‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 62 sur 306 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

so a h *i » t. — U moine Smo» succède à Alexandre en qualité de rr amé , en 1 17&. — Bulle du pape Alexandre m qui confirme les donations et privilèges accordés à l'abbaye. — Charte d'Alard, évèque de Cambrai, relative au prieuré d'Aymeries. — Simon assiste au concile de Latran , en 1 170. — Il recueille les reliques de saint Bernard qu'il rapporte de Clairvaux A Anchin. — Démolition de l'ancieune église détenue trop petite. — Fondation d'un nouveau temple, en 1181. — Bauduin, comte de Hainaut, pose la première pierre. — Déplacement du tombeau de Hugues de Cambrai. — Charte de Philippe, comte de Flandre, qui garantit les donations faites par Robert de Montigni (MM). Contestations entre Gozuln, homme lige de l'abbaye, et l'église d'Anchln.— Charte de Bauduin, comte de Hainaut, 1186 — Autre charte du même, 1189. — Simon, arbitre entre Philippe-Auguste , roi de France, et le comte Bauduin , pour le partage de la Flandre. — Mort de Richard , moine d'Anchln. — Charte du comte Baûduln, il 95. — Simon est en faveur auprès du Saint-Slege, des princes et seigneurs : le pape Luelus in, le roi Philippe-Auguste, le seigneur de Noyelie, le seigneur d'Olsy. — Charte de Jean, châtelain de Cambrai, 1201. — Mort de l'abbé Simon, au mois de mai 1201.

Ce qui a donné dans les temps anciens un principe de vie si puissant et une force d'accroissement si grande aux corps religieux, et à l'abbaye d'Anchin en particulier, c'est l'esprit de suite et de tradition, c'est ce soin constant et non interrompu, de rattacher le passé au présent, et le présent à l'avenir par les choses et par les hommes.

Parmi les religieux d'Anchin , il y en avait un du nom de Simon , que l'abbé Alexandre avait distingué entre tous. On a pu voir par ce qui a précédé, et on verra dans la suite de ces récits que le prieur claustral , qui par la nature môme de son office , et de sa position considérable , se trouvait sur le degré le plus rapproché du siège abbatial, était le plus souvent aussi celui qu'on choisissait pour l'y faire asseoir. Néanmoins, à cette époque le prieur claustral d'Anchin était Ernulf; mais les pieuses vertus et les qualités excellentes qu'Alexandre s'était plû , avec une sollicitude de père , à développer chez Simon , désignèrent celui-ci , quoiqu'il ne fut que simple moine , aux suffrages des frères , qui le nommèrent d'une voix unanime. La dignité abbatiale lui fut donc déférée, et il fut installé en 1175, peu de jours après la mort d'Alexandre.

Simon , neuvième abbé , ne fut pas moins en faveur auprès du souverain pontife que ne l'avait été son prédécesseur et protecteur. Et l'on voit, par un diplôme confirmatoire du pape Alexandre ni, donné en 1176, qu'il augmenta encore de beaucoup les possessions de l'église d'Anchin.

Ce fut aussi à la sollicitation de l'abbé Simon que l'évéque de Cambrai , Alard, fit restituer aux frères de St-Sauveur les biens et privilèges qu'ils possédaient dans

le prieuré d'Aymeries, que Béatrix de Boussu, épouse de Gozuin de Mons, après la mort de son mari , leur avait repris. Nous avons retrouvé , au dépôt des Archives générales du département , l'original de la charte émanant de l'évêquc Alard , qui règle cette affaire et ratifie la restitution. Cet acte mentionne certaines dispositions et coutumes fort curieuses, et il mérite d'être rapporté comme un monument du droit et de la procédure de ces temps-là.

(1177). Au nom de la sainte et indivisible Trinité. Ainsi soit-il. Puisqu'il appartient spécialement au devoir d'un pasteur de veillera la paix ot au repus des églises , alin que les serviteurs de Dieu puissent posséder sans trouble et sans vexation de la part des hommes méchants , lis choses qui leur ont été données légitimement par les fidèles , moi , Ailard , par la miséricorde divine évêque de la sainte église de Cambrai , je veux qu'il soit connu de tous , tant présents qu'à venir, que Béatrix de Boussu , épouse de Gozuin de Mons, venant en notre présence , a reconnu qu'après la mort de son mari elle avait fatigué l'église d'Aymeries et les frères d'Anchin , par une injuste vexation , au sujet de certains biens qui avaient été conférés en aumône légitimement, librement, et sans réserve, à la susdite église, par noble dame Ermengarde de Mons. Et en effet , elle reconnut que ladite église devait avoir le tonlieu l'étal *, et le forage2 dans la solennité de la dédicace de celte même église , partout le village et même dans son chfiteau , s'il arrivait que quelque chose y fût vendu; voire en tout autre temps dans la cour, et dans l'enceinte, le pourpris, cl même en quelque lieu que ce fût où les choses de l'église seraient vendues. Elle reconnut que l'église devait avoir la moitié de toute l'eau et de toute la pêche du territoire d'Aymeries, et aussi la moitié du moulin dans lequel un meunier ne pouvait être placé que par la volonté et d'aucune autre façon que par l'assentiment des moines ; que les écluses de ce moulin devaient être réparées par les hommes de ladite Béatrice, que les moines devaient moudre dans ce moulin sans payer droit de mouture *, ce que ladite Béatrice ne pouvait en aucune façon faire.

Elle reconnut aussi que la brasserie des moines est libre de toute exaction, ainsi que le brasseur qui demeure dans cette brasserie; elle

' TMontim. Tonlieu, droit d'entrée et de sortie des 1 Stalagium. Eul , droit d'étalage que payaient les paient. Ibid.

1 Foragium. Forage, droit perçu sur les liquides. Ibid. » MoLura : mo'.Uura, mouture : Ptntatio pro molitu>d

(H 77). In nomine sancle et individue Trinilatis. Amen. Quia spécial i 1er ad pastorale spectal officium paci et quieti ecclesiarum providere , ut scilicet ea que servis Dei a fldelibus légitime allributa sunl cis sine perturbatione et malorum hominum infestatione liccat possidere, ea propter, ego Allardus, divina miseratione sancte Cameracensis ccclesie episcopus, notum Heri volo omnibus tam futuris quam presenlibus, quod Béatrix de Buxu uxor Gozuini de Mons, in presenlia nostra venions, recognovit se post obitum mariti sui ecclesiam de Ameries et fralrcs Aquicinclenses injusta vexattone fatigasse , super quibusdam que in elemosina prefate ecclesie a nobile muliere Ermengarde de Mons légitime, libère etabsolule collata fuerunt. Recognovit et enim quod predicta ecclesia theloneum \ stalagium * et foragium 1 in solemnilate dedicationis ipsius ecclesie per totain villam in castcllo etiam suo, si forte res alique ibi venundarentur habere debebat, per totura veroaliud tempus in curte et alrio, vel etiara in quoeumque loco res ecclesie venderentur. Mcdietatem quoque totius aque et totius piscationis territorii de Ameries, mcdietatem etiam molendini in quo molendarius nisi ad libitum monachorum et assensu corum nullo modo poni poterat; excluse ipsius ab hominibus prefate Beatricis relici debebant; monachi in ipso molendino sine rooltura 4 molere debebant quod nequaquam sepe fala Béatrix facere poterat.

quoque ipsorum recognovit esse libcram et cambarium in ea manentem ab omni exactioue liberum. Addidit etiam quod

«. Clou. Durange.

pour la place que leurs marchandises oecu-

fntmenti. Ibid.

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