FER ICLCE DE EL A NEVER TAU
et le changement de votre cœur : 1° une sainte indifférence, ou comme une espèce de stupidité pour toutes les choses de ce monde; 2° un fonds de paix tel qu’on en vient à ne plus se troubler de rien au fond de l’âme, pas même de ses imperfections et de ses fautes, et moins encore de celles des autres; 3° un certain goùt de Dieu et des choses de Dieu, une espèce de faim et de soif de la justice, c'est-àdire de la vertu, de la piété, de toute perfection. Cette faim, qui est très-vive, est pourtant exempte d’empressement et de trouble ; elle porte à vouloir tout ce que Dieu veut, et rien au delà; à le bénir dans la pauvreté spirituelle, tout comme dans l'abondance.
Souvenez-vous toujours de cette grande parole de Jésus- Christ: « Si vous ne devenez comme de petits enfants vous n’entrerez point dans le royaume des Cieux. > Gardez-vous bien de donner jamais la moindre atteinte à cette sainte simplicité, si peu connue, si peu estimée, mais si précieuse aux yeux de Dieu. Soyez de plus en plus droite et simple dans vos pensées, dans vos paroles, dans vos sentiments, dans toutes vos actions et votre conduite. Il y en à qui veulent être tout le contraire, et qui l’affectent même par vanité. Oh! que ces personnes sont éloignées du royaume de Dieu, puisqu'elles n’en ont pas inême le fondement, l'humilité! — Tant que vous irez à l’oraison et que vous en sortirez avec votre esprit tranquille, recueilli et bien disposé, vous en tirerez toujours du fruit d’une manière ou d’une autre; bien plus, lorsque vous croirez Dieu plus éloigné de vous, c’est alors qu'il sera plus proche. Ne multipliez paàs vos actes dans l’oraison ; faites-en peu, fort doucement, dans le plus grand repos d'esprit et de cœur, et la plus grande quiétude que vous pourrez.
Pendant la journée, ne vous efforcez pas de faire tant de divers actes, et moins encore à y sentir de la ferveur et de la dévotion; tenez-vous fortement, humblement et doucement en paix, tranquille et toute résignée dans ce vide de l'esprit et de la volonté. C’est ce vide de l'esprit qui conduit au pur amour et à l’union avec Dieu.
LETTRE XXI