CHAPITRE IX
siam injuste cooceperant recognoveruot et ad ecclesiam Aquicineosem i te ru m renientes ipsam elemosinam cor a m multis astantihus iterato solempniter cum ramo et cespite super aftare Saocli-Salvatoris reddiderunt, acceptis ab ecdesia \t Jibris.
Postea vero apud Valencenas tam ipse Arnaud us quam uxor et liberi eju« in presetitia mea venientes , quicquid superius diiimus ccclcsie Aquicinensi in elemosinam se dédisse cognoverunt fidei sue interpositione fideliter promittentes nullam in posterum se ecclesie super hoc molestiam illaturos. Quod ut ego quoque concederem dévote postulaverunt et ut quiete eara deinceps ecclesia possideret, super hoc me obsidera lieri impetrarcrunt. Quia igitur mini rationabile visum est quod quesierunt, donationem eorum mea lirmavi concessione et obsidem me inde constiluendo hanc prefali monasterii fralribus teneor guarandire. Ut ergo stabilis et inconcussa ecclesie prefate permaneat ipsa donatio ad plenarium rei lirmamentum sigilli mei auctoritate et idoneorum testium subscriptione eam piefato monaslerio conlirmavi.
Signum mei Balduini comilis Hainoensium. S. Theodoricii de Vuasliers. S. Gcrardi de Provi. S. Gerulli fratris ejus. S. Gerardi de Malcicurt. S. Egidii fratris ejus. S. Stephani de Doneng *7. S. Gerardi fratris ejus. S. Gualleri de Blandain. S. Raineri de Dolci ".
Actum est hoc anno incarnati Verbi ucxcv.
Original en parchemin , dont le sceau a disparu mais où restent les attaches de cuir.
( Archives générales du département du Nord).
On voit parties lettres de Bauduïn, comte de Flandre, datées de Tannée 1194,^ que l'abbé d'Anchin , Simon , avec d'autres prélats et personnages considérables , a pris part comme témoin à l'affaire où fut réglé entre les églises du Cambrésis et le comte Bauduin, le droit de gaule ou gavène , droit ou coutume dont le pape Eugène m avait prescrit la réforme par une bulle de 11 47. Il est dit dans cette bulle : Xovam illam consuetudincm quœ vulgo gavena dicitur, quam injurtâ usurpatiotie solet cornes Fîaudrcnsis exigere. Nous voyons dans le Glossaire de Ducange, l'explication donnée dans un manuscrit de 1575, par un chanoine de St- Pierre de Lille, de ce qu'était, dans le Cambrésis, ce droit de gaule ou gavène : « Droit de certaine quantité de grains que le gardien liève » sur les charrues et manouvriers de Cambrésis : si comme de chacune charrue, » deux muids de froment et demi-muid d'avoine, et de chacun manouvrier qui » n'a point de terre à labeur, un mancault de froment et un mancault d'avoine , » le tout mesure de Cambrai. »
L'abbé Simon, de l'autorité et par jugement de Bauduin, comte de Hainaut, obtint pour l'abbaye d'Anchin , que l'avoué de Marchiennes ne pourrait rien usurper de la jurisdiction sur le village de Vred. Ce jugement du comte Bauduin , était consigné dans un acte daté , comme la charte que nous avons citée précédemment de l'année 1195. Le môme Bauduin, dit F. de Bar Raccorda à l'église d'Anchin le droit de créer le prêteur el le magistrat de Pecquencourt à l'arbitre de l'abbé : Idem et lialduinus conceuil ut ecclesia Aquicinctcmis crearet pretorem " et magistratum J iscicurti ad abbalis arbitrium.
