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les minutes, non-seulement de la supplique adressée à la cour par Joachim Zoette, mais aussi d'une lettre que François d'Hours, autrement dit de Bonnières , avait écrite à son parent, M. de Mtilboutry , bailli de Douai, pour le prier de s'entremettre dans les démarches qu'il faisait afin d'obtenir la prélaturc d'Anchin ; ce qui était en contradiction formelle avec la requête présentée par le couvent et consignée dans l'acte notarié, rapporté plus liant, et que Fr. d'Hours lui-même avait signé.
D'après ce qu'en disent les écrits du temps , François de Bonnières était de famille noble, mais déchue et pauvre, et qui avait besoin de refaire sa fortune; c'était un homme ambitieux et hardi , d'un esprit délié , quoique dépourvu d'instruction. La lettre de d'Hours mettra le lecteur à même d'apprécier l'état des choses :
Monsieur mou cousin ,
Advisant à la cherge de laquelle m'avez ces jours derniers enchergé que de volloir adviser votre seigneurie lorsque je ressentirais aucunes altérations au gouvernement de noire maison, à quoy ne veuillant faillir d'advertir Mgr Y. S., que depuis trois ou quatre jours en clia, notre grand prieur a envoyé son homme au logis de M. de Thuo où estoit présent M. de Mastaing, lesquels ensamh'e conclurent de se transporter vers son Alteze et moyennant pour advancher nostre dict prieur à Testât abbatial pour céans; non seulement qu'il est François et tenoient pour certain qu'il l'emporlcroit et impetreroit de son Alteze que nul aultre ne l'auroitque lui; je vous laisse à penser combien d'inconvéniens nous surviendroient sy Ion vient jusques là non sachant qu'il est de nation franchoise, cela nous pourra tourner à grand préjudice, pensant que nous nous voudrions allier aux Franchois et que l'on vouldra par cy après adsister à M. d'Anchin pourque nous contreviendrions aux edicts de feu l'empereur6 prohibant l'advanchement des Franchois aux dignités abbatiales pour les quartiers bas , et que sy son Alteze en estoit adverty , je pense qu'on ne poursuyveroit pas plus oultre. Mais en tant quelle en sera ignorante, je crains assez qu'ils ne machinent quelque chose. Brief pour la seconde M. d'Anchin a envoyé céans un sien serviteur franchois de Paris, lequel ceux du comptoire le tiennent caché à ce que nous aultres n'en puissions rien savoir, mais il n'a pas esté tenu si secret que nous ne l'eussions reçeu et quy nous donne bien fort à penser que Ion voudrait adsister à M. d'Anchio , lequel depuis huict jours est retiré à Paris. Or sus, Monseigneur, cher et bon amy s'il a esté heure de m'advancher , cest maintenant non point toutefois céans 7 je vous ay protesté dernièrement que je la demande simplement; mais voyant et considérant aulcuns estrangiers qui la veuillent voler, encore moy incapable requereroy voire adsistence et aide , attendu que vous estes en tel nombre de nos parens , par lesquels la maison porra estre merveilleusement et fort bien garantie et que de moy mesrae ne puis aucune chose , neantmoins me reposant sur vous tous, j'espereroy de povoir quelque chose. Je vous supplieroy de poursuivre ceste affaire le plus qu'il sera possible et ne doublez pas que nos confrères feront élection desquels vous en aurez honneur, attendu quils reçoibvent de jour en jour nouvelles altérations de ceux que savez du comptoire veuillans faire des mailres de la maison. Et de ces affaires vous consulterez sil vous plaid le (ils de M. de Bacy nommé M. de Monbrechy ensemble M. de Cubrcy et cestuy que congnoissez M. de Marquet lequel a esté le premier quy a commenebé de mon advenchement , aflin que par votre moyen mutuel vous puissiez exécuter victorieusement les affaires.
Monsieur mon cousin , je suis cetuy lequel désire et desireroie l'honneur de Dieu et de nos parens et bons amis , et doneques affin que puissions avoir quelque petit moyen pour ce faire , je vous supplierai d'avoir ung votre ami pour recommandé , et que s'il y a chose en quoy je vous puisse faire plaisir et amitié , je vous prie de me vouloir selon mon petit estât emplier, et vous trouverez ung tout votre.
Ce sera lendroict , monsieur mon cousin , me recommandant très-affectueusement à votre
* Mnvm'llcn ti , mort h Unl^b-wiw, le 12 dréembre li't;.
; On voit, plus loin, c|hl« i'r. d'Hours a été nommn abbi1 de r'érm.