformité à la volonté de Dieu jusque dans les moindres choses, disant à Dieu, au milieu des plus fâcheuses contrariétés et en présence des plus effrayantes perspectives : « Mon Dieu, je veux de tout mon cœur ce que vous voulez; je me soumets en tout et pour tout à votre bon plaisir, soit pour le

temps, soit pour l'éternité ; et cela, Ô mon Dieu, pour deux

(1) Ces avis ont été adressés, en 1731, par le Père de Caussade à la sœur Marie-Thérèse de Vioménil, qui avait alors 9 ans de profession et 28 ans d'âge,

raisons : la première, parce que vous êtes le Souverain Maître et qu’il est bien juste que toutes vos volontés s’accomplissent. La seconde, parce que je suis convaincue, par la foi et par mille expériences, que toutes vos saintes volontés sont aussi aimables et bienfaisantes qu'elles sont justes et adorables ; au lieu que mes volontés sont toujours aveugles et corrompues : aveugles, parce que je ne sais ce que je dois désirer ou repousser ; corrompues, parce que presque toujours je me porte à ce qui me serait préjudiciable. Ainsi, je renonce pour toujours à mes volontés, pour me soumettre à toutes les vôtres ; disposez de moi, ô mon Dieu, à votre gré et selon votre bon plaisir. »

3° La pratique de cette soumission continuelle vous conservera dans cette paix intérieure, qui est le fondement de la vie spirituelle, et vous empêchera de vous troubler et de vous inquiéter après vos fautes et manquements. Vous les supporterez au contraire avec une soumission humble et tranquille, qui servira plus à vous corriger qu'une douleur inquiète, propre uniquement à vous affaiblir et à vous décourager.

40 Ne pensez plus au passé, mais seulement au présent et à l'avenir. N'ayez aucune inquiétude sur vos confessions ; il faut seulement vous accuser des fautes que vous pourrez vous rappeler, après un demi-quart d'heure d'examen. Il sera bon d’ajouter à votre accusation un péché des plus considérables de la vie passée. Le repentir plus vif que fera naître dans votre cœur cette accusation vous disposera à recevoir avec plus d’abondance les grâces du Sacrement. Vous ne sauriez faire trop d’efforts pour écarter les obstacles qui vous rendraient plus malaisée la pratique de la confession fréquente.

5° Pour échapper aux inquiétudes que fait naître soit le

regret du passé, soit la crainte de l'avenir, voici en trois mots la règle à suivre : il faut laisser le passé à la trésgrande miséricorde de Dieu; l'avenir à son aimable providence; et donner tout le présent à son amour par notre fidélité à sa grâce. Amen.

6° Lorsque la bonté de Dieu vous enverra quelque contre-temps, quelques-unes de ces importunités qui vous causaient jadis tant de peines, vous en remercierez Dieu d’abord, comme d’une grande grâce d'autant plus utile à la grande œuvre de votre perfection qu’elle dérange davantage le travail du moment.

1° Vous tâcherez, malgré vos répugnances intérieures, de montrer bon visage aux personnes importunes, ou à celles qui viendront vous annoncer ces importunités ; vous quitterez promptement oraison, lecture, chœur, office, tout, pour aller où la providence vous appelle ; et vous ferez ce qu’on demande de vous tranquillement, paisiblement, sans hâte, sans chagrin.

8° Lorsque vous aurez manqué à quelqu'un de ces articles, vous ferez aussitôt quelque acte d’humilité intérieure, non pas de cette humilité inquiète, dépiteuse contre laquelle saint François de Sales parle tant, mais d’une humilité douce, paisible et suare. Ce point est essentiel pour vous, pour rompre la propre volonté, et ne plus vous rendre esclave de vos pratiques de dévotion extérieures ou intérieures.

96 Comprenons bien que nous n’aurons acquis une vraie conformité à la volonté de Dieu que lorsque nous serons parfaitement résolus à le servir Selon son gré et selon son goût, et non pas selon le nôtre. Ne regardez que Dieu en tout, et vous le trouverez partout; mais bien plus là ou vous vous renonçerez le plus vous-même. Quand vous vous

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