‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 159 sur 306 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

idooeum. Quo juramenlo preeslito ac maturâ deliberatiooe pnehabitâ inter dictos capitulantes illicô dompcus Guillelmus Pepre,prior sancti Georgii alla et intelligibili voce dixit se eligere et nominare in suum et ecclesia; sou monaslerii pradicti abbatem et pastorem dompnum Varnerum de Daure, priorem dicta* ecclesia; virum ulique providum et discretum , bon» famai mclioris vita* et conversations houesta:. Et moi oranes et singuli supradicli religiosi concapilulando assurgentes, eumdem dompnum Varnerum de Daure elegerunt et nominaverunt unanimiter, nemine eorum discrepantc penilus seu disscnliente. Postha-c priores Sancti Georgii et d'Aymeries , auctoritate et de mandito omnium aliorum eligentium et capitulariter eis factis et commissis dictam et celebralam electionem praifalo domino electo in dictâ ecclesiâ adhuc existent! présentaient , iltius conscnsum super eàdem bumililerrequirentes. Qui quidem dominus electus, faclà sibi hujusmodi eiectionis pra'seulatione , respondit quod licet tanti muneris et beneficii indiguum se reputarel , attamen Dei oranipolentis creatoris nostri confideulià (retus quod talis elcctio ad suœ et confratrum suorum diclique monaslerii' directionem cedere sperahat , eam acceptabat et acceptavit , eidemquc elcctioni consentit. Quapropter supradicti priores Sancti Georgii et d'Aymerie praTntum dominum electum ante majus altare chori ecclesia; dicti monaslerii dediuerunt cantantes cum reliquis religiosis canticum lœtitis : Te Dr um laudamxu , etc., cum versiculo et collecU ad boc consuetis in signum exultatioais et fcetitiee. Quo finito caulico, nos notarii publici sic celebralam electionem ad majus ostium chori ipsius ecclesia? , coram clcro et populo ibidem aslanli allâ voce solemniter publicavimus et insinuavimus, nemine se opponente vel conlradicente. De quibus omnibus et singulis pramissis pra'dicti cligentes et electus petierunt et nobis nolariis infrà scriptis sibi publicum seu publica fieri instrumentum seu instrumenta. Acla fuerunt hase respectivé et successivé in capilulo ecclesia; et monaslerii prœdicti sub anno, indictiooe, diebus, mense et pontificatu prasdiclis.

Copié textuellement sur la pièce originale qui nous a été révélée par M. I.e Olay. — Au bits de l'acte, sont les signatures, litres et qualités des deux notaires de Bruine et de Le Val. Les paraphes, plus ou moins historiés, portent chacun une devise ou légende; la devise de Bruine est : Sptro lueem , et celle de De Le Val : Victru fortunct palienlia.

Dom Warnier, aussitôt après son élection et sa confirmation, fit écrire par Philippe Deleval, procurateur du monastère, des lettres aux deux vicaires, Viglius et Daussonville , ainsi qu'au secrétaire du vicariat, Berty, pour les remercier de la part qu'ils avaient prise à son élection ; et en même temps il envoya à chacun , comme un faible témoignage de sa reconnaissance et de sa bonne amitié, une partie de vin d'Orléans, vin alors fort en réputation.

La cérémonie de la bénédiction , qui devait se faire à Auchin par l'archevêque de Cambrai , fut fixée au dimanche d'après le jour des Rois, le 9 de janvier 1575. Voici la lettre que l'abbé Warnier écrivit au prélat de St-Martin de Tournai, pour l'inviter à assister à la solennité :

Monseigneur ,

La présente n'est à aullre effet fors pour supplier bien humblement votre seigneurie qu'il plaise à tcelle me faire ce bien, faveur et honnf.ur, d'assister et comparoiro à notre bénédiction de Testât abbatial de ce monastère et que monseigneur le révérendissime archevêque de Cambray de sa grâce me doit impertir céans le dimanche enssuyvant le jour des Rois prochain , ix de ce présent mois, ce que j'espère votre Révérence ne me déniera si les affaires et les dispositions se peuvent opporter, me confiant sur l'anchieone société et confraternité de votre monastère avec notre maison. Qu'y sera l'endroit, Monseigneur, où je prierai notre bon Dieu impertir à votre Révéreuce sa sainte grâce , me recommandant bien à la vôtre.

