‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 66 sur 306 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et terrain de Lyvatu et quartam parlent terragii terrarum istarum que para sibi here ditarie corn pe te bat. Huic ergo elemosine me testent esse perhibeo et me et heredes meos obsides et fidejussores constituo quod contra omnem calurooiam hanc ecclesie de Emeries tuebimur elemosioam.

Acta sunt bec in presentia nostra anno ab incarnatione Doroioi mclxxxix , coram tcslibus subscriptis. Signum Almanni de Provi. S. Karoli de Fraiino. S. Fulchonia de Veodelgie?. S. Gossuini de Tulin. S. Gregorii clerici. S. Haveree.

L'abbé Simon était en très-haute considération , et il avait une grande influence auprès des hommes puissants. En Tan 1191 , Philippe d'Alsace, comte de Flandre, qui était au siège d'Acre, y mourut de la peste. Une contestation s'étant élevée entre Philippe n roi de France Philippe - Auguste , et Bauduin , comte de Hainaut , à qui posséderait la FlaDdre; Simon , abbé d'Anchio , fut choisi comme arbitre avec Guillaume, archevêque de Reims, Pierre, évéque d'Arras, et Daniel, abbé de Cambron ; et dans le conseil qui se tint à Arras, il fut décidé que la Flandre serait divisée en deux parts, dont l'une reviendrait au roi Philippe, et l'autre à Bauduin , avec le titre de comte de Flandre '\

La sollicitude de ce bon abbé s'étendait à tout, et les affaires temporelles ne le détournaient pas du spirituel. Un saint personnage, du nom de Richard, qui était entré d'abord à l'abbaye comme frère convers et qui avait ensuite été admis à la profession, mourut à Anchin , en l'an 1193. 11 avait été d'une piété exemplaire, vivant dans la prière et se livrant aux macérations et aux abstinences les plus rudes : ses habits étaient des plus grossiers ; il n'avait pas de lit et il couchait sur la dure. Tout rigoureux cependant qu'il fût pour lui-même, il était d'une charité ardente pour les autres, répandant de libérales aumônes sur les moines claustraux et sur les pauvres. L'abbé Simon, qui l'avait honoré pendant sa vie comme un homme de Dieu , voulut qu'il lui fût fait des funérailles distinguées , et qu'on lui donnât la sépulture dans la grande basilique.

Une charte de 1195, émanant de Bauduin, comte de Hainaut marquis de Namur , en faveur de l'abbaye d'Anchin , relate des clauses intéressantes et des détails curieux de moyens de procédure et de formalités employées dans ces tempslà pour garantir certaines transactions ou des donations faites à l'église.

Un certain Amand d'Avesne avait concédé, à titre d'oeuvre pieuse, à l'église d'Anchin, tout ce qu'il possédait dans le village et le territoire de Loffres, et pour consacrer cette donation , il avait déposé sur l'autel le rameau et le gazon , voulant ainsi assurer à l'église, et à toujours, la possession libre et paisible de ces biens. De plus , cette donation avait été consentie par ses frères Etienne , Jean et Renaud , et ledit Amand ayant reçu sept-vingts livres que l'église d'Anchin lui donna en reconnaissance ". Souscrivirent les témoins présents : Rainier de Thians, Giraud de Prouvi , Jean Cretons, Benjamin de Vinci , Adam de Quinci et Robert de Montigni.

Comme Amand tenait ces biens en fief de Gontier de Bruille , pour n'avoir pas l'air d'avoir agi contre le droit de son seigneur, il lui rendit ce fief, et

» Annale* Au Hainaut , de Jean Vlnchant, p. 256, et m$t. f Arioit.te dompt Devienne, t. 2. p. 127.

19 Le texte de la charte porte : Accptis ab eecletia prédira seplies viginli libru quat eadem eeeletia m recompensation* hujus benefUii jam dicto A manda caritativc donavit.— Carilatite est un adverbe de basse latinité, qui serrait quelquefois à désigner ce qui était donné par les donataire* à titre de reconnaissance récognition» ; et on appelait ainsi la donation pour qu'elle n'eut pas l'air d'être gratuite , mais une «nie ou an échange. V' Ducange, Gloss. au mot caritat.

Iti

Gontier à son tour le remit au comte Baudoin comme à son seigneur , en présence de Alleman de Prouvi , de Rainier de Marchiennes , de Jean Cretons , de Giraud de Prouvi , d'Eustachc de Rœux , de Charles Du Frêne , de Rainier de Thians et de Gozuin de Tulin. Et le comte Bauduin , étant à Haspres , le concéda à titre d'aumône perpétuelle à l'église d'Anchin et sous le témoignage d'Eustache de Rœux , de Charles Du Frêne , de Robert li Bailes et d'autres hommes du comte nommés plus haut.

La convention était conclue déjà depuis quelque temps, et l'affaire dormait , lorsque l'épouse d'Amand avec son mari , venant trouver l'abbé d'Anchin , commencèrent à inquiéter l'église par leurs plaintes; disant, la femme que c'était sa dot, et le mari son héritage. Mais enfin des hommes sages les amenèrent par leurs conseils à reconnaître l'injustice de leurs chicanes et de l'outrage qu'ils faisaient à l'église. Et de nouveau ils déposèrent solennellement sur l'autel de St- Sauveur d'Anchin, la donation sous le symbole du rameau et de l'herbe, après avoir reçu quarante livres de l'église.

Ensuite , Amand avec sa femme et leurs enfants vinrent en la présence du comte , à Valenciennes , et reconnurent avoir donné à l'église , à titre d'oeuvre pieuse , ce qui avait été énoncé plus haut, promettant sur leur foi qu'ils ne causeraient à l'avenir aucun dommage à l'église, et ne l'inquiéteraient pas à ce sujet, et ils supplièrent instamment le comte Bauduin de consentir à se porter leur garant.

Le comte se rendit à leur demande et confirma cette donation , et se constituant caution , il s'engagea à en assurer aux frères d'Anchin la possession paisible. De tout quoi un acte ayant été dressé , on y mit le scel du comte ainsi que le seing de témoins idoines , ainsi qu'on va le voir par le texte latin de ce même acte que nous transcrivons ici.

(1195). In noraine Domini ego Bal du in us Dei , gratia cornes Hainocnsium et marchio Namurcensis, omnibus ecclesie filiis in pcrpetuum.

Quum dignum est ul paci ccclesiarum que in co mi ta tu meo sunt, studeam providere ne dolositate iniquorum perturbentur aut aliquam in posterum jacturam sustineant , Idcirco per présentis carte paginam notum facimus omnibus tam fuluris quam presenlibus quod Amandus de Avesnis dédit ecclesie Aquicinensi in elemosinam ex iotegro quicquid habebat in villa et in territorio de Lofrcs et ad majorent coutirmationem banc elemosinam super altare Sancti- Salvaloris cum ramo et cespite ponens eidem ecclesie concessit libère et quiete in perpeluum possidendam, hoc ipsum concedentibus fratribus suis Stephano, Johanne, Rainaldo, acceptis ab ecclesia predicta septies viginti libris quas eadera ccclesia in recompensatione hujus benelicii jam dicto Amando caritatirc donavit. Testibus ascitis qui sunt subnotati , Rainerus de Tians, Gcrulfus de Provi , Joannes Cretons, Beiamicus de Vinci, Adam de Quinci, Bobertus de Montigni. Verum quia hoc ipsum de Gonterode Bruel in feodum lenebat ne minus egisse videtur domino suo Gontero de Bruel boc ipsum reddidit. Gooterus vero mihi coram Almanno de Provi et Rainero de Marcenis et Johanne Cretons et Gerulpho de Provi et Euslachio de Ruhet et Karolo de Frasne et Rainero de Tians et Gozuino de Tulin sicut domino suo hoc ipsum reddidit.

Ego autem in elemosinam perpetuam Aquicinensis ecclesie concessi apud Rasprura sub testimonio eorum qui sunt subscripti : Eustachius de Rhuel, Karolus de Frasne, Almannus de Provi, Raincrus de Tians, Robertus li Bailes et Gozuinus de Tulin.

Postmodum vero tempore evolulo et hujus modi paclione aliquantulum consopita, uxor predicli Amandi ad abbatem Aquicioensem veniens et in ipsam elemosinam suam esse dotem et sibi ejus suam esse dicentes hereditatem eccleaiam prenominatam super hoc ceperunt inquietare , sed tandem mediante virorum sapientium concilie» iojuriam quam adversus eccle-

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