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L’ABATTAGE AU PISTOLET AUTOMATIQUE

Actuellement, et de plus en plus, le pistolet automatique se substitue aux appareils à balle d’une part, au merlin d'autre part. [Il semble posséder en effet les qualités de l’un et de l’autre et ne présente plus leurs inconvénients.

Les appareils à balle demandent une contention spéciale de manière à placer le crâne de l’animal bien dans le prolongement du corps, pour que la balle se perde dans la masse de l’encolure et ne provoque pas d'accident à sa sortie.

Avec le pistolet automatique nous n’avons plus de balle ; elle est remplacée par un jonc qui perfore le

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crâne et s'enfonce de quelques centimètres dans la substance cérébrale mais ne se sépare pas de l’arme dans laquelle elle revient ; la force est donnée au moyen de cartouches chargées à blanc. De plus, le bruit de la détonation est insignifiant et n'’effraie pas les autres animaux en attente d’abattage.

Ce que l’on reproche au Merlin c’est son manque d'automatisme, son emploi difficile, ses ratés quelfois. Le pistolet est automatique : la détente est un simple poussoir facile à actionner.

Aux abattoirs de la Mouche le pistolet automatique a été rendu obligatoire pour l’abattage des gros animaux. Il donne d'excellents résultats.

Dans les abattoirs de la ville d'Angers où l’on se sert couramment aussi de cet instrument, un seul insuccès a été observé sur un taureau. Ecoutons plutôt ce qu'en dit son directeur : « L'animal a reçu une « commotion assez violente pour être précipité sur le « sol, mais le crâne n'était pas perforé pour permet- « tre le passage du jonc. Le tueur a voulu faire un « trou au Merlin, mais a échoué à cinq reprises diffé- « rentes. C’est un deuxième coup de pistolet qui a « permis d'obtenir la perforation. Par conséquent « même dans ce cas où l’appareil n’avait pas produit « son effet ordinaire, il ne s’en était pas moins mon- « tré de beaucoup supérieur au Merlin.

« Quand on veut abattre un animal avec le Merlin, «1l faut le placer en position convenable pour asséner « le coup et cette préparation est parfois assez labo- « rieuse avec des animaux indociles. Avec le « Mata- « dor » il suffit de pouvoir placer le pistolet sur le

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« front pour tirer et obtenir la chute de l’animal, ce « qui est toujours facile et rapide. De même, il est « beaucoup plus aisé de diriger la chute qu'avec le « Merlin, et de faire tomber l’animal sur le côté droit, « pour faciliter la saignée. En effet, la commotion pro- « duite avec le Merlin n’amène pas un effondrement « aussi complet du sujet dont les membres restent « tendus et contrarient la chute. Avec le pistolet auto- « matique l’animal tombe comme si on lui avait brus- « quement coupé les quatre pattes et il suffit de la plus « légère pression pour orienter cette chute dans le « sens désiré. »

Bref, le pistolet automatique nous apparaît actuellement comme l’arme d'’abattage essentiellement pratique. Il permet d’abattre les plus gros bœufs sans seulement fixer la tête bas, les chevaux aussi dans leur position naturelle, puisque l’arme maniable d’une seule main peut être élevée facilement à la hauteur de leur front.

De plus, le pistolet automatique présente actuellement une broche spéciale plus courte et de calibre moindre que celle employée pour les gros animaux et qui permet de s’en servir pour le sacrifice des petits animaux : veaux, porcs, moutons et chèvres. Et l’on doit remarquer que chez ces espèces les lésions du cerveau provoquées par l'appareil sont imperceptibles, ce qui a l'avantage de n’entraîner aucune dépréciation de l'organe.

Bref, le pistolet automatique nous apparaît comme l'arme d’abattage par excellence. Il évite le geste bru-

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