‹ L'abandonnée: drameChapitre 16 sur 37 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

Avec vos cheveux blonds frisant près de la tempe ; Et là, sous le rayon tamisé de la lampe, Comme un brave petit ménage d'ouvriers, Je lirais mon gros livre et vous travailleriez.

LOUISE

Oh ! comme c'est gentiL

Et puis, chaque semaine, Comme il faut du repos à la faiblesse humaine, Bras dessus, bras dessous, nous irons, hors Paris, Chercher les petits coins bien verts et bien fleuris. Nous voyez-vous, suivant le bord de la rivière, Vous, de quelques rubans parée et toute fière, Et moi tout à l'orgueil de sentir — ô langueur ! — Votre petite main à côté de mon cœur?

Ah ! ce seront alors nos heures les plus douces. Nous nous ferons des nids bien cachés dans les mousses, J'ornerai vos cheveux avec des liserons Et, l'appétit venu, joyeux, nous trouverons...

LOUISE

Dans le petit panier de quoi le satisfaire.

JULIEN

Enfin, si Ton n'est pas toujours aussi sévère, Le soir, par les sentiers ténébreux, au retour, Peut-être on permettra que je parle d'amour.

LOUISE

Mais observerez-vous la réserve promise?

jo L'ABANDONNÉE.

Vous contenterez-vous de Famitié permise ?

Vous êtes sincère, oui, mais si je voulais bien, Ici même, à présent, vous exigeriez...

Rien, Que Pespoir de bientôt vous revoir.

LOUISE

Mais sans doute.

JULIEN

Quand?

LOUISE

Lorsque vous voudrez.

JULIEN

Votre logis ?

LOUISE

La route.

Vous allez la connaître en me reconduisant, Et puis, nous causerons encor, chemin faisant ; Car je ne suis pas bien convaincue, et j'hésite.

JULIEN

Bah ! dès demain matin, je vous fais ma visite Et nous arrêterons, comme premier essai, Le jour d'une partie au bois de Viroflay.

LOUISE

Donnez-moi votre bras. Je suis toute confuse,

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