‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 119 sur 306 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

autem sicul exhibita nobis nuper pro parte tua dans les lettres apostoliques faites à ce sujet,

petitio continebat , tu vel successores tui dicti Mais comme la pétition qui nous a été derniè-

mouaslerii abbates nonnumquam in locis et rement présentée de ta part, disait que toi et

prioratibus, ac parochialibus ecclesiis diclo mo- tes successeurs abbés de ton monastère aviez

nasterio pertinentibus, vel ab eo dependentibus parfois à célébrer dans les lieui , les prieurés et

celebrare, vel ad dilecti filii, nobilis viri , Phi* églises paroissiales appartenant au dit monastère

lippi , Burgundiœ et Brabantiae Ducis , ac ou qui en dépendent , ou bien qu'à la prière de

Flandris, Arthesii, Hannonix, Hollandix, notre fils ebéri noble homme Philippe , duc de

ZeJandia; ac Namurci comitis, vel ejus suc- Bourgogne et de Brabant , et comte de Flandre ,

cessorura ac eorum uxorum et liberorum prœ- d'Artois, du Hainaut, de Hollande, de Zélande

sentium et fulurorum instantiam in ipsorum et de Namur, vous ayez à célébrer en sa présence

presentia habeatis celebrare. ou en la présence de ses successeurs , de leurs

épouses et de leurs enfants présents et futurs.

Ut igitur tu et successores tui , in locis ac Afin donc que toi et tes successeurs vous soyez

presentia hujusmodi , condigois honoribus per en ces lieux , élevés à de plus grands honneurs

amplius aitollamini, nos tuis in hac parte sup- et conformes à la dignité d'une pareille assistance,

plicationibus im linali , ut in locis ac priora- accédant sur ce point à tes supplications, de

tibus ac parochialibus ecclesiis eidem mouas- notre autorité apostolique et par la teneur de

terio subjeclis , seu abbati et conventui ejus- ces présentes , nous accordons que dans lesdits

dem monasterii communiter vel divisura perli- lieux, les prieurés et les églises paroissiales

nentibUs, quamvis vobis pleno jure non subsint, soumis au monastère d'Anchin ou appartenant

seu etiam in presentia hujus modi illis et à l'abbé et au couvent du môme monastère, eo

eisdem,ac prorsus similibus milra, annulo et totalité ou en partie, quand mime ils ne vous

baculo pastoral! ac aliis ponlificalibus insigniis seraient pas soumis de plein droit, ou aussi mu

ubilibet, nec non benediclionem (dum modo présence de ces personnages ou d'autres se m-

in ipsa benedictione aliquis antistes vel sedis blables généralement , il tous soit permis d'user

aposlolica legalus praesens non fueril ), in om- de la mitre , de l'anneau et du bâton pastoral ,

nibus et per omnia uni et elargiri postitis; prout et des autres insignes pontificaux en tous lieux;

èt quemadmodum si in ecclesia dicti monasterii de dispenser la bénédiction à tous et partout

ceiebraretis, uli et elargiri possetis alias juxta ( pourvu toutefois que quelqu'évéquc ou légat du

dictarum litterarum coulinenliam alque for- siège apostolique ne soit pas présent), qu'il vous

mam tibi atque successoribus tuis auclorilate soit permis de jouir de ces privilèges , de les

apostolica tenore presentium concedimus. Pa- exercer, et de bénir, lorsque vous célébrez

riter et iodulgemus , non obstanlibus Aleiandri autre part que dans l'église dudit monastère, et

ponlificis iv predecessoris nostri bulla, que selon la forme et les indications prescrites dans

incipit : Abbates, et aliis constitutionibus et lesdites lettres, la bulle du souverain pontife

ordinationibus apostolicis, ceterisque contrariis Alexandre iv , commençant par : Abbates , ne

quibuscumque. s'y opposant pas, et les autres constitutions et

ordonnances apostoliques quelconques n'étant pas

contraires.

Nulli ergo oranino hominum hanc paginam Que nul donc parmi les hommes n'enfreigne

noslrs concession is infringere vel ei ausu terne- cette page de notre concession , et n'ait la té-

rario contraire , si quia autem hic atlemptare mérité de s'opposer à son exécution. Que celui

presumpserit indignationem omnipolentis Dei qui se permettrait d'y attenter sache qu'il en-

et B. Pétri et Pauli apostol. ejus se noverit courrait l'indignation de Dieu tout-puissant et de

incursurum. ses B. apôtres Pierre et Paul.

Oatum Borna; aptul B. Pelrum anno incarna- Donné à St-Pierre de Borne , Tan de l'incai-

tionis Dominiez jsccccxi.ix pridic cal. april. nation dominicale 1449, la veille des kal. d'avril,

pontif. nostri au. ô°. la ô« année de notre pontificat.

