CHAPITRE III
quatinus cum in extremae discussionis die, in tuba angeli a sepulchris evocandos esse contigeiït, in oculis dislricli Judicis (idenliores appareamus. Ego igitur Ma nasses , Domine non merilis Remorum archiepiscopus, ta m bis quorum preseulialis existentia nos attingit quam bis quorum posteritas subsecutura expectatur, notum facio domnum Gerardum, Morinensem episcopum, ecclesiam S. Georgii juxta castrum Hisdinium silam , cum omnibus quas tam a Roberto Flandrensium comité quam ab Ingelrano aliisque quamplurimis eidem ecclesiœ collata sunt, domno Americo venerabili Aquicinensis cœnobii abbati, suis successoribus in illam omni tempore libère possidendam, consilio et assensu clericorum suorum contradidisse , ita tamen ut singulis aonis xii denarios pro respectu Taruanensis ecclesiae prxtaxata ecclesia S. videlicet Georgii persolvat. Canonici quoque S. Martini in cujus parochia prœdicta dinoscilur esse ecciesia, accepto pro ejus commutatione , ecclesia S. Fusciani et quibusdam terris, buic largitioni consenserunt. Has itaque munilicentias Pbilippus gloriosissimus rex, in die natalis Domini, post celebrata missarum soleinnia, cum se diademate celerisque regalibus indumentis in ecclesia Six Maria; Laudunensis exoneraret , astantibus episcopis quorum nomina subnolantur, ratas esse decrevit. >'os autem utpote in episcopatu nostro Aquicinensem ecclesiam foventes, pontilicali auctoritate interdicimus ut nullus ei injuriam inférât, nullus res ejus vel ecclesias qua? tam aGerardo Cameracensium episcopo quam ab aiiis fideiibus ei collata) suot, auferat vel invadat, nullus, sub occasione construenda; abbalix, seu alio quolibet modo , S. Georgii ecclesiam prefatœ Aquicinensi ecclesiai auferre présumât. Ut autem boc decretum nostrum posterisinconvulsum permaneat , auctoritate imaginis noslrse testimooioque (idelium corroborari decreviraus.
Signum Manasses, Remensis archiepiscopi >}?. S. Ilugonis Sucssionensis episcopi S. Amandi Lauduncnsis episc. •f'. S. Philippi Catalauncnsis episc. S. Rabodi Noviomencis episc. >fr. S. Gemini Ambianensis episc. >jf. S. Litaldi Syivacentensis episc. *i<. S. Lamberli Atrehatensis episc. S. WalteriMeldensis episc. *.
Actum Lauduni , anno incarnati Verbi » en» , droit s payer. Voir Ducange , Glott.
s'appliquer particulièrement aux choses ecclésiastiques; parce que lorsqu'au jour du jugement dernier la trompette de l'ange nous aura évoqués du sépulcre , nous paraîtrons avec plus de confiance aux yeux du Juge suprême. C'est pourquoi , moi , par mon nom Manassés , mais non par mes mérites, archevêque de Reims, tant à ceux dont l'existence actuelle nous atteint qu'à ceux qui sont à naître, je fais savoir que le seigneur Gérard , évêque de Terouane, a transrais à Dom Americ, vénérable abbé du couvent d'Anchin, et à ses successeurs, par le conseil et l'assentiment de ses clercs , comme chapelle qui devra être possédée en tous temps , l'église de Si-George , située contre le château d'Uesdin , et qui a été conférée , tant par Robert comte de Flandre, que par Engelran et par un grand nombre d'autres, à la condition cependant que l'église susdite de St-George paiera chaque année 12 deniers pour rttpect % à l'église de Terouane. Les chanoines de St-Martin aussi , dans la paroisse de qui on sait qu'est l'église susdite, ayant accepté en échange l'église de St-Fusciain et quelques terres, consentirent à cette concession. C'est pourquoi, Philippe roi très-glorieux, le jour de Noël , après les cérémonies de la messe célébrées, s'élant déchargé, dans l'église de Ste- Marie de Laon , du diadème «t des autres attributs royaux dont il était revêtu , et en présence des évéques dont les noms sont indiqués plus bas, ratifia ces munillcences. Et nous, couvant sous l'aile de notre épiscopat l'église d'Anchin, par notre autorité pontificale nous avons défendu que nul ne lui porte dommage, que nul ne lui enlève les biens ou les églises qui lui ont été conférés tant par Gérard , évèque de Cambrai , que par les autres fidèles, ou que nul ne s'en empare sous prétexte de construire une abbaye , ou de quelqu'autre façon que ce soit , que nul n'entreprenne de soustraire l'église de St-George à ladite église d'Anchin. Et afin que ce noire décret demeure immuable a l'avenir , nous avons décidé qu'il serait corroboré de l'autorité de notre image et du témoignage des fidèles.
