‹ L'Abattage des Animaux: au point de vue humanitaireChapitre 10 sur 16 · LES APPAREILS A BALLES · texte numérisé non relu

LES APPAREILS A BALLES

Masque-révolver de Sigmund.

Ce masque diffère du masque Bruneau en ce que sa plaque métallique est plus grande, s’attache solidement à la tête de l’animal et qu’on peut y visser le canon d'un révolver.

Les avantages sur le Bouterolle sont :

1° De ne point exiger de la part de celui qui s’en sert d’'habileté de main.

2° De supprimer l’emploi du jonc ou de la sonde, la balle devant détruire la moelle allongée.

Par contre, il joint aux défauts du Bruneau le grave défaut d’effrayer tous les animaux qui se trouvent dans l’abattoir ; de plus, et c’est surtout pour cela que son usage ne s'est point répandu, les bouchers l’accusent de donner une hémorragie insuffisante, ce qui rend la viande presque saigneuse et la fait se décomposer plus vite. Enfin si l’on attend trop pour pouvoir pratiquer la saignée, l'animal peut reprendre conscience et occasionner des accidents. De plus, l’usage des armes

à feu peut, dans un endroit aussi encombré que l’est une salle d’abattage, amener des accidents.

Pour tous ces motifs, l’usage de cet appareil ne s’est pas répandu et même à Bâle, où Sigmund était directeur de l’abattoir, il ne fut pas adopté par les bouchers,

L’ENUCAGE

Pour pratiquer l’énucage, l’animal, amené dans la salle d’abattage, est attaché par les cornes à un anneau fixé en terre; on tire sur la corde pour amener la tête le plus près du sol possible et on applique au flanc droit un crochet, de façon que l’animal ne puisse tomber que du côté gauche.

Îl importe de savoir qu'entre l’occipital et l’atlas, se trouve un intervalle qui n’est recouvert que par un fort ligament, les muscles et la peau.

Lorsque la tête s’abaisse, l’arc postérieur de l’atlas devient perceptible au toucher et en même temps cet intervalle s’agrandit; il est facile alors d'introduire dans l’espace atloïdo-occipital un stylet, qui, dirigé d’avant en arrière, ira atteindre la moelle, après section de la peau, des muscles et du ligament.

Cette méthode repose sur l’affirmation que le couteau détruit les centres cardiaques et respiratoires, que depuis Flourens on localise dans la moelle allongée. La lésion de la moelle amènerait la mort subite, foudroyante.

Pour pratiquer l'opération, le sacrificateur s'assure

d'un long couteau triangulaire appelé « Puntilla », se place devant la bête, et, d’un coup violent dirigé d'avant en arrière, il plante son couteau dans l’intervalle atloïdo-occipital.

L'animal s’abat instantanément, inerte, sur le côté gauche, sans plus donner signe de vie.

Est-ce à dire que la vie soit éteinte chez l’animal, ou même la conscience totalement abolie ? Non, et pour se convaincre de cela, il suffit de promener, avant la saignée, à quelque distance de l'œil, la main ou son chapeau et l’on constate une brusque occlusion des paupières ; les mouvements respiratoires subsistent, nous les avons notés lors d’un abattage à l’abattoir de Montpellier, sur deux animaux abattus par l’énucage en notre présence.

Pour que toute sensibilité soit abolie, les bouchers devraient sectionner complètement la moelle allongée et, de l’avis du Directeur sanitaire des abattoirs de Montpellier, où l’énucage se pratique couramment et est même la seule méthode employée, les bouchers se refusent de le faire pour des raisons économiques et parce que c’est inutile, disent-ils.

D'ailleurs, et ceci nous le trouvons dans la thèse de M. Dembo, pour pratiquer cette section, le couteau du sacrificateur devrait être dirigé d’arrière en avant et non d'avant en arrière ; mais alors on aurait une épaisseur de muscles plus grande, de plus le ligament cervical postérieur, et enfin ce serait moins commode que d'avant en arrière.

Nous venons de voir qu'après l’énucage, les animaux conservent la sensibilité et la conscience ; c’est

donc au point de vue humanitaire un abattage très douloureux puisqu'il lèse l’une des parties les plus nobles de l'animal, et il conviendrait de le rejeter là où il persiste encore.

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