CHAPITRE XVI
sommai» ■. — Anselme , xvi» AMêt, élu en 1271.— Discordes dans le couvent. — Embarras financiers. — Le pape Grégoire ix intervient par nne bulle. — Echanges avec l'abbaye de Flines. — Adam de Ghisny, xvn» abbé , succède à Anselme. — Le monastère refleurit. — Bulles des papes Nicolas iu et Honorius iv, qui régularisent les •loiwtions faites par les moines.— Les revenus de l'abbaye s'accroissent. — Mort d'Adam de Ghisny; sa sépulture et son épltaphc.— L'ordre et la prospérité de la maison d'Anchin sont de nouveau compromis sous la prétature d'EvRAR», xvm* abbé d'Anchin. — Guerre entre les bourgeois de Valencicnncs et le seigneur Jean d'Avesnes, comte de Hainaut. — Troubles dan» le couvent, — révolte des moines. — L'abbé demande secours au comte Jean d'Avesnes contre les moines révoltés. — Lettre de l'abbé Evrard à ce sujet. — Mort de l'abbé. — Jean Baillet, xix * abbé, lnl succède. — Règlement pour la distribution des vêtements et pitances. — Les nobles mettaient leurs enfants en bas-ace à la charge du monastère, — réforme de cet abus. — Titres et actes, qui montrent en quelle faveur l'abbé Jean Baillet est auprès de Phllippe-le-Bcl, roi de France. — Les princes et seigneurs protègent l'abbaye. — Fondation de la chapelle de Pecquencourt dite des Ardatu, — à quelle occasion celte fondation. - Légende de la sainte chandelle d'Arras. - Mort de l'abbé Jean Baillet, en 1310.
Ajssellb ou Anselme, xvi* abbé, fut élu en 1271, dans Vannée même qu'était mort son prédécesseur Guillaume. 11 n'occupa le siège d'Anchin que durant six ans , ainsi que le témoigne l'inscription qu'on lisait sur le marbre de son tombeau :
Mine patris AnseUus Benedicti mit ovile \bbas sedenus, senis duutaxat aristia Chrtsto dévolus et rcllgionis amator >.
Les chroniques d'Anchin rapportent que ce prélat était constamment et exclusivement livré aux études religieuses et aux pratiques d'une austère piété , et que pendant son gouvernement, il s'éleva dans le couvent de graves discordes et de violentes dissensions. On ne dit pas de quelle nature furent ces troubles , ni quelles en étaient les causes j cependant, selon F. de Bar, il est à présumer que, d'une part, cet abbé étant d'une piété rigoureuse, et voulant remettre en vigueur les prescriptions de la discipline , les moines désaccoutumés de la rigidité de l'observance , dont un induit pontifical 1 , pendant le gouvernement de Guillaume , le précédent abbé , avait permis qu'on se relâchât en quelques points , se révoltèrent. D'une autre part , cet abbé , absorbé par les pratiques de la piété , et appliqué tout entier à l'exercice de ses dévotions , ne quittait pas l'autel , et s'en remettant avec trop de confiance à des officiers négligents, il ne veillait pas à l'administration de la maison. De là , des discordes qui furent encore augmentées par les réclamations et les exigences d'une foule de créanciers. Au demeurant , on a retrouvé , dans les archives , certains écrits qui témoignent des embarras financiers que l'abbé
1 F. de Bar, Ms. cité, p. 203, r\ « Bulle du pape Alexandre iv, de \VA citée précédemment.