‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 255 sur 306 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

L'élection de Jean Faveau à la prélature abbatiale , ne parait pas avoir souffert de difficultés, elle eut lieu peu de temps après la mort de Warnier de Daure. Les lettres patentes des archiducs, qui autorisent cette élection, sont du 25 mars 1610, et les lettres conflrmatoires sont du 20 juillet de la môme année. Le dimanche 29 août suivant, l'évèque de Tournai, Michel d'Esne , (le siège d'Amis était alors vacant), bénit le nouvel abbé \ Du reste , le gouvernement de Jean Faveau fut fort paisible; des les premiers temps de son avènement, en 1611 , il termina les contestations avec les Jésuites que, d'ailleurs, il avait toujours favorisés, et leur concéda la permission de faire deux cours , tant de logique que de physique , dans quatre classes différentes de son collège : toutefois , cette autorisation ne fut accordée aux Pères que pour un temps, et jusqu'à ce qu'ils eussent une place capable de contenir le grand nombre des écoliers qui se présentaient1.

On conserve aux archives du département des lettres fort belles, enrichira d'ornements coloriés, par lesquelles Marc Vitelleschi, général des Jésuites, rend Jean Faveau participant des prières et bonnes œuvres de la compagnie.

Rien de remarquable , que nous sachions , en ce qui touche l'histoire de l'abbaye et de l'église d'Anchin , ne se passa du temps de la prélature de Jean Faveau , que le vulgaire , dit le père Ignace , appelait Faviaux *. Selon le même chroniqueur, Jean Faveau serait mort le 15 février de l'année 1620, après dix ans de prélature et à l'âge de soixante-quatorze ans *. Ferry de Locres , dans sa chronique belge, publiée en 1616, indique Jean Faveau dans la série des abbés d'Anchin : /t. D. Joannes Faveau , anteà in S. Gcorgii juxtà Ilesdinium priorf hodie supcrsles.

Jean de Meebe , ou Lemaire, grand-prieur, succéda à Jean Faveau; il était originaire de la Flandre ; son vrai nom , d'après le père Ignace , serait Jean de Le Meere. Il fut installé le 30 avril de l'année 1620, deux mois et demi après la mort de son prédécesseur. 11 était Agé de soixante-dix-sept ans lorsqu'il parvint à la prélature \

En 1627 , le 26 mars, le magistral de Bouchain ayant pris ses arrangements pour procurer la nourriture et l'instruction dans le collège d'Anchin à trois pauvres étudiants natifs de celte ville, s'adressa pour ce sujet à l'abbé Jean de Meere, et depuis lors le magistrat de Bouchain continua de présenter ses boursiers aux religieux de l'abbaye*.

Le 9 août de U môme année 1627, deux Jésuites , régents de philosophie dans le collège d'Anchin , un autre Jésuite , régent dans celui de Marchiennes , et deux Bénédictins , professeurs dans celui de St-Vaast , furent nommés , par la faculté des arts, examinateurs des candidats à la licence des arts; et ce fut la première fois que les Pères de la Société furent admis dans le conseil de la faculté. Ils y avaient renoncé en 1 573 , parce qu'ils refusaient alors de prêter le serinent ordinaire. Ils firent moins de difficultés en 1 627 , et du consentement de leur Père recteur, ils s'y soumirent de bonne grâce1.

I^c révérend père Richard Gibbon , théologien de la compagnie de Jésus , dédia

1 Os lettre» de bénédiction do même que les lettres patentes de* archiducs , ex'stcnt en original nu dépôt de» Archive* générales du Dr. Ces Utres nous ont été révélés par H. Le Glay.

* Hùt. du coll. dWncnm, p. 15, In-foli-i Impr. n" A9i du estai, de la "bibl. de Douai.

* M«n .1res du rte*. d'Arras , Mi., t. iv, p. *M et 187 , bibliot. de la ville d'Arras.

* Idem. Dictionnaire du diocèse d'Arras, p. 9;4, ibid.

* L'acle « riglnal de l'ékction de iean Mrere , existe aux arch. gén. de dép. 1 du Nord , il e t dàlé du 3t> avril i6?u.

