‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 135 sur 306 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

sommaikk. — JtAS àutt , \\*\* ubbé. — Joyeux avènement cx-Mbré, )M6. — Administration habile. — Affection et sollicitude pour «es frère*. — Homme de grande science et expérience , — remet en vigueur d'anciennes pratiques. Etat florissant de l'abbaye. — IjC monastère renferme plus de 60 moines. — L'abbé fait observer les

règles de l'iHiquette et de la représentation. — l*rieuré deSt-Kulpice de Douions réintégré ou domaine d'Anchln. — Le clocher incendié est restauré. — Impulsion donuée aux etudea. — Savants que l'ubbaye a produits. — Maladie de l abbé Jean Asset; sa mort, en IWS. - Êpilaphca.

Jean Asset , xxxv* abbé d'Anchin, qui succéda à Charles Coguin, était originaire d'Arras. Il avait été élevé au monastère de St-Vaast , où son oncle était abbé. Ses progrès dans les études de la discipline religieuse et dans les lettres, avaient été si rapides que dès l'âge de vingt ans il fut ordonné prêtre , et qu'il fut placé à la tête du beau prieuré d'Haspres, qui dépendait de St-Vaast. Il était fort versé dans la théologie et dans la connaissance du droit canonique ; et il avait fait preuve dans le gouvernement du prieuré d Hasprcs de beaucoup de prudence et de lumières. Il ne tarda pas à être promu à une prélature plus élevée. Nommé abbé du couvent de Sl-André de Bruges , il exerça cette prélature pendant vingt et un ans. 11 y acquit une belle renommée par sa piété profonde et par l'habileté et la sagesse de son gouvernement; c'est pourquoi, Charles Coguin, sentant ses forces défaillir, avait désiré vivement l'avoir pour coadjuteur, afin de lui transmettre la prélature d'Anchin , et d'assurer ainsi et de maintenir les prospérités de son abbaye.

A la mort de Charles Coguin, Jean Asset devint donc naturellement abbé titulaire d'Anchin. Son joyeux avènement fut célébré en l'an 1540. Les religieux d'Anchin qui avaient pu apprécier ses mérites et qui aspiraient à l'avantage de l'avoir à leur tête, l'accueillirent avec joie et empressement. Et lui, de son côté, répondit pleinement à leur attente. Son premier soin fut de pourvoir à ce que rien ne manquât à ses frères, en vêlements, en vins généreux, en aliments variés et plus abondants même que ne le comportait l'ordinaire. 11 restreignait ses dépenses pour augmenter leur bien-être. Ses soins et sa sollicitude s'étendaient à cet égard jusque-là, que le plus souvent il allait à la rencontre du dépensier qui revenait de Douai , examinait les provisions que celui-ci avait rapportées, et s'informait de la qualité du poisson , s'il était frais, s'il était ou non à écailles , s'il était de mer ou de rivière, et il faisait de même pour toutes les denrées, ne permettant pas que l'économe délivrât rien au couvent qu'il ne l'eût lui-même examiné et choisi.

Et aussi , selon une coutume antique qu'il remit en vigueur , le mardi , le jeudi et le dimanche il faisait couper quinze pains blancs de froment, semblables à ceux qu'on distribuait tous les jours au diner et au souper des moines, mais trois fois

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