D'Auchin , ce vi de janvier 1575.

Or, l'archevêque de Cambrai avait envoyé à Anchin un messager avant son arrivée pour que l'on vint à sa rencontre. C'est pourquoi (bien que quelques

anciens moines s'étonnassent de cette prétention de la part de l'archevêque de Cambrai , attendu que le couvent n'allait jamais à la rencontre des évèques , même supérieurs) , on alla au - devant de sa seigneurie ; mais pour que l'on ne pût considérer cette démarche 5 l'égard de l'archevêque, comme le témoignage d'une sorte de subjection qui n'était due de la part du couvent d'Anchin qu'à l'évèque d'Arras, l'abbé élu qui devait être béni, et les jeunes novices en aube, et tous les moines revêtus seulement de la coule monachale, allèrent au-devant de l'archevêque.

Le prélat , en descendant de cheval , avec son manteau et ses bottes , se dirigea vers le temple , d'où le couvent sortit pour le recevoir dans le cimetière des laïcs , et là , l'archevêque ayant accepté le goupillou des mains de l'abbé élu ", s'aspergea lui-même et aspergea de l'eau lustrale l'assistance; puis, au son des grosses cloches , le cortège entra dans l'église et accompagna l'archevêque jusqu'au maîtreautel , où un escabeau lui avait été préparé. Le prélat , un seul genou fléchi , attendit que le répons commencé fût achevé ; alors l'abbé élu , après avoir aspergé les assistants, entonna le Te Deum, qu'il fit suivre de l'oraison : De Trinitate omnipotens, etc.

Enfin, le 9 janvier 1575, Warnier de Daure, (le siège épiscopal d'Arras étant vacant par la mort de l'évèque ) , reçut la bénédiction de l'archevêque de Cambrai , Mgr Louis de Berlaymont , selon les formes et avec les rites prescrits au pontifical romain.

Avant de procéder à cette bénédiction, l'archevêque avait remis aux mains de l'abbé élu le bâton abbatial, les gants, les anneaux et la mitre. Il avait commencé par l'interroger sur les vœux qu'il contractait et sur l'obéissance qu'il devait à l'évèque d'Arras ; et parmi les cérémonies de la messe solennelle , l'official d'Arras reçut, par procuration, au nom et à la place de l'évèque qu'il représentait, les déclarations de l'abbé élu, qui promit obéissance. Alors, le même officiai, après la bénédiction donnée par l'archevêque , qui avait célébré la messe à haute voix , * intronisa l'abbé béni sur le siège abbatial , d'abord à la messe , ensuite aux vêpres ; puis il entonna le Te Deum , que les moines achevèrent. Enfin l'official , revêtu de l'aube et de la chappe, ayant à sa droite l'abbé de Marchiennes, et à sa gauche l'abbé d'Hasnon , pour l'assister et le servir , et accompagné d'autres prélats et de jous les religieux profès , se dirigea vers le chapitre , où il intronisa aussi le nouvel abbé auquel alors tous les profès promirent obéissance. Pendant ce temps l'archevêque était resté dans le temple auprès du maître - autel , et lorsque les moines rentrèrent dans l'église, ce prélat ayant terminé son office, se rendit au vestiaire commun; mais les abbés , avec ceux qui les accompagnaient , se rendirent au vestiaire abbatial.

Tout étant fini , l'archevêque , accompagné des autres prélats , des docteurs et des nobles, fut conduit à sa chambre.

Parmi les personnages qui assistaient à cette cérémonie, et dont nous n'avons pas encore parlé, étaient l'abbé de Vicogne et celui d'Auchy-les-Moines. Parmi les nobles, M. de Rassenghien, gouverneur de Lille, Douai et Orchies, M. de Vajex, gouverneur d'Arras, MM. d'Estrées et de Verquigneul , parents et alliés de l'abbé Warnier ; M. de Navre , professeur en droit , autrefois abbé , et M. Favius Asset, tous deux docteurs en théologie et en droit de l'Université de Douai. Se trouvaient aussi à cette fête le Père Maximilien , recteur du collège d'Anchin, et plusieurs antres Pères de la compagnie de Jésus avec leurs écoliers,

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