* flirt, du cotise d'.inchin , déjà cité. ' Ibid.

à l'abbé Jean de Meere (au mois de septembre 1620) son livre Beali Gosuini vita. Ce livre, imprimé à Douai chez Marc Wion , contient la substance des deux manuscrits dont nous avons parlé plus haut ; l'un attribué au moine Alexandre , ami et contemporain de saint Gosuin , et l'autre , d'une date un peu postérieure , et qui est d'un religieux d'Anchin , contemporain de l'abbé Simon premier, vers 1 175.

L'abbé Jean de Meere fut un des prélats qui assistèrent aux cérémonies qui furent célébrées avec une pompe inouie, le 11 mars 1622, pour l'inhumation d'Albert, archiduc d'Autriche , duc de Bourgogne et de Brabant, mort le 13 juillet 1621. Cette cérémonie eut lieu sept mois après la mort de l'archiduc. Dans le beau volume magnifiquement colorié que M. le comte d'Esclaibes a donné à la bibliothèque de Douai*, l'abbé J. de Meere est représenté en chappe de velours violet garnie de franges d'or ; il avait place dans le cortège entre dom Pierre Roberli , abbé de Munster en la ville de Luxembourg et l'abbé de St-Adrien , dom Anlhoine de Montmorency ; à sa droite était dom Nicolas de la Croix , abbé de Maroeuile.

Jean de Meere , trente-neuvième abbé d'Anchin , mourut a l'âge de quatre- MUgt-neuf ans, dans la douzième année de sa prélaturc, le 7 juin 1632.

La même année, Jean de V.u'Cei., ou Du Vauchel, lui succéda. Les lettres patentes des archiducs pour la nomination de Jean de Vauchel sont du 14 juillet 1632, à Bruxelles. Rien d'important ne se passa dans l'intérieur de l'abbaye pendant le temps de la prélature de cet abbé. 11 a gouverné seize ans.

Il résulte de quelques pièces et comptes qu'on a retrouves, que ce prélat fit construire à grands frais, dans les marais d'Anchin, un moulin à eau. 11 avait été fondé de pouvoir pour assister au nom de l'abbaye au concile provincial de Cambrai ; il s'y rendit.

Le 10 juin 1648, il assista à la bénédiction de l'abbé de Blangy, diocèse de Boulogue-sur-Mer. Cet abbé de Blangy, Joseph de Calonne, était l'oncle de dom François de Calonne , religieux d'Anchin , lequel fut successeur de Jean de Vaucel.

L'abbé Jean de Vaucel mourut le 21 novembre de l'année 1647, à l'âge de cinquante-huit ans et dans la seizième année de sa prélature.

Dom François de Calonne (ou Calogne , selon le père Ignace) , religieux de la maison , a été le quarante-unième et dernier abbé d'Anchin , élu régulièrement. Appelé à la prélature, l'année même de la mort de son prédécesseur ( 1647), il fut confirmé comme abbé régulier par bulles du pape de 1664.

Le prieuré de St-Sulpice , qui avait été transféré de Doulens à Douai en 1 57 1 , ainsi que nous l'avons dit, et que l'abbé Warnier ensuite avait voulu convertir en maison de refuge , fut définitivement éteint au temps de la prélature de l'abbé de Calonne. Lors de l'entrée des Français à Douai en 1667, un arsenal de construction avait été établi dans les bâtiments de ce prieuré , et bientôt après , en exécution des ordres du roi Louis xiv , le comte de Gadane, lieutenant-général et commandant des troupes de Sa Majesté , ordonna aux six hommes de faire approprier ce local au logement de la garnison; en conséquence la ville traita avec l'abbé d'Anchin pour l'acquisition du terrain, et des casernes y furent établies*.

Selon le père Ignace , ce fut l'abbé de Caloune qui consentit ou qui fut forcé à séculariser les cures de Vred et de Pecquencourt , qui jusqu'alors avaient été desservies par deux religieux de l'abbaye.

François de Calonne , en 1 670 , prêta serment entre les mains de Lambert- François Wery , prévôt de la cathédrale d'Arras , et des autres délégués du cha-

» PlotiTaln , Souvenirs.

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