Mais en même temps que Pierre Toulet avait établi dans lo monastère l'ordre

et l'économie, qu'il avait uni les frères dans une parfaite harmonie par les liens d'une mutuelle charité , il s'était plu aussi à embellir la maison de Dieu. Pour ces travaux, il avait fait venir un célèbre artiste étranger. Cet art i sic qui avait parcouru

ABBAYE D'ANCHLN.

tous les |>ays du monde , était parvenu au plus haut degré de perfection dans l'art do la sculpture et de la peinture. Fr. de Bar rapporte que l'abbé Pierre, lorsqu'il eut fait marché avec cet habile ouvrier , le retint comme à l'attache , en le faisant mettre dans des entraves pour l'empêcher, de s'en aller avant que d'avoir mené à fin son travail : Compedibus artifieem detinuil ne abiret anlc perfectum. Toujours est-il que dans les derniers temps de l'abbaye, on admirait encore les magnifiques statues en marbre et en albâtre , œuvres de cet excellent artiste * ; au maître-autel du St-Sépulcrc, il avait représenté les principales phases de la vie et de la mort de notre Sauveur, depuis la scène de l'arrestation jusqu'à la crucifixion. On voyait aussi les saints patriarches sortant des limbes et entrant dans les célestes joies du Paradis. A un autre autel , Jésus crucifié , à un troisième , tout le mystère de la Passion. On était frappé d'élonnement à l'aspect des statues immenses de sainte Catherine , de sainte Barbe et de sainte Marguerite. Parmi tous ces monuments de l'art de la peinture et de la sculpture , il ne faut pas oublier ces vastes orgues , si merveilleuses par l'infinie diversité de leurs jeux , par la prodigieuse puissance de leur son et l'angélique suavité de leurs chants; c'était le comble de l'art humain , tous les organistes les plus experts qui venaient les visiter, assuraient qu'ils n'en avaient jamais vu ni entendu dans leurs voyages de semblables soit en France , soit en Espagne ou en Italie. Mais, hélas! malheur à jamais déplorable , ce chef-d'œuvre a péri^ seizième siècle1, dans les dévastations exercées par les Gueux1* iconoclastes à cette époque de désastres sacrilèges.

ta magnificence de l'abbé Pierre et la supériorité de son génie se manifestaient en toutes choses. C'est lui qui éleva la splendidc maison abbatiale qui se voyait au côté oriental du cloître , et dans laquelle était un très-bel oratoire. Il fit bâtir aussi un hôtel-de-ville à Pecquencourt.

Nous avons dit plus haut, par quel événement providentiel et dans quelles circonstances la sainte chandelle de Pecquencourt, issue de la chandelle d'Arras, s'était produite ; nous avons dit comment une confrérie s'était formée , comment une chapelle en l'honneur de ce cierge miraculeux avait été consacrée sous le portail de l'église de Pecquencourt. Cette chapelle se nommait chapelle des Ardens , par cette raison que les personnes affligées du feu St-Antoine , du charbon ou de quelqu'apostème ou maladie inllammatoire du corps, y venaient chercher soulagement ou guérison. Pour cela les malades devaient boire de l'eau sur laquelle surnageaient les perles de la cire qu'on y avait fait couler de la sainte chandelle , ou en laver leur plaie. Cette chapelle entretenue par une confrérie de musiciens , était devenue fort célèbre dans le pays, et la foule des fidèles y affluait. Jean Baillet, au commencement du xiv • siècle, avait fait une chose utile, ainsi que nous l'avons vu plus haut, en élevant sur la place de Pecquencourt une chapelle en forme de tour, sous l'invocation de la B. Vierge Marie, et où la miraculeuse chandelle avait été solennellement transportée et remise à la garde de la confrérie instituée à cet effet.

Pierre Toulet, un siècle et demi après, termina et restaura ce monument avec magnificence , et l'embellit des merveilles de l'art. Fr. de Bar , qui a visité la

» Vmj. LtV. dr deux IWnM etuix (««).

1 Ce u'est que deu» cents ans après que ces belle» orgues avaient ëlé détruite» par tes iconoclastes , qu'elfe* furent remplacées (au temps de la prélature du cardinal d'Yorck, dernier abbé d'Anchin), parle masniflque bullVl qui fait maintenant le plus bel ornement de l'édite n- Pierre de Douai.

• i.ueiuei : gueux . en fiamand gcusen. Au xvr siècle , on appelait ainsi les Calvinistes ou Luthériens

V' Ducanue, Trévoux, etc.

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