Seing de Manassés, archevêque de Reims S. d'Hugues, évêque de Soissons»J«. S. d'Amand, évêque de Laon S. de Philippe , évèque de Chalons^. S. de Rabod, évêque de Noyon S. de Geruvin, évêque d'Amiens ,x«. S. de Litaldo, évèque de Senlis *x«. S. de Lambert, évêque d'Arras S. de Gauthier , évêque de M eaux ifc.
Fait à Laon , Tannée du Verbe incarné 1096.
4« Indiction. Philippe, très -glorieux roi des mlxxxxvi. Indictione mi. Régnante Phdippo
Français, régnant la 31» année, et la première gloriosissimo Francorum rege anno xxxim; ar-
année de l'archiépiscopal du Sgr Manassé. chiepiscopatus domini Manasse anno primo.
Foucard , chancelier, a reconnu , écrit et sous- Fulcradus , cancellarius i ecognovit , scripsit
crit. et suscripsit.
Archives d'Aiicbin. Original en parchemin , dont le sccl . pendant à des attache* de parchemin , a disparu
Pour copie conforme, le ci.it.
Ainsi que nous venons de le voir , Ma nasses archevêque de Reims, confirma , en l'an 1006 , la donation faite au monastère d'Anchin du prieure de St-Georges. L'évéque de Cambrai d'alors , le successeur de Gérard n , avait aussi nom Manassé ; il régissait l'évèché depuis Tannée 1095.
Or , dans les premiers temps de l'épiscopat de Manassé évêque de Cambrai , et en sa présence, en présence aussi de Lambert évôque d'Arras * , aurait eu lieu à Anchin , cette fête fameuse que, d'après une longue charte, inventée par Jean-Baptiste Carpentier , on a érigée en un tournoi qui aurait été célébré au printemps de Tannée 1096. Dans ce tournoi , vainqueurs et vaincus des joute» et carrousels, après avoir fait un grand nombre de dous à l'abbaye , se seraient engagés à prendre la croix et à aller en Asie dans le cours de Tan , pour combattre les infidèles et conquérir le tombeau de Notre-Seigneur Jésus-Christ. On a dit les détails pittoresques , les circonstances de cette féte chevaleresque ; on a décrit les cortèges et jusqu'aux costumes des personnages , les joûtes , les pas d'armes , etc.
Ce serait assurément une page fort brillante dans les fastes du monastère d'Anchin et un épisode éclatant dans les annales de nos contrées; mais malheureusement il n'est rien moins certain que ce fameux tournoi d'Anchin ait jamais eu lieu. Ce fait historique n'a absolument aucun autre garant que la mention qui en est faite dans la charte publiée par Carpentier , historien , comme on sait , fort peu scrupuleux et dont on ne peut accepter les allégations que sous bénéfice d'inventaire. Au demeurant, nous exposerons tout-à-Thcure les raisons et motifs qui nous font penser que cet acte du tournoi d'Anchin est une œuvre d'invention , fabriquée pour complaire à certaines familles et fournir un titre à leurs prétentions. Mais cette pièce , quelle qu'elle soit , a occupé jusqu'à présent une place trop considérable dans notre histoire , pour que nous puissions nous dispenser de la reproduire ici textuellement , avec la traduction française que nous empruntons à M. R. Duthillœul, bibliothécaire de la ville de Douai \
Au nom de la sainte et indivisible Trinité. In nomine sancte et individue Trinitati*
Amen. " Amen.
Nous avons souvent entendu cette parabole de Sepius audivimus illud Evangclii : qulu irm
l'Evangile : qu'un arbre n'eut pas bnn lorsqu'il est arbor bona quv non facit fruclum l.onum. ne produit pas de bons fruits.
En conséquence, moi , Anselme de Ribemont, Ea propter ego Ansellus, Valencenensis caschâtelain de Valenciennes et seigneur de l'OsIrc- tellanus, Ribodimontis et Ostrevandix dominus, vant, je veux faire savoir à tous ceux qui sont notum tieri volo omnibus ad vitam preordi-
» Selon une observation faite par notre très-savant et scrupuleux archiviste M. le D • Le Glay , concernant cette pièce fort Intéressante de tous points , laquelle d'ailleurs a tous les caractères d'authenticité et de vérité , et dont l'écriture aussi est bien du temps , il faut noter quo la disposition du sceau , qui au lieu d'être plaqué sur le titre, était pendant à des attaches, n'est pas ordinaire pour l'époque. Durant tout le onzième siècle les sceaux étaient asses généralement plaqués et non appendus.
» Lea diocèses de Cambrai ctd'Artas ont été séparés en t0«. Le Glay. fft.*f. de l'dgl. mcVroj». de Camhrni.
§ R. Duthillœul : Petites hist. de» pays de Flandre et d'Artois , p. Il , art. Anchin.