Nous avons déjà dit que Simon, à cause de ses hautes vertus et de sa bonne renommée , avait une grande influence auprès du saint-siége, ainsi qu'auprès des souverains et princes séculiers ; et il employa , à l'avantage de l'abbaye d'Anchin , la sagacité dont il était doué et la science profonde qu'il avait du droit et de la jurisprudence. Il termina ainsi un grand nombre de procès. A sa demande , le pape Lucius tu confirma tous les revenus que le prieur et les frères de St-Georgc -
" Denain. » Douchy. '» Pretor, bailli, gouverneur. V Dueange, Glouairt.
d'Hesdin avaient acquis dans la vallée de Soissons. Et Philippe n, roi de France ( PliUipjte-Augiute), leur en assura la jouissance paisible. L'abbé Simon termina aussi des contestations qui duraient depuis assez longtemps entre Anchin et l'église de Reims. 11 mit fin à un différend avec le monastère de Liessies, à propos de l'autel de la Bourse; et il soutint un procès contre l'abbesse de Flines. Le comte Bauduin ne cessa de protéger l'abbaye d 'Anchin , à laquelle il assura formellement et définitivement les droits qu'on lui contestait sur Pecquencourt et Auberchicourt, et ratifia toutes les dîmes que l'église possédait dans le village de Fenain.
En l'an 1 200 , le seigneur Gauthier de Noyelle reconnut , par un acte authentique , que la justice de Bellavene dépendait de l'église d'Anchin. ^ A la demande de l'abbé Simon, le souverain pontife Grégoire vm , pour la tranquillité des religieux , défendit qu'il ne s'établit aucune congrégation , surtout de. femmes, dans la circonscription du prieuré de St-George ; et par le même diplôme, il interdit aux nobles la faculté de Dure nourrir leurs animaux dans les domaines d'Ancbin.
Par une charte de l'an 1201, Jean, châtelain de Cambrai, seigneur d'Oisy et de Montmirel, avec l'assentiment de son épouse Helwide, en dédommagement des torts qu'il avait causés aux moines d'Anchin lors des guerres qu'il avait eu à soutenir, leur abandonne annuellement dix muids de froment dans sa grange 10 d'Oisy pendant huit ans, payables à la St-Remi. De plus, il leur concède certaine partie d'un bois proche de leur maison de Bilehem au territoire de Cantaing et contenant quatre mesures et demie de terre, avec la liberté de le défricher et d'en jouir par droit héréditaire. L'acte exprime que cette concession est faite du consentement de Jean de Péronne et de son épouse Marie» à l'héritage desquels ce même bois appartenait. L'original de cet acte provient de l'abbaye d'Anchin; il s'est retrouvé au dépôt des Archives générales, à Lille; il est scellé du sceau r questre de Jean , châtelain de Cambrai , en voici la copie :
(1201). Ego Jobannes, Dei permissione castellanus Cameracensis , dominas de Oysiaco et de Mirellimonte, notum facio presentibus et futuris, quod intuitu amoris Dei concessi monachis Aquicincti pro récompensât ione damnorum que eis intuli te m pore guerrarum quas sustinui ut ipsi recipiant decem modios frumenti in grangia mea de Oysi siogulis annis usque ad octo annos in festo sancti Remigii persoivendos. Factum est hoc assensu et voluntate Heluidis uxoris mee aono miUesimo ducentesimo primo. Concessi etiam eisdem raonachis quandam porlionem nemoris proximum eorumdem domui de Bilebam que de territorio erat de Canteog quatuor modias terre et dimidium continentem , ut ipsum ecelesia Aquicinensis libère possit extirpare et jure bereditario possidere. Factum est autem hoc assensu et concessione Jobannis de Perona et uxoris sue Marie ad cujus bereditatem ipsum nemus pertinebai. Quod ne ab aliquo deinceps possit infirmari présentent paginam sigilfi mei impressione volui coniirmari et testium qui interfuerint subscriplione roborari.
Signura Stepbani de Lambres. S. Ingelrani villici de Allodio. S. AUardi de Salci. S. Ramaldi de Bergeries. S. Radulti de Wandele.
Cette charte fut donnée peu de temps avant la mort de l'abbé Simon, qui passa de vie à trépas dans la même année 1201 , le 4 des kalendes de mai. Comme il avait toujours été d'une dévotion singulière à la Vierge , il institua aussi en l'an 1201 , avec l'assentiment de tous les frères, des offices particuliers pour
» Grangia : predium , viUa rurtlca. Glou. Ducaoge.