‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 61 sur 306 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

In nomioe Domini , Ego Balduinus Dei patientia Hainoensis corne» , in pre»eotium et Tuturoram nolitiam pervenire volumus, quod Jobannes de Malcicurt , in roea veniens presentia cognovit et testât us est se decimam suam de Obercicurt, uxore sua et liber is concedentibus, Aquicincteosi ecclesie in elemosinam tribuisse. Ut autem ecclesia ipsa donum ejus lirmius et quietius possideret, me super hoc obsidem fieri poslula?it , quatinus si, juita promissum suum , elemosioam ipsam vel nollet vel non sufficeret guarendire , meum esset banc ecclesie jugiter couservare.

Cognovit etiara unum modium frumenti se vel eum qui sibi est in dominio de Malcicurt tuccessurus annuatim , infra festum sancli Remigii debere pcrsolvere fratribus ecclesie supradicte, super quo persolvendo me similiter obsidem fieri petiit et impetratil. Ea propttr ad firmam et perpetuam super prefatis elemosiois pacis custodiam fratribus Aquicincti monasterii sigilli mei contuli munimentum, subscrib' facieos baron u m meorum nomina qui rei veritatem sint idonei contestari.

Signum mei Balduini comitis. S. Almanoi de Prou». S. Raineri de Tbians. S. Goberti de Bruillo. S. Roberti de Gamapta. S. Amandi dapiferi. S. Jobannis Cretton. S. Henrici de Mansni. S. Stepbani advocati Marunensis. S. Raineri filii ejus.

Actum anoo Domiaice Incarnationis mcixxv ( j 1 75 ).

( Archives générales du département du Nord ).

Les chroniques du temps rapportent que l'abbé Alexandre recueillit avec le plus grand soin de diverses églises, des reliques de Saints, et qu'il les fit renfermer richement dans des chasses d'or et d'argent curieusement ciselées. C'est au temps de l'abbé Alexandre que fut fabriquée la fameuse croix d'Anchin avec son crucifix , véritable chef-d'œuvre d'orfèvrerie qui eut beaucoup de célébrité dans le pays. Cette croix , d'une grande proportion , était d'argent ciselé et doré ; elle avait été composée par un saint prêtre du nom de Druon, aux frais du connétable Michel; elle renfermait dans sa partie supérieure les reliques de l'apôtre saint Jacques; dans la branche de droite étaient des reliques de saint André, et à gauche, celles de Démétrius, qui fut patriarche d'Alexandrie en l'an 188 ou 191, et de Babylas, troisième patriarche d'Antioche, vers l'an 140. Ces gages sacrés de la piété des anciens jours, furent retrouvés depuis et reconnus en 1577, sous l'abbatial de Warnier de Daure, trente-septième abbé d'Anchin, lequel fit redorer la croix ainsi que le crucifix. Alors aussi dans le corps même de ce crucifix, on retrouva des reliques des onze mille vierges. Celte crohr précieuse , qui était d'un travail merveilleux, était l'objet de la vénération des fidèles, et elle a servi jusque dans les derniers temps de l'abbaye à la consolation et au soulagement des malades travaillés par l'agonie de la mort. Le crucifix , au lieu d'avoir les deux pieds réunis par un seul clou , les avait percés de deux clous , conformément à ce qu'enseignent les anciens théologiens. Cette opinion était adoptée par l'Eglise d'Anchin, ainsi que le témoignent ses quatre clochers symboliques, en mémoire des quatre clous de la crucifixion.

Les vertus, la profonde piété et la sage administration de l'abbé Alexandre, donnèrent un grand lustre à l'abbaye de St-Sauveur d'Anchin , et lui attirèrent les bénédictions du ciel et les faveurs du Saint-Siège. Dans la dernière année de sa vie, ce vénérable prélat reçut du souverain pontife des lettres qui attribuaient et confirmaient aux abbés du monastère d'Anchin, une jurisdiction épiscopale. Vers l'année 1175, le pape Alexandre m écrivait : « Nous faisons aussi , libres et exempts » de toute exaction et redevances vos chapelains de Pecquencourt, et des respectables » églises d'Aymeries , de Doulens et d'Hesdin , afin qu'en toutes choses , ils n'aient

» à répondre et à obéir qu'à vous et à vos successeurs , ainsi que cela a été observé » jusqu'à présent 10 . »

Peu de temps après, dans la même année 1175, l'abbé Alexandre mourut dans un âge avancé. On lui érigea du côté de l'autel de la Vierge Marie, contre la muraille de gaucbe , un tombeau à l'instar de ceux d'Haymeric , 3 * abbé , et du bienheureux Gossuin , 7 • abbé. Mais le tombeau de l'abbé Alexandre se distinguait de ceux des autres par un marbre plus brillant , parfaitement noir , rehaussé d'or pur, et soutenu par quatre colonnes.

»" Fragment de bulle, rapportée par F. de Bar. M*, cité, p. 178, v.

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