‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 236 sur 306 · Ut leclioni omnes sub gravibus pœnis interesse cogantur · texte numérisé non relu

Ut leclioni omnes sub gravibus pœnis interesse cogantur

7. Mcdilationum etiam sive orationis mentalis quae domino abbati commodior videbitur hora aliqua praiigatur, quà quotidie religiosi omnes buic sancto ac monachorum proprio eiercitio operam dent.

8. Nos statuimus ne ullo unquam futuro tempore sub excommunicationis latae sententiaï poenâ , ut est in litteris pontifiais, quas prompte reiigiosis omnibus itisinuavimus ne ad claustra nisi fortassè procvMionum tempore , neque ad alia loca ad quae reiigiosis , sine superiorum licentià liber est accessus (œminarum ingressus.

Après avoir entendu la lecture de ces articles , les moines discutèrent pour décider quel parti ils avaient à prendre ; les uns disaient qu'il fallait répondre au nonce en lui envoyant les décisions des docteurs de Louvain et les décrets de l'évoque d'Arras; décisions et décrets en vertu desquels les religieux n'étaient pas tenus d'obéir à ces instituts nouveaux. Les autres prétendaient qu'il était inutile de rappeler au nonce ces décrets et décisions qui lui avaient déjà été communiqués et qu'il connaissait bien , qu'il suffisait de lui adresser les observations et réclamations qu'on croyait avoir à faire. Néanmoins on tomba généralement d'accord qu'il fallait avant tout exiger de l'abbé qu'il produisit l'exemplaire original des décrets du nonce , et lui demander ensuite s'il voulait que la supplique des religieux fût déposée entre ses mains , fermée et cacbetée ou bien ouverte , et quand il voulait qu'elle lui fût remise. En conséquenco le prieur , avant qu'on fût sorti de l'auditoire , se rendit à l'hôtel de l'abbé, et lui demanda, au nom de toute la communauté, l'exemplaire original des décrets du nonce apostolique. A cela l'abbé répondit qu'il avait remis aux religieux les articles qui les concernaient, et que si l'on soupçonnait qu'ils fussent trouqués , on pouvait les comparer à l'original ( la vérité est que , dans la copie qui avait été donnée aux moines , plusieurs articles avaient été changés , et que quelques-uns qui étaient à l'avantage des religieux avaient été retranchés). L'abbé ajouta que , pour ce qui était de livrer l'instrument original , ne voulant pas agir témérairement , il ne le ferait pas avant que le nonce lui - même y ait fait les modifications et changements qu'il croirait devoir y apporter. Interpellé ensuite par le prieur de répondre s'il voulait que la supplique signée des religieux lui fût remise ouverte ou fermée , et quand il voulait qu'elle lui fût remise , il répondit qu'il la voulait recevoir ouverte , le jour même ou le lendemain ; que d'ailleurs ,

après les vêpres , il se rendrait à l'auditoire et qu'il demanderait à chacun des religieux son avis.

Apres les vêpres donc , l'abbé se rendit à l'auditoire. Il commença par dire que les frères avaient eu le temps suffisant paur se consulter et délibérer depuis le jour de la promulgation des décrets , le 4 de juin , jusqu'aujourd'hui le G du même mois (entre ces deux jours il y avait eu la fête solennelle du Slr-Sacremenl). Il ajouta qu'il n'était pas nécessaire que les religieux prissent connaissance de tous les articles du décret , qu'il leur suffisait de connaître ceux qui les concernaient. Cependant il demanda si l'on voulait qu'une seconde lecture fût faite de ces articles seulement ou de tout l'acte. Comme le prieur insistait pour que le révérend voulût bien livrer l'instrument original tout entier, tel que le nonce apostolique lui-même l'avait donné, l'abbé répondit que plusieurs des articles ne regardaient pas les religieux et ne concernaient que la personne de l'abbé , et que c'était affaire entre lui et le nonce. « Au demeurant , dit-il au prieur, si vous voulez vous engager » à accepter tous les articles intégralement , je vais vous livrer l'acte tout » entier des décrets du nonce apostolique lui-même ?» A cette interpellation , le prieur répondit qu'il accepterait tous les articles , dès lors qu'ils auraient été approuvés par le prochain synode , c'est-à-dire le synode provincial qui devait être convoqué incessamment par le nonce , qui devait lui-même le présider, et où les décrets devaient être examinés et discutés pour être envoyés à tous les monastères de la Belgique. L'abbé interrogea ensuite le sous-prieur Pierre Passel , qui dit que son avis était qu'on dût répondre aux décrets du nonce apostolique , parce que , selon le droit, il est permis d'appeler du pontife mal informé au pontife bien informé ou à un concile. Le troisième prieur, Noël Flameng , se rangea à l'opinion de Pierre Passet. Le quatrième prieur, Noël Fruy, qui était sourd , déclara qu'il se conformerait à ce que feraient les autres frères. Georges Goisson indiqua un projet de supplique à présenter au nonce. Jean Lamelin était d'avis que tous les articles , tels qu'ils étaient dans le décret , fussent acceptés et suivis par les religieux et par l'abbé. Quant à lui , disait-il , il était tout prêt à se soumettre à tous les articles que le regardaient , pourvu toutefois que l'abbé de son côté exécutât ceux cpii le concernaient. L'abbé , vivement ému de cette réponse , dit qu'il n'appartenait pas à des inférieurs d'imposer des lois à leur supérieur ; qy'il était peut-être plus disposé que dom Lamelin lui-même à remplir ses devoirs. — Lamelin répliqua que ce qui amenait dans le monastère la division et tous les maux qui en sont la conséquence, c'était qu'un supérieur prétendît imposer aux siens des obligations rigoureuses , quand lui-même ne remplissait pas ses devoirs. L'abbé coupa court à cette sortie virulente de Lamelin, en lui commandant de se taire; vt il passa à un autre religieux , Jérôme Buzelin , qui opina pour qu'on présentât une supplique. Le huitième, qui était Sébastien Francou , répondit qu'il approuvait tous les articles et qu'il n'aspirait qu'au temps où ils seraient tous mis à exécution. Le neuvième, Jean Lcspaullart, exprima le même avis, ainsi que le dixième, Bonaventure de Tournai. Le onzième , Pontbus liirchoux , voulut la supplique. Gérard Gaulthier, le douzième , et Erasme Grumeaux , le treizième , se rangèrent à l'opinion du prieur. Deux religieux , dom Louis Greoet et doin Jacques Bourqueau , qui étaient absents alors , avaient assisté à la première publication , et ils avaient fait entendre au prieur qu'ils n'étaient pas d'avis qu'on mît à exécution les articles relatifs au jeûne et à la lecture continue dans le couvent tels que le révérend les avait

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