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LES DIFFÉRENTS MASQUES

Sous la poussée des Sociétés Protectrices des Animaux, on a essayé de réduire les souffrances endurées par les victimes au moment de l’abattage et c’est pourquoi on a vu fleurir vers la fin du siècle dernier de nombreux systèmes qui se sont avérés inopérants par la suite.

Parmi eux, les appareils à masques; en France, nous avons eu le masque Bruneau pour lequel son inventeur obtint le prix de la Société protectrice des animaux de Paris en 1894; différents masques furent ensuite lancés à l'étranger, notamment les masques Boom, fabriqués à Copenhague, et à deux modèles, l’un pour les bœufs, l’autre pour les veaux.

1° Le masque Bruneau. — Ce masque d’abattage encore appelé « Bouterolle à masque » est un appareil de cuir qui s'adapte, grâce à une courroie, sur la tête de l’animal, dont il recouvre les yeux. À la partie médiane de cette enveloppe se trouve une plaque métallique percée d’un orifice arrondi qui repose exac-

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tement sur la partie médiane du frontal de l'animal.

Dans cet orifice, on introduit une cheville de fer à tête plate (le boulon) avec laquelle on perfore le frontal et blesse l'encéphale en frappant dessus avec une masse en bois ou maillet.

Ceci fait, on enlève le masque et, pour abréger l’agonie de l’animal, on introduit dans l’ouverture ainsi faite à la boîte cranienne, soit une forte sonde, soit de préférence une baguette de jonc ou d'’osier, qui doit, théoriquement, aller détruire la moelle allongée.

Une fois l’animal inerte, on pratique la saignée.

Il est aisé de se rendre compte des souffrances que doit endurer l'animal simplement étourdi par la pénétration de la cheville dans le crâne et dont on bouleverse avec un jonc les parties les plus sensibles du système nerveux.

L'appareil, d’ailleurs, fut essayé dans de nombreux abattoirs et sauf à l'étranger, Londres et Berlin, où son usage dura assez longtemps, il ne fut pas adopté, même pas à Paris où se trouvait son inventeur.

Plusieurs coups sont en général nécessaires pour faire pénétrer la cheville dans le crâne : on doit ensuite attendre que l’animal tombe pour essayer d’atteindre la moelle avec le jonc, que l’on passe plusieurs fois, ce qui demande au minimum de quatre à cinq minutes pour la mort de l’animal ou plutôt que l’on puisse procéder à la saignée.

Dembo rapporte qu’il assista à Berlin à un abattace où huit minutes furent nécessaires pour pouvoir pratiquer la saignée ; lors d’un autre abattage, douze coups furent nécessaires pour que la cheville pénètre assez

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profondément pour abattre l’animal: enfin, dans un troisième cas, malgré les manipulations douloureuses avec le jonc, la moelle aliongée de deux bœufs fut trouvée intacte.

Pour que la cheville pénètre du premier coup dans le crâne de l’animal, plusieurs conditions sont nécessaires :

1° Le masque doit bien s'adapter à la tête de l’animal,

2° La cheville doit être bien aiguisée, ce qui est difficile à obtenir, surtout dans les grands abattoirs où tous les jours de nombreux animaux sont abattus.

3° Enfin elle doit jouer facilement dans son orifice.

Beaucoup d'’inventeurs apportèrent des perfectionnements au masque, mais ils disparurent aussi vite que lui. Le meilleur fut le « Masque à ressort ». Avec cet appareil, la cheville ne risquait plus de sauter hors de son alvéole, ce qui était un avantage, mais le ressort la faisant rebondir, plusieurs coups étaient encore né-

cessaires pour abattre l’animal.

2° Les masques Boom. — Fabriqués sur le même principe que le Bouterolle, ils étaient au nombre de deux : l’un pour les bœufs, l’autre pour les veaux. Ils ne différaient du masque Bruneau que par leur mode d’attachement sur la tête, leur principe était le même. Plus compliqués et présentant de nombreux accessoires qu’un coup de masse malheureux pouvait rendre inutilisables, ils ne présentaient que des inconvénients et ne furent jamais beaucoup utilisés. Il en fut de même des masques Leinert et Erfurt.

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Conclusions. — Les masques s'étant montrés à l'usage moins pratiques et aussi inhumains que le coup de massue, on les abandonna vite et on se tourna alors vers les appareils à balles.

Nous allons donc voir maintenant l’abattage avec le

masque-révolver de Sigmund.

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