CHAPITRE XXVI
Les troubles de la Belgique allaient croissant de jour en jour. L'abbé , en exécution du mandement de l'évèque d'Arras (1567) adressé à toutes les églises du diocèse, prescrivit que chaque jour , au maître— autel , le semainier , avec un diacre et un sous-diacre, chantassent les litanies en y insérant cette clausule : Ut cunctnm populum christianum pretioso sanguine tuo redemptum ïn sa u et à et orthodoxâ fide consi rvarc et ab erroribus universis pnrgare digneris , te rogamus midi nos. Cela s'est continué ainsi par la suite, et avait lieu encore en 1606.
Dans une visite qu'il renouvela la môme année 1567 , le 29 de mars, l'évèque d'Arras, après avoir entendu les réclamations des moines, ren'it de nouveaux décrets concernant les soins à donner aux malades , les comptée qu devait rendre l'intendant de l'infirmerie, la réception des hôtes, la nourriture et le vêtement des moines , le silence prescrit par la règle , l'interdiction de l'accès des femmes dans les lieux claustraux , l'élude des lettres , la concorde des frères , les devoirs de ceux qui étaient de semaine pour les messes , l'unité des rites et des cérémonies dans le temple, etc. Et aussi, & la prière du révérend et de tout le couvent, l'évèque, le 4 avril 1557, permit, pour que l'office divin se célébrât avec plus de dignité, d'abréger certaines formalités et suffrages, conformément à l'induit du nonce-légat apostolique dont nous avons parlé plus haut.
Les soins de l'abbé ne s'appliquaient pas seulement aux choses de la maison , mais ils s'étendaient aussi à celles du dehors et à ce qui pouvait contribuer au bien public. Lors de l'élection de Jean Duquesne au siège abbatial de St— Martin de Tournai , Lentailleur fut appelé en qualité de commissaire. 11 était en si grande estime auprès de l'évèque d'Arras et du gouverneur de l'Artois que , dans les assemblées du conseil d'Artois, on voulait toujours qu'il donnât d'abord son avis, quoique par le rang qu'il occupait il ne dût pas être le premier